Priorité à l’innovation : c’est le positionnement de Sela Light depuis son origine. Cette PME installée à Vic-en-Bigorre est l’héritière du Laboratoire Abadie, créé en 1920 par l’un des inventeurs du premier tube fluorescent. Au fil des décennies, les commandes poussent l’entreprise à spécialiser ses solutions d’éclairage sur le secteur aéronautique, d’abord dans le secteur militaire, puis sur l’aviation d’affaires et les classes business des avions commerciaux. En 1960, l’entité Sela voit le jour, et complète les activités historiques de recherche et de développement par la création d’un atelier de fabrication. « La maîtrise en interne de la qualité et du design est complémentaire du travail fait sur l’innovation et les nouveaux matériaux : c’est ce qui nous a toujours permis de proposer à nos clients des solutions différenciantes, et sur mesure », résume le directeur général, Pascal Andriot, associé aux commandes de l’entreprise au président Laurent Adabie, petit-fils du fondateur.
Une diversification réussie
Contrairement à la plupart de ses concurrents, Sela Light a en effet gardé un actionnariat familial. Laëtitia Abadie représente aujourd’hui la quatrième génération impliquée dans l’entreprise : à la direction commerciale et marketing, elle accompagne la stratégie de diversification accentuée ces trois dernières années. Des cockpits et des cabines d’avion, l’entreprise est ainsi passée aux yachts et aux bateaux de plaisance. « Nous nous développons désormais sur les marchés de l’hospitality, qui incluent les acteurs de l’hôtellerie et de la restauration, mais aussi les établissements de bien-être, confie Laëtitia Abadie. Nos clients sont de plus en plus en demande de produits de rupture technologique, avec une innovation qui ne concerne plus seulement les produits et leur intégration, mais aussi les scénarios d’utilisation. » En 2026, Sela Light annonce ainsi une nouvelle offre d’éclairage dynamique, pour créer des ambiances lumineuses différentes selon le contexte et les souhaits des usagers. « La seule façon d’entrer sur des segments haut de gamme comme le yachting, c’est de proposer à nos clients des solutions inédites sur le marché », analyse le directeur général, Pascal Andriot.
Un engagement sur la RSE
Cette recherche de l’excellence a poussé Sela Light à renforcer son bureau d’études, aujourd’hui fort d’une dizaine de salariés sur les 49 que compte l’entreprise. Elle a en parallèle investi des champs très attendus par ses donneurs d’ordre : la cybersécurité, dans le cadre du programme AirCyber conçu pour accompagner la supply chain aéronautique, et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), pour garantir les bonnes pratiques en matière sociale et environnementale notamment. Fin 2025, Sela Light est ainsi devenu la première entreprise des Hautes-Pyrénées à être distinguée par l’UIMM dans le cadre de sa charte d’engagement. « En tant qu’entreprise familiale, nous avions naturellement adopté certaines bonnes pratiques, notamment sur la qualité de vie au travail : l’approche RSE nous a permis de les formaliser, par exemple via la rédaction d’une charte éthique, illustre Audrey Pastor, responsable des ressources humaines de Sela. Nous avons pour projet d’accentuer nos efforts sur le suivi de nos consommations énergétiques et la gestion de nos déchets, et de maintenir notre politique de partenariat avec le tissu économique local. » La PME revendique aujourd’hui une vingtaine de fournisseurs dans les Hautes-Pyrénées et les départements voisins.
Une filiale aux États-Unis
Cet ancrage territorial s’accompagne d’un développement à l’international, qui pèse aujourd’hui près de 60 % du chiffre d’affaires (environ 5 millions d’euros). Sela a été précurseur sur ce terrain aussi avec la création dès 1987 d’une filiale aux États-Unis : BAC, pour Bigorre Aerospace Compagny. Cette entité assure l’entretien et la commercialisation de ses matériels outre-Atlantique, et Sela n’exclut pas d’y adjoindre, à terme, une activité de fabrication pour accompagner la croissance de ses marchés.
« L’innovation ne concerne plus seulement les produits, mais aussi les scénarios d’utilisation »