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Eurécia : l’entreprise version feel-good

Pour faire face à l’augmentation de ses effectifs, l’éditeur de logiciels Eurécia vient d’installer la moitié de ses équipes – soit une centaine de personnes – dans un nouveau site implanté à Labège. Après des débuts difficiles, l’entreprise qui a fait du bonheur au travail sa priorité est aujourd’hui en pleine croissance.

Pascal Grémiaux, fondateur et dirigeant d'Eurécia © Adrien Nowak - La Vie Economique

Après des mois de travaux et d’aménagement, l’éditeur de logiciel haut-garonnais Eurécia a installé une centaine de ses salariés dans ses nouveaux locaux, implantés dans la zone commerciale de Labège. La Fabrik’Eurécia – c’est le nom donné au nouveau site – abrite des espaces café conviviaux, des open-spaces à l’ambiance chaleureuse, ou encore une douzaine de salles de réunion aux noms exotiques comme « Amazonie ». « C’est une façon de faire voyager nos collaborateurs », plaisante Pascal Grémiaux, fondateur et dirigeant de l’entreprise. Ce nouveau site, pensé pour être un lieu de travail agréable pour les salariés, vient s’ajouter au Campus Eurécia installé depuis 2021 dans une ancienne bâtisse en briques à Castanet-Tolosan. Avec l’augmentation de ses effectifs, Eurécia avait en effet besoin de plus d’espace. Il faut dire que la PME, qui avait franchi il y a 3 ans le cap des 100 salariés, emploie aujourd’hui plus de 200 personnes.

Un dirigeant touche à tout

Si l’évolution semble spectaculaire, Pascal Grémiaux se souvient toutefois des débuts chaotiques de son aventure entrepreneuriale. Ce bon élève passé par math sup/math spé, l’École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications (Enseeiht) de Toulouse ou encore Polytechnique Montréal, a démarré sa carrière dans le domaine du spatial. Touche à tout et sujet à l’ennui au travail, il passe d’une entreprise et d’un poste à l’autre, en recherche constante d’une vraie stimulation professionnelle. En 2000, il découvre le monde des éditeurs de logiciels avant d’être victime d’un licenciement économique en 2003. Il est recruté en 2004 comme directeur de projets chez Airbus, mais décide en parallèle, après avoir suivi un MBA à l’ESCP Paris, de lancer sa propre activité. « Je voulais créer une plateforme multiservice pour les PME », se souvient-il. En 2006, Eurécia est officiellement lancée. « Je travaillais encore chez Airbus : avant de partir au bureau et le soir en rentrant, je gérais trois stagiaires que j’avais installés dans mon salon ! »

Eurécia et ses 200 collaborateurs ont réalisé un chiffre d’affaires de plus de 20 millions d’euros en 2023

De la galère au succès

Les premières années d’Eurécia sont difficiles. « On proposait 4 modules sur notre plateforme – congés, notes de frais, suivi du temps de travail et planning – via un abonnement en mode Saas qui nous rapportait du revenu récurrent, mais peu de cash », se souvient l’entrepreneur. « La première année on a fait 8 000 euros de chiffre d’affaires, 64 000 euros l’année 2 et 128 000 euros l’année 3 ». Pascal Grémiaux quitte son poste chez Airbus pour se consacrer pleinement à son projet Eurécia, mais les revenus sont encore modestes. « En 2008, j’ai touché le RSA pendant 3 mois », se souvient-il. « C’est là que j’ai compris tout le sens d’une phrase qui me tient à cœur : « Dans la vie, il est nécessaire d’entreprendre pour espérer, et de persévérer pour ne plus subir » ».

En 2009, le dirigeant sort la tête de l’eau. « Grâce à nos 150 clients, on a réalisé un chiffre d’affaires de 250 000 euros. » Lui qui avait aménagé le garage de sa maison en bureau pour ses stagiaires, installe ses premiers salariés dans de vrais bureaux situés à Castanet. « On occupait d’abord 40 m2, puis 60, puis 100… ». En 2015, Eurécia devient propriétaire de ses premiers locaux. L’entrepreneur est déjà sensible à l’importance du cadre de travail. « Je voulais des locaux avec une âme. Pas des bureaux à la « j’en ai marre de vivre » comme j’en avais tant vu dans ma vie professionnelle. »

Eurécia et ses 200 collaborateurs ont réalisé un chiffre d’affaires de plus de 20 millions d’euros en 2023

Bien-être au travail

Dix ans après le lancement de l’entreprise, Eurécia franchit le cap du million d’euros de chiffre d’affaires, avec un effectif de 20 personnes. « J’ai songé à lever des fonds pour pouvoir continuer à croître, mais j’ai finalement obtenu un prêt de 290 000 euros de Bpifrance qui m’a permis de rester indépendant et d’accélérer la croissance d’Eurécia. » L’éditeur de logiciels développe alors de nouveaux modules pour satisfaire ses clients et en séduire de nouveaux. « L’idée pour moi était d’aller plus loin que de la seule gestion RH et de créer des outils pour favoriser le bien-être des équipes dans leur travail, afin qu’elles soient plus performantes. » Eurécia lance alors les modules spécifiques sur l’engagement et le bien-être au travail. « À chaque fois, on faisait évoluer l’offre en fonction de nos besoins en interne. On a testé et on utilise toujours tous nos modules. »

« Nous préparons un nouveau module sur le bien-vivre ensemble »

Impact RSE

En 2020, Pascal Grémiaux fête ses 50 ans. Pour son anniversaire, Eurécia franchit de cap des 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et les 100 salariés. « À ce moment, j’ai constaté qu’il manquait encore une dimension à nos solutions. On proposait d’accompagner la performance et le bien-être dans les entreprises, mais j’ai aussi eu envie qu’on propose une brique supplémentaire pour favoriser l’impact des entreprises. » Eurécia développe alors de nouveaux modules pour accompagner la transition des entreprises vers plus de durabilité, dans une période où ces dernières sont demandeuses d’outils clé en main pour déployer leurs politiques RSE.

Un pari gagnant pour Eurécia qui compte aujourd’hui plus de 3 700 clients et plus de 300 000 salariés utilisateurs répartis dans 66 pays. « Notre logiciel est traduit en six langues. » Eurécia et ses 200 collaborateurs ont réalisé un chiffre d’affaires de plus de 20 millions d’euros en 2023, en hausse de 30 % sur un an. « Et nous visons la même croissance pour 2024 », déclare Pascal Grémiaux. Le dirigeant, qui se félicite, plus de 15 ans après la création d’Eurécia, de ne toujours pas s’ennuyer, ne compte pas s’arrêter là. Avec les deux sites, l’entreprise a désormais la place de recruter 150 personnes supplémentaires. 80 embauches devraient être réalisées uniquement en 2024.

Le colibri

De quoi permettre au dirigeant de rêver toujours plus grand. « C’est un peu l’idée du colibri. Avec nos solutions, on espère contribuer à notre niveau à changer le système et à accompagner la transformation des entreprises. » Pour ce faire, Eurécia prévoit d’enrichir encore son offre. « Nous préparons actuellement un nouveau module appelé « Engagement » sur le bien-vivre ensemble en entreprise. Si chacun se sent bien dans son travail, le personnel et l’entreprise grandissent et se développent en équilibre. »