Couverture du journal du 01/07/2026 Le nouveau magazine

Chambre des notaires : Me Marjorie Lartigue-Chabbert nouvelle présidente

La chambre interdépartementale des notaires de la cour d’appel de Toulouse a élu sa nouvelle présidente : Me Marjorie Lartigue-Chabbert. Notaire associée à Albi, celle qui succède à Hubert Létinier veut mettre l’Humain au cœur de son mandat, mais également, inciter les notaires à prendre leur place auprès des entreprises.

Marjorie Lartigue-Chabbert

Me Marjorie Lartigue-Chabbert, présidente de la chambre interdépartementale des notaires de la cour d’appel de Toulouse © Bérengère Bosi - La Vie Economique

À 52 ans, Me Marjorie Lartigue-Chabbert vient d’être élue présidente de la chambre interdépartementale des notaires de la cour d’appel de Toulouse. Succédant à Hubert Létinier pour un mandat de deux ans, elle est désormais la porte-parole des 632 notaires répartis dans les départements de Haute-Garonne, d’Ariège, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Originaire du Tarn, elle a réalisé ses études de droit à l’université Toulouse Capitole. Après diverses expériences en tant que notaire assistant dans des offices, elle est nommée notaire en 2010 et exerce désormais en tant que notaire associée dans un office situé à Albi. Engagée dans la vie institutionnelle du notariat, elle a déjà exercé au sein de la Chambre les fonctions de syndic en charge des réclamations ainsi que de président de chambre délégué pour le ressort du tribunal judiciaire d’Albi.

Au service des publics vulnérables

« Être notaire ne signifie pas seulement rédiger des actes ou appliquer le droit ; c’est avant tout construire une relation de confiance avec ses clients et un accompagnement juridique dans des moments clés de la vie », déclare Marjorie Lartigue-Chabbert, qui veut mettre l’Humain au cœur de son action. Sensible aux difficultés des publics vulnérables, la présidente souhaite apporter un soin particulier à l’accompagnement des personnes en situation de handicap et à leur famille. « Il est essentiel que le notariat puisse proposer des solutions concrètes, juridiquement adaptées, en tenant compte des spécificités de chaque situation. »

Diversité des missions

Me Lartigue-Chabbert veut également communiquer sur la diversité des tâches qui incombent aux notaires. « Il y a une réelle méconnaissance de notre métier. Beaucoup pensent aux notaires uniquement pour l’immobilier. Nous devons rappeler que nous sommes complémentaires aux autres métiers du chiffre et du droit. » Une nécessité dans un contexte immobilier encore morose. « Les notaires qui souffrent le plus actuellement sont effectivement ceux qui font beaucoup d’immobilier », constate la présidente.

Droit des sociétés

Les notaires ont alors selon la présidente tout intérêt à diversifier leurs activités. Parmi les pistes évoquées : l’accompagnement des entreprises. « Notre profession a un peu trop délaissé le droit des sociétés au profit d’autres professions qui ont pris la place », constate Me Lartigue-Chabbert. Alors que 370 000 entreprises seront à reprendre en France d’ici à 2030, selon Bpifrance, la transmission d’entreprise est un sujet sur lequel les notaires doivent prendre leur place, au risque de voir le train passer. « Si l’on ne se positionne pas, d’autres le feront », déclare la présidente qui veut, sur le sujet, travailler en partenariat avec les autres professions.

Sur la transmission d’entreprise, « si l’on ne se positionne pas, d’autres le feront »

L’opportunité de l’IA…

Hubert Letinier, prédécesseur de Marjorie Lartigue-Chabbert, avait fait du numérique l’axe principal de sa feuille de route, conscient des mutations à venir liées à l’émergence de l’IA. « Sur le sujet, on en est encore aux balbutiements. Les notaires sont dans l’expectative de l’IA, mais un peu dans la crainte aussi », reconnaît la nouvelle présidente. « Nos éditeurs de logiciels intègrent déjà peu à peu des solutions d’IA, que nous utilisons déjà finalement. Je pense que l’IA pourra devenir une aide précieuse pour les tâches chronophages sans plus-value. »

… et ses dangers

L’IA peut toutefois également être vecteur de difficultés pour les notaires. « Parfois, certains clients arrivent dans nos offices en nous disant qu’ils ont demandé à ChatGPT de leur indiquer les démarches à suivre et ils attendent de nous que l’on réalise les recommandations de l’IA ! » ; s’étonne Me Lartigue-Chabbert. Au-delà de l’aspect désagréable pour la profession, le sujet de la fuite des données est également à prendre en compte. Car, si les notaires sont tenus au secret professionnel, les clients doivent être conscients que s’ils déposent des actes notariés sur ChatGPT, leurs données ne seront plus confidentielles…