En 1981, Bernard Léger, arboriculteur canconnais, réalise de la mécanique agricole pour lui et ses collègues agriculteurs. Humain et altruiste, il cherche dès l’origine à faciliter le travail des agriculteurs pour leur faire gagner du temps, de l’argent et surtout de la commodité. À l’époque, la culture de la prune est à la mode dans le Lot-et-Garonne. Cependant les aléas de la production agricole incitent à la diversification et la noisette prend racine en Villeneuvois. L’entreprise Léger SAS s’adapte et se diversifie pour fournir des machines polyvalentes en arboriculture. Cet ADN présent à la création de Léger SAS en 1981 se retrouve encore aujourd’hui.
Reprise réussie
L’histoire récente de l’entreprise est avant tout celle d’une reprise qui a fonctionné. En effet, en 2018, Didier Gamarde reprend Léger SAS après 15 années à l’export dans les services pétroliers au Moyen-Orient : « Je souhaitais orienter ma vie comme j’en avais envie », se rappelle-t-il. Le natif du Gers reprend alors une société avec 20 salariés et un chiffre d’affaires de 2,8 millions d’euros. Huit ans plus tard, Léger SAS compte 29 salariés et a réalisé 4,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Innovation et export
Le secret de cette PME installée au cœur du Lot-et-Garonne réside en un mot répété par le dirigeant de 61 ans : « Mon ADN, c’est l’innovation », lance Didier Gamarde. En effet, si les machines agricoles autonomes existent depuis longtemps grâce à la technologie du GPS, celle-ci fonctionne peu ou mal sous les branches des arbres. Dans une région où la noisette et la prune sont reines, Léger SAS a donc dû innover et s’appuyer sur une autre technologie : le Lidar (voir encadré) qui permet de cartographier un environnement sous couvert végétal. L’autre clé de la réussite de Léger SAS selon Didier Gamarde : l’export. « L’export vers l’hémisphère sud a permis d’alterner les saisons et de linéariser notre production tout au long de l’année », explique le dirigeant.
Large gamme
Les récolteuses font partie des machines emblématiques de Léger SAS, notamment en ce qui concerne la prune et la noisette. Cependant, la PME a su développer une grande capacité d’adaptation et un savoir-faire personnalisable avec deux bureaux d’études et quatre collaborateurs dédiés. Ainsi, le robot autonome est avant tout un outil polyvalent qui peut être équipé pour tondre, couper les repousses, broyer, ou emporter un atomiseur selon les besoins. Des machines dont le coût peut osciller entre 70 000 et 150 000 euros. Léger SAS réalise également la maintenance et la vente de pièces détachées, ainsi que de la sous-traitance pour l’industrie agroalimentaire.
Contexte incertain
Depuis sa reprise en 2018, Didier Gamarde n’a pas été épargné par les crises, pour autant Léger SAS n’a pas eu à souffrir de la pandémie : « le Covid nous a affectés psychologiquement mais pas économiquement. Les agriculteurs nourrissaient les Français et nous les avons aidés à le faire ». Le climat est différent à présent : « À l’heure actuelle, c’est l’incertitude. Le prix des intrants subit l’inflation et on ne peut pas dire de quoi demain sera fait », déplore le dirigeant de Léger SAS. Autre source d’inquiétude : la difficulté à recruter des profils de tourneur fraiseur : « Malheureusement on n’en forme plus assez. On pourrait en recruter deux immédiatement ! », commente-t-il durant la visite de son atelier d’usinage où le travail ne manque pas.

Didier Gamarde, dirigeant de Léger SAS ©Jonathan Biteau – La Vie Economique
« Notre ADN, c’est l’innovation »
Le Lidar en bref
Lidar est l’acronyme de « Light Detection and Ranging », qui signifie « détection et télémétrie par la lumière ». C’est une technologie de télédétection qui utilise des impulsions lumineuses pour cartographier un environnement, même sous couvert végétal, ce qui est beaucoup plus difficile à réaliser par GPS. L’utilisation du Lidar permet à l’entreprise Léger d’automatiser les machines pour l’arboriculture et le travail dans les vergers.
Léger SAS en chiffres
Création en 1981
2 bureaux d’études
29 salariés
4,2 millions d’euros de CA
25 % du CA à l’export