C’est l’une des pépites méconnues de l’économie périgourdine. Basée à Montcaret, aux confins de la Dordogne et de la Gironde, l’entreprise Fautras fabrique depuis 1976 des vans équestres et des remorques fourgon qui se vendent comme des petits pains aussi bien en Europe qu’aux États-Unis et en Australie. Derrière ce succès, une dynastie, celle des Fautras, passés du statut de revendeurs à fabricants de vans équestres. « Comme mon grand-père, mes parents travaillaient pour une marque britannique qui a finalement décidé de se séparer de ses points de revente », raconte Jean-Léonard Fautras, actuel PDG de Fautras. Entrepreneur dans l’âme, le couple en a pris son parti et créé sa propre marque de vans équestres qu’il a baptisée de leur nom de famille. « Ils ont d’abord collaboré avec un petit carrossier de Charente avant de se doter de leur propre outil de travail », indique Jean-Léonard Fautras.
Accent mis sur l’innovation
D’emblée, les époux Fautras se sont distingués par leur capacité à innover, chose que leur avait toujours refusée leur ancien employeur. « Mon père a toujours été convaincu que les chevaux embarquaient plus facilement quand la rampe n’y était pas. C’est ce qui l’a guidé pour concevoir ses premiers modèles », raconte le dirigeant de 44 ans. Les commandes ont suivi, obligeant l’entreprise à pousser régulièrement les murs sur le site fort heureusement vaste de Montcaret. Jean-Léonard Fautras, à qui ses parents ont cédé les rênes de la société en 2011, a capitalisé sur cet héritage en continuant à mettre l’accent sur la recherche et l’innovation.

Jean-Léonard Fautras, dirigeant de Fautras © Loïc Mazalrey – La Vie Economique
Zone de turbulences en 2023
En 2023, l’entreprise a traversé une zone de turbulences qui l’a obligée à mettre ses 80 salariés au chômage partiel pendant quatre mois et demi. « Après le Covid, les Français ont dépensé l’argent dont ils n’avaient pas eu l’usage pendant les périodes de confinement puis cette manne s’est tarie. Avec la crise des coûts de l’énergie entraînée par la guerre en Ukraine et l’inflation généralisée, plus aucune commande ne rentrait », se souvient le chef d’entreprise.
Plutôt que se décourager, c’est ce moment que le dirigeant a choisi pour revoir son offre commerciale de sorte que les vans Fautras puissent concurrencer les fabricants étrangers sur les vans premiers prix. Partant du principe que le panier moyen des acheteurs français était autour de 10 000 euros, le chef d’entreprise a dégainé son va-tout : des séries limitées de modèles déjà existants. Même procédé de fabrication, mêmes matières premières de qualité d’origine française ou européenne. « Seul le niveau d’options change », avance l’entrepreneur. Les deux dessinateurs industriels de l’entreprise l’ont également aidé à concrétiser son projet de malle pour concours. Un must-have pour les cavaliers qui partent en compétition au bout de la France le week-end.
« Faire preuve de créativité »
Toutes ces nouveautés trouvent naturellement leur place sur les réseaux sociaux de Fautras. En cinq ans, Fautras a réussi à capter l’attention de 32 000 followers sur Instagram, autant sur Facebook et 12 000 sur Tik Tok. Un exploit pour une marque de vans équestres et de remorques fourgon. « C’est sûr qu’il faut faire preuve de créativité pour intéresser les gens avec des remorques », convient Jean-Léonard Fautras qui n’hésite pas à se mettre lui-même en scène comme dans le remake maison de Mission impossible. Tom Cruise n’a qu’à bien se tenir…

Fautras est le seul fabricant de vans équestres en France. © Loïc Mazalrey – La Vie Economique
En cinq ans, Fautras a réussi à capter l’attention de 32 000 followers sur Instagram
Fautrastuces, l’autre entreprise de la galaxie Fautras
Les parents de Jean-Léonard, Jean-Luc et Marie-Noëlle Fautras, ont quitté l’entreprise en 2014. Suffisamment jeune pour ne pas vouloir rester les bras croisés, le couple d’entrepreneurs a créé cette même année Fautrastuces, une entreprise spécialisée dans le développement de solutions aux problèmes que les cavaliers sont amenés à rencontrer au quotidien. Géo Trouvetou génial, Monsieur imagine et conçoit les produits dont lui-même aimerait disposer dans sa pratique du cheval tandis que Madame, réputée pour son sens des affaires, assure leur commercialisation en ligne.