Avec 520 000 clients déjà comptabilisés, Saint-Lary est sur la piste d’une saison accomplie. La plus grande station des Pyrénées, avec ses 100 km de pistes, enregistrait déjà mi-mars un chiffre d’affaires équivalent à celui de l’an dernier en passant la barre des 19 millions d’euros. 460 000 journées ski ont déjà été effectuées contre 480 000 l’an dernier avec trois semaines d’exploitation restantes. Entre ses deux remontées mécaniques montant du village vers la zone débutant et sa télécabine Espiaube puis ses télésièges Tourette et Lac menant au lac de l’Oule, 60 000 piétons ont également été transportés cet hiver.
De bons résultats dans un contexte où les vacances d’hiver n’étaient pas favorables. « La zone C, comprenant Paris et Toulouse, est arrivée en dernier et marque donc une baisse de la fréquentation. La semaine commune entre les zones A et B est une mauvaise configuration car il est plus dur de gérer ce pic important de fréquentation », indique Renaud Lobry, fraîchement nommé en septembre dernier directeur de Saint-Lary pour Altiservice, l’exploitant de la station. Pour gérer ces flux importants, Saint-Lary anticipe les horaires d’ouverture des remontées mécaniques.
Une météo capricieuse
Pourtant ce sont les conditions météorologiques qui ont posé le plus de problèmes cet hiver. « Mi-novembre, une tempête avec des vents de forte intensité a abîmé certains appareils. Nous avons dû remplacer des pièces, réaliser des opérations de montage et démontage, refaire certains essais », explique Renaud Lobry. Le froid a permis de sécuriser les vacances de Noël avec 50 cm de neige naturelle, puis pendant la première semaine de janvier, très froide, la station a pu produire de la neige avant cinq semaines de perturbations. « Les équipes étaient lessivées avec beaucoup de déclenchements d’avalanches et l’arrivée de l’anticyclone a fait du bien », continue le directeur. La station a adapté son tarif une vingtaine de fois pour fidéliser la clientèle. « Nous nous adaptons à la réalité de ce que nous proposons. »
Préservation des ressources
Avec ses 300 enneigeurs, Saint-Lary produit de la neige sur 35 % de son domaine skiable. « Nous nous sommes modernisés, nous utilisons 100 % de notre production, poursuit Renaud Lobry. Nous maîtrisons les volumes d’eau, la hauteur de damage et nous optimisons nos plans. » Cette année, ce sont des têtes moins énergivores qui seront installées sur les perches pour continuer de moderniser le réseau de production de neige. Saint-Lary allie les conditions idéales pour les skieurs débutants, techniques comme friands de paysages contemplatifs d’après son directeur. « La modernisation des remontées mécaniques, colonne vertébrale du domaine, améliore l’expérience et rouvre des zones où nos visiteurs n’allaient plus. »

© Lilian Cazabet – La Vie Economique
À l’avenir, la station familiale entend adapter son téléphérique et repenser sa zone débutant au Pla d’Adet. Un projet de restaurant du côté de Tourette, le point haut du domaine skiable, devrait voir le jour en 2027-2028. Pour la saison estivale, Saint-Lary conserve 50 de ses 220 saisonniers afin d’assurer l’exploitation et la maintenance de ses remontées mécaniques et les animations avec le bike park, le suntubbing, le parc acrobatique et les mountain kart. « Quand, l’hiver, Saint-Lary se concentre sur le ski, l’été, le périmètre s’élargit à la vallée et nous redevenons un acteur du tourisme parmi les autres », conclut Renaud Lobry.
« Mi-mars, nous comptabilisions déjà 520 000 clients »
Renaud Lobry, le nouveau directeur
Diplômé de Polytech Grenoble en ingénierie géotechnique, Renaud Lobry travaille d’abord comme chef de projet en risques naturels. Amené à collaborer avec les stations de ski, il devient directeur des pistes de Val d’Isère en 2009 avant de prendre la direction du domaine skiable de Gourette en 2014 et de devenir, en 2017, directeur général de l’EPSA (Gourette, La Pierre Saint-Martin et le train de La Rhune). Après un passage dans les Alpes, il retrouve les Pyrénées en 2024 pour une mission de coordination de la gestion de crise et de reconstruction en vallée d’Aspe avant de devenir en septembre dernier directeur du domaine skiable de Saint-Lary.