La Vie Économique : Resituez-nous vos débuts à la présidence nationale, votre « baptême du feu »!
Olivier Salleron : Dès le printemps 2021, dans une économie mondiale malmenée par la crise sanitaire, la hausse du prix des matériaux a impacté notre secteur d’activité, certains prix multipliés par deux voire trois. La crise des énergies a suivi l’hiver suivant, puis la guerre en Ukraine en février 2022 a aggravé la situation : inflation, taux des crédits à la hausse, et prises de décisions gouvernementales inappropriées pour le logement — baisse des APL, taxation des bailleurs sociaux, essorage des prêts à taux zéro et du système Pinel, qui ont d’ailleurs cessé d’exister.
LVE : La suite n’a pas été un long fleuve tranquille non plus ?
O.S. : Alors que nous commencions à digérer tout cela, la dissolution de l’assemblée et la crise politique qui a suivi, en 2024, ont enchaîné les indécisions. Les premières mesures bénéfiques préparées par le gouvernement Barnier, qui s’intéressait au logement, sont passées en 49.3 avec celui de Bayrou. Nous avons bien travaillé avec la ministre Valérie Létard, sur le prêt à taux zéro pour les primo-accédants — qui a permis de relancer la construction neuve —, l’injection de 200 millions d’euros de plus pour le logement social, le maintien de MaPrimeRénov’ à 3,6 milliards, avec une chasse aux fraudeurs plus efficace. On est à la 19e réforme de ce dispositif créé en 2020, dans lequel nous sommes partie prenante, qui concerne de nombreux foyers fiscaux ! En six ans, j’ai connu huit ministres du logement et sept Premier ministre : il faut à chaque fois réexpliquer les enjeux. Vincent Jeanbrun poursuit sur cet élan, avec notamment des logements liés à la réindustrialisation de la France. 500 millions d’euros de plus sont réinjectés cette année sur le logement social. Mais le conflit au Proche-Orient vient ternir la fin de mon mandat, il entraîne une hausse de pri…