À l’étroit dans les locaux de son vaisseau amiral amarré rues Lestin et Thiers, à Périgueux, SPP numérique s’est offert un nouveau cocon sur les hauteurs de Trélissac, aux portes de Périgueux. 1 200 mètres carrés de plain-pied occupés aux deux tiers par les machines et les stocks de l’entreprise, parking, et vue sur l’herbe fraîche du vallon. La société, spécialisée dans l’impression tout format, ne pouvait rêver de plus belle vitrine pour donner à voir ce qu’elle est devenue : une entreprise sachant répondre aussi bien aux besoins de la clientèle locale qu’aux aspirations des marques d’envergure nationale. « Certains clients viennent chez nous pour obtenir une photocopie à 50 centimes et d’autres pour nous passer commande d’une publicité locale de vente (PLV), pour plusieurs centaines, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros », constate le PDG de SPP numérique, Maximilien Bouhours.
Investissement dans le parc machines
Un grand écart que le chef d’entreprise a d’autant plus de facilité à assumer qu’il est inscrit dans l’ADN de la maison. « Aussi loin que remonte notre histoire, ce sont les clients qui nous ont toujours poussés à nous transformer pour coller à leurs demandes », glisse l’intéressé qui n’entend pas remettre en cause cette tradition de sitôt. Piloter une entreprise multicarte n’est pas neutre financièrement : chaque année, l’entreprise investit 130 000 euros pour s’assurer d’avoir un parc de machines variées et performantes. Et la stratégie fonctionne. En 2025, la société – qui emploie 15 personnes en CDI – a enregistré 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires.
Neuf machines
Arrivé à la tête de l’entreprise en 2014 pour succéder à son père qui partait à la retraite, Maximilien Bouhours a hérité d’une société recentrée sur son activité d’impression depuis la vente de la branche papeterie de l’entreprise au groupe Fabrègue deux ans plus tôt (lire encadré). La ligne était alors tout tracée pour faire monter en puissance le parc de machines et proposer des supports d’impression toujours plus nombreux au niveau de la taille ou de la matière. Plexi, papier, plastique, bois… avec ses neuf machines, l’entreprise est capable d’imprimer sur tout ou presque.
Des clients nationaux
De quoi séduire les groupes régionaux (Ayor) mais aussi d’envergure nationale tels qu’Intermarché, Essilor, Savencia, Darty ou encore Tollens. « En la matière, nous avons commencé avec l’enseigne Jardiland dont le patron était périgourdin en 2007. Puis, en 2014, l’opportunité nous a été offerte de travailler avec d’autres clients grâce à des plateformes qui redistribuent le travail à des sous-traitants comme nous », glisse Maximilien Bouhours.

SPP numérique a emménagé dans un nouveau bâtiment sur les hauteurs de Trélissac, près de Périgueux. © Loïc Mazalrey
Chaque année, l’entreprise investit 130 000 euros
60 ans de mutations
La société périgourdine de papeterie voit le jour dans l’un des immeubles de la place du Coderc, à Périgueux en 1960. Son fondateur, Jean Raynaud, y vend des articles de papeterie (crayons, cahiers, pinceaux) et du petit mobilier de bureau. Au tournant des années 70-80, la société quitte les locaux qui l’ont vu naître pour emménager dans un immeuble de la rue Lestin, dans le quartier de la Banque de France. SPP est rachetée en 1989 par Gervais Bouhours, un ancien salarié de l’industrie pétrolière qui cherchait à s’établir à son compte. Neuf ans plus tard, la Société périgourdine de papeterie est scindée en deux entités distinctes : SPP et SPP photocopies. Les deux sociétés cohabitent dans les locaux du vaisseau amiral de la rue Lestin et de la rue Thiers jusqu’à la cession, en 2012, de l’activité papeterie au groupe Fabrègue, basé en Haute-Vienne. La société émancipée s’installe alors dans la rue Gambetta à Périgueux à une centaine de mètres du quartier général de SPP photocopies qui en profite pour installer de nouvelles machines au rez-de-chaussée et aux étages du bâtiment. Reprise en 2014 par Maximilien Bouhours, le fils de Gervais, SPP change une nouvelle fois de nom pour embrasser le titre de SPP numérique.

Quinze salariés travaillent pour SPP numérique à Trélissac. © Loïc Mazalrey