Dans un contexte marqué par les crises successives et l’instabilité institutionnelle, Jean-Jacques Lasserre, dans une longue lettre de vœux, remarque la fragilité du cadre d’action des collectivités départementales. « La situation des Départements est particulièrement tendue. Une situation que nous subissons car nous ne sommes plus maîtres de nos recettes », évoque-t-il, soulignant « des décisions nationales et des dépenses sociales obligatoires difficilement maîtrisables ». Une situation « connue, reconnue mais malheureusement pas encore solutionnée faute d’une vie politique gouvernementale et parlementaire stable ».
Une gestion rigoureuse face aux contraintes
Face à ces contraintes, Jean-Jacques Lasserre insiste sur la discipline budgétaire mise en œuvre par le Département. « Nous nous employons à une gestion très rigoureuse de notre collectivité », affirme-t-il, rappelant que les efforts demandés concernent aussi bien les élus que les agents. Des décisions « qui ne se font pas de gaieté de cœur », mais prises « en responsabilité et avec lucidité ». Pour autant, le président tient à rassurer sur la capacité du Département à continuer d’agir. « Nous ne renonçons pas à nos ambitions et à ce que nous croyons juste et nécessaire pour notre Département », déclare-t-il.
Les solidarités sociales au cœur de l’action départementale
Cette rigueur budgétaire permet, selon lui, de préserver l’essentiel, au premier rang duquel figurent les solidarités sociales, qui représentent les deux tiers du budget de fonctionnement. Concrètement, le Département assure « la prise en charge de 19 000 personnes âgées dépendantes », le financement des établissements médico-sociaux pour les personnes en situation de handicap, ainsi que « l’accompagnement et la protection de près de 4 000 enfants en danger ».
Le logement constitue également une priorité affirmée. Le Département consacre « 25 millions d’euros par an à la rénovation ou à la création de logements », un engagement qualifié de « fort » face à « une préoccupation majeure de nos concitoyens ». Jean-Jacques Lasserre rappelle toutefois que ces compétences connaissent « une progression budgétaire constante », liée à la démographie, aux évolutions de la société et à des décisions nationales engageant directement les finances départementales.
Soutenir les territoires et les communes
Autre pilier de l’action départementale : les solidarités territoriales et l’aménagement du territoire. En cette année 2026 marquée par les élections municipales, le président tient à saluer l’engagement des élus locaux et sa « profonde admiration et gratitude aux maires des Pyrénées-Atlantiques, ainsi qu’à leurs équipes ». Dans ce contexte, ce dernier annonce la création, dans le cadre du budget 2026, « d’un nouveau dispositif d’aide aux communes » destiné à « la grande majorité d’entre elles », afin de les accompagner dans leurs missions quotidiennes.
Le Département entend également garantir une qualité de vie équitable sur l’ensemble du territoire, en poursuivant notamment l’entretien de ses « 4 300 kilomètres de routes départementales » et en veillant à offrir « des conditions d’éducation optimales » dans les 49 collèges publics et 39 collèges privés du Béarn et du Pays basque.
Défendre les compétences dites « non obligatoires »
Pour finir, Jean-Jacques Lasserre prend position sur les compétences qualifiées de « non obligatoires ». Dans un contexte de rigueur budgétaire, il rejette une approche strictement comptable. « Je crois le contraire », affirme-t-il, défendant le soutien au monde culturel et sportif, au tissu associatif, ainsi qu’à l’enseignement et à la transmission des langues et cultures régionales. Ces politiques sont jugées par ce dernier comme « indispensables » , tissant « les liens entre les générations » et constituant « le ciment indispensable au vivre ensemble » qui permet aux Basques et aux Béarnais de « faire communauté ».
Et le président de la collectivité de terminer ses vœux par l’importance « du soutien au monde agricole », notamment pour « l’installation des jeunes agriculteurs » et le financement des organismes de défense sanitaire.