« On va fêter nos 120 ans », annonce Mesmin Béragnes depuis son modeste bureau. Lui-même issu d’un parcours diversifié, ayant travaillé dans divers secteurs industriels avant de rejoindre Tellus Ceram, le dirigeant a été un acteur clé dans la relance récente de la société. « J’ai décidé de la reprendre en 2013 sans avoir tous les éléments visibles, mais il y avait un créneau », explique-t-il. Aujourd’hui, Tellus Ceram oscille entre 3 et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une marge en hausse et une activité tournée aux deux tiers à l’export. Tellus Ceram fournit à l’industrie sidérurgique des briques réfractaires pouvant supporter des températures allant de 1 300 à 1 850 °C. Il s’agit d’une technologie de pointe très rare dans l’Hexagone et donc ouverte à la concurrence mondiale.
Une reprise réussie
Lorsque Mesmin Béragnes a repris l’entreprise en 2013, Tellus Ceram était dans une situation délicate, financièrement et commercialement : « On a rattrapé les 25 ans de non-investissement », se souvient-il, basant son succès sur la modernisation des infrastructures et la gestion des déchets accumulés depuis des années. Sa démarche pragmatique et son approche stratégique ont permis de surmonter les défis financiers et opérationnels. Le dirigeant accorde notamment une importance particulière au maintien d’une dimension humaine et locale dans son activité. Tellus Ceram a ainsi la particularité d’avoir été reprise par une partie de ses salariés au début des années 2000 (voir encadré). « On a une oscillation entre 25 et 45 personnes, avec les intérimaires. Il n’y a eu aucun licenciement. Nous avons toujours acheté au maximum local alors que nous sommes un vendeur mondial », ponctue le dirigeant.
Avenir et innovation
Depuis son siège de Monsempron-Libos, Tellus Ceram reste ancrée dans une dynamique de développement continu. « On cultive aussi beaucoup d’innovations et notre avenir passera par un positionnement qualitatif avec des produits hautement techniques », affirme Mesmin Béragnes. Par ailleurs, la période actuelle incite à la prudence avec une hausse du prix de l’énergie et de la logistique (+10 %), ainsi qu’un allongement des délais pour le transport des marchandises. Pourtant, celui qui pourrait jouir paisiblement d’une retraite bien méritée depuis plus de 10 ans souhaite mener à bien sa mission jusqu’à son terme et considère sa mission chez Tellus Ceram comme son dernier grand projet professionnel. « C’est ma septième entreprise, je n’en ai jeté aucune. C’est ma dernière », confie-t-il. Il sera alors temps pour Tellus Ceram d’ouvrir un nouveau chapitre de sa riche histoire plus que centenaire.
« Notre avenir passera par un positionnement qualitatif »

Mesmin Béragnes, dirigeant de Tellus Ceram © Jonathan Biteau – La Vie Economique
Patrimoine industriel
Mesmin Béragnes est engagé depuis 10 ans dans l’association Pays, histoire, Patrimoine, qui a pour vocation de sauvegarder et de mettre en valeur le patrimoine local. En tant que vice-président, il souhaite notamment mettre en valeur le patrimoine industriel afin qu’il demeure vivant et il organise chaque année à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine des visites d’entreprises industrielles du territoire fumélois et de la Vallée du Lot.
Lien
Tellus Ceram en dates :
1907 : fabrication des premières briques
1910 : création de la société des produits réfractaires de Fumel et Libos
1955 : rachat par la société générale des produits réfractaires
1980 : rachat par Lafarge réfractaires
1985 : vente à Savoie réfractaires (Saint-Gobain)
1991 : cession aux Britanniques de Hepworth refractories
1995 : acquisition par Alpine group (USA)
2007 : rachat de la briqueterie par une partie des salariés et création de Tellus Ceram
2013 : reprise en 2013 au tribunal de commerce par Mesmin Béragnes