Couverture du journal du 17/07/2024 Le nouveau magazine

Formation aux secours : un simulateur de catastrophes

Cofinancé par la Région (avec des fonds européens) et le CHU de Toulouse, le centre de Simulation Environnementale et NeuroSensorielle vient d’ouvrir ses portes à Toulouse. Il vise à former les professionnels des secours à intervenir dans des conditions extrêmes de catastrophes naturelles ou causées par l’homme.

©Lilian Cazabet - La Vie Economique

C’est un centre unique en son genre qui a été inauguré le 25 avril par les équipes du CHU de Toulouse et les institutionnels de la Région Occitanie. Le centre SENS – centre de Simulation Environnementale et NeuroSensorielle – est un bâtiment high-tech de 364 m2, situé sur le site de Purpan, destiné à entraîner et former les équipes de secours impliquées dans la gestion de situations exceptionnelles. « Il peut s’agir de professionnels tels le SAMU ou les pompiers, mais également l’armée, la police, les organisations humanitaires ou même des astronautes », explique Jean-François Lefebvre, directeur général du CHU de Toulouse.

En immersion totale

Le centre comprend une zone de simulation immersive – une pièce de 147 m2 dans laquelle tout type de mise en situation peut être simulé, en sollicitant tous les sens – et d’une salle de supervision de 52 m2 depuis laquelle il est possible de contrôler la variation de température (de -5 °C à + 30 °C), les conditions météo (neige, pluie, vent jusqu’à 50 km/h…), les vibrations type tremblement de terre ou explosion, les odeurs (sang, chair brûlée, produits toxiques…), l’environnement visuel avec trois murs de projection ou encore la sonorisation.

Le premier scénario créé consiste en un accident dans une usine Seveso, avec des flammes, des projections d’eau ou encore des fumées… Une dizaine de blessés (des étudiants en médecine volontaires pour jouer la scène) doivent être secourus par les équipes du SAMU. « C’est le type d’accident que nous avons vécu avec l’explosion d’AZF », indique le Docteur Benoît Viault, médecin pour le SAMU 31, responsable du projet SENS.

Gérer le stress

« Les professionnels de la médecine savent effectuer les gestes de premier secours, comme poser un garrot, dans une situation de calme, mais dans un contexte de catastrophe, le stress complique la tâche. Le centre permet de s’entraîner dans les conditions réelles et de débriefer les exercices », poursuit le docteur. Le centre est également un bon outil de prévention du stress post-traumatique, car il permet aux professionnels d’anticiper des situations (catastrophes naturelles ou industrielles, attaques terroristes…) auxquelles ils pourraient être exposés.