Avec 2026 désignée comme l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, le Parc national des Pyrénées a décidé d’amener sa pierre à l’édifice. « Nous souhaitons monter en puissance et mettre en lumière ce patrimoine culturel local, le pastoralisme a toute sa place dans les Pyrénées », a indiqué Louis Armary, le président du Parc national des Pyrénées, lors d’une conférence de presse le 14 avril dernier. Pour Andde Sainte-Marie, éleveur et vice-président du Parc national des Pyrénées, « il faut donner de la visibilité au pastoralisme avec un plan d’action. Cela fait partie de nos objectifs de préserver l’environnement et de renforcer la biodiversité. L’agriculture de montagne et la transhumance de troupeaux participent d’une économie durable pour l’élevage en montagne ».
Si les cheptels sont stables dans les Pyrénées depuis les années quatre-vingt, les bovins ont pris le pas sur les ovins, les équins sont en progression et le nombre d’éleveurs a eu tendance à se réduire quand les cheptels, eux, grossissent. « Il y a encore de la vitalité dans ce métier. En Haut Béarn, nous comptions 8 hommes et 2 femmes il y a 15 ans, nous sommes aujourd’hui à la parité », explique Andde Sainte-Marie.
Plan d’action
Le Parc national entend inventorier les itinéraires de transhumance empruntés par les bergers et leurs troupeaux, documenter leur valeur patrimoniale et éventuellement les réhabiliter en partenariat avec les collectivités locales et les commissions syndicales. « Nous souhaitons nous associer au programme PERSEE, né de la collaboration entre le CNRS et l’Office français de la biodiversité, pour suivre des troupeaux sur 2026-2028. L’objectif est de comprendre les interactions entre les milieux et leurs impacts positifs et négatifs », explique Arnaud David le directeur adjoint du Parc national. Un deuxième projet porte sur la création d’une estive école en Béarn pour accueillir les jeunes bergers. Les agents du Parc national vont eux-mêmes être sensibilisés à l’archéologie pastorale et aux pratiques pastorales contemporaines. Une stratégie de préservation du patrimoine pastoral va être élaborée avec les partenaires du Parc national sur 3 ans.

De gauche à droite : Audrey Buttifant, responsable adjointe au Parc national des Pyrénées, Louis Armary président, Andde Sainte-Marie, vice-président et Arnaud David, directeur adjoint. © CL – La Vie Economique
Volet grand public
Tout au long de l’été, un programme de sensibilisation du public au pastoralisme sera mis en œuvre avec des conférences, des rencontres et des sorties nature. Des sorties « à la rencontre d’un berger » seront proposées le 21 juillet dans la vallée Luz-Gavarnie et le 23 juillet à Borce pour la vallée d’Aspe. Un atelier de découverte du travail de la laine aura lieu les 10 et 24 juillet et les 7 et 21 août à Cauterets avec Laine en Sy.
Un livret pour comprendre ce patrimoine sera édité avec les Pays d’art et d’histoires Pyrénées béarnaises et des vallées d’Aure et du Louron. « Nous allons travailler avec beaucoup de partenaires pour associer les forces vives que sont les agriculteurs, les scientifiques et les chercheurs à ces projets, continue Arnaud David. 300 000 euros seront engagés sur 2 à 3 ans dans ces démarches. »