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Économie régionale – L’impact de la transition écologique

L’impact de la crise écologique est souvent appréhendé au niveau global, celui de notre planète. Ce qui frappe cependant d’emblée est la grande diversité des expressions de cette crise d’un espace à un autre. L’Occitanie y est ainsi confrontée et semble vouloir y répondre en promouvant une économie circulaire.

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Gabriel COLLETIS, professeur de sciences-économiques émérite à l'Université Toulouse Capitole © Louis Piquemil - La Vie Economique

D’un continent à l’autre, d’un pays à un autre et au sein même des différents pays, d’un territoire à l’autre, la crise écologique se manifeste de manière très différente, opposée parfois. À titre d’exemple bien connu, le dérèglement climatique peut tout aussi bien provoquer des chaleurs que des froids extrêmes, des pluies diluviennes que des sécheresses intenses selon les espaces concernés. S’agissant des données fines de la crise écologique saisies au niveau des différents territoires, il est possible de s’appuyer en France sur le travail annuel produit par l’Insee au niveau des différentes régions. Nous utiliserons dans ce texte celui intitulé « Le développement durable en Occitanie »[1].

Avant d’évoquer certaines dimensions de la crise écologique telles qu’elles se manifestent en Occitanie, notamment dans le domaine de l’économie régionale (2.), nous souhaitons tout d’abord clarifier certains concepts, en premier lieu celui de « crise écologique » mais aussi ceux d’anthropocène et de capitalocène, de développement durable et de développement soutenable (1.).

Une clarification nécessaire de certains concepts

Le concept ou la notion de crise écologique est déjà ancien même s’il est difficile d’en trouver la paternité en la rattachant à tel ou tel auteur[2]. On a coutume d’associer crise écologique et économie en faisant référence au fameux rapport Meadows publié en 1972[3] qui dénonce les effets de la croissance sur les ressources naturelles dont elle serait la cause de l’épuisement rapide alors que leur constitution s’est réalisée sur des temps cosmiques[4]. Adoptant une approche différente de celle du rapport Meadows, Georgescu-Roegen (1971)[5] aboutit cependant au même résultat : la poursuite d’une croissance infinie est impossible en raison non seulement du caractère fini des ressources non renouvelables mais également parce que la qualité de l’énergie se dégrade jusqu’à devenir peu ou non exploitable[6]

Anthropocène et capitalocène

L’« anthropocène » impute aux activités humaines la responsabilité essentielle de la dégradation des équilibres naturels. En d’autres termes, les activités humaines, l’humain lui-même ne sont pas socialement situés. C…

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