Couverture du journal du 23/09/2020 Consulter le journal

Comment maintenir le secteur de la maintenance ?

À l’initiative de Périgord Développement, les entreprises locales ont échangé sur les difficultés rencontrées dans le domaine de la maintenance, thème retenu pour les 4e rencontres d’affaires.

Périgord Développement a proposé ses 4e rencontres d’affaires, fin novembre, au pôle interconsulaire, afin d’échanger sur le thème de la maintenance. De nombreuses entreprises (Fromarsac, Ayor, Beauty Success, Delmon Group, Polyrey, KSB, Cofidur, EMS, Coloplast, Suturex & Renodex, VCN Industrie, GIE Qualité Entreprises, Chaux de Saint-Astier, Fedd, Cluster Reso Cuir), des institutionnels et des élus se sont retrouvés pour réfléchir à cet enjeu territorial majeur pour le Périgord car il concerne le maintien et le développement des entreprises. La maintenance regroupe l’ensemble des tâches destinées à conserver le matériel en état. Qu’il s’agisse de prévention ou de réparation, ces opérations requièrent des agents formés et compétents dans des domaines aussi variés que l’électronique, la mécanique ou la gestion des fluides, et surtout capables d’avoir une bonne vision d’ensemble des process de l’entreprise.

Jean-Baptiste van Elslande, président de Périgord Développement, a souhaité que cette rencontre soit un carrefour d’échanges des initiatives privées et publiques permettant d’apporter des solutions aux problématiques exposées par les industriels locaux.

Jean-Paul Baudoin, directeur de site de Polyrey (plus de 600 salariés, dont 40 en maintenance sur le site de Baneuil), témoigne de difficultés de recrutement de compétences, un constat largement partagé et qui devient l’une de ses principales contraintes des dirigeants. Les entreprises décident donc de former en interne pour pallier le manque. Mais ce problème de recrutement n’est pas propre aux besoins de la maintenance ou aux contraintes de la Dordogne : Caroline Picaud, responsable production chez Fromarsac et ex-responsable du pôle maintenance, précise qu’elle a toujours rencontré ces difficultés, même dans des agglomérations comme Lille ou Nîmes.

Question de formation

La maintenance offre pourtant des perspectives de carrières importantes, les responsables de sites industriels sont d’ailleurs souvent issus d’une formation maintenance. Depuis deux ans, la création d’un bac pro et d’un BTS en alternance au CFAI de Périgueux permet aux entreprises de fidéliser et d’intégrer très tôt des jeunes, ce qui offre de réelles perspectives locales : le témoignage de trois jeunes diplômés confirment d’ailleurs leur facilité d’intégration professionnelle avec ces formations puisqu’ils ont signé un CDI à la sortie.

La directrice de l’antenne de Périgueux du CFAI, Catherine Queyroi, assure que les jeunes en formation sont fiers de l’entreprise qui les emploie. Le centre envisage d’étendre les formations dispensées au niveau ingénieur afin de répondre à l’attente des ETI/PME locales. Jacques Auzou, président du Grand Périgueux, souligne l’effort fourni par les pouvoirs publics pour conforter l’écosystème destiné aux jeunes afin qu’ils s’épanouissent dans leurs cursus comme dans leur vie étudiante : c’est la vocation du campus des métiers de Boulazac * qui permet à des populations peu aisées de bénéficier de logements lors de leur formation. 

Les industriels s’efforcent d’attirer de jeunes talents dans ces filières. Le club maintenance industriel, qui regroupe une dizaine d’entreprises de Dordogne, présente ainsi les formations et les perspectives d’emploi aux collégiens et lycéens, même s’il est difficile d’accueillir des élèves de 3e dans les ateliers, en raison des contraintes horaires notamment.

Le recrutement de compétences extérieures spécifiques conditionne le développement des entreprises. Nicolas Djerbi, directeur de site de Cofidur Ems, à Boulazac, confirme que les difficultés de recrutement bloquent le potentiel. Le dispositif Resonne, Réseau Emploi Dordogne, apporte une solution originale : cette plateforme d’emploi interentreprises contribue à attirer des talents en Périgord en faisant connaître sur ce réseau des profils spécifiques de conjoints de salariés nouvellement recrutés. Denis Mahieux, DRH du Groupe Beauty Success, a ainsi revu et réétudié certains profils. Germinal Peiro a d’ailleurs assuré que le Département soutiendrait Périgord Développement dans sa volonté de faire évoluer Resonne des ETI vers les PMI.

* Pensé en 2012 et inauguré vendredi 6 décembre, ce campus de la formation professionnelle regroupe l’École Hôtelière du Périgord, l’École de Commerce (deux établissements de la CCI Dordogne) et le CFA de la Chambre de Métiers. Il accueille 1 600 apprenants dans les domaines de l’art culinaire, l’art de la table, l’art de bouche, le commerce et la distribution, le management, le secteur automobile, la menuiserie et l’ébénisterie, l’électricité, la coiffure.