« Comment piloter et développer son entreprise dans un contexte économique exigeant ? » Telle était la question à laquelle ont tenté de répondre les invités de la 8e édition de la Nocturne Eco, qui s’est tenue le 6 mai à Toulouse.
« Depuis la crise du Covid, les entreprises doivent être et sont résilientes pour faire face aux chocs qui se sont multipliés. Elles doivent rebondir en permanence », a constaté en préambule Didier Katzenmayer, président de l’UIMM Occitanie. Dans le bâtiment par exemple, les entreprises ont dû apprendre à se diversifier, à l’instar de GA Smart Building, le spécialiste toulousain de la construction bas carbone hors site. « Le groupe était initialement spécialisé dans l’immobilier d’entreprise. Nous avons élargi notre champ d’action au logement mais également à la rénovation », a expliqué Sébastien Matty, président de GA Smart Building.
Même stratégie chez le spécialiste de la mutuelle santé Prévifrance. « En juin 2024, il y a eu la dissolution de l’Assemblée nationale. Après un premier semestre dynamique, nous avons instantanément constaté que les entreprises – nos clients – ont arrêté de recruter car nous avions moins de personnes nouvelles à couvrir », a relaté Henry Mathon, DG de Previfrance. Heureusement, le groupe mutualiste avait anticipé et s’était déjà préoccupé de sa diversification. Prévifrance opère en effet désormais dans un autre secteur : celui du funéraire.
Isabelle Patrier et Pierre Gattaz
Après une table ronde animée par les acteurs locaux, deux acteurs économiques nationaux majeurs ont été invités à apporter leurs éclairages. Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies, est venue faire part des actions menées par le fournisseur de gaz et d’électricité, dans un contexte rendu difficile par le conflit au Moyen-Orient. Le mot d’ordre ? L’anticipation.
« Le 28 février, il y a eu l’attaque sur l’Iran et dans la foulée, la fermeture du détroit d’Ormuz. Nous avions déjà travaillé sur ce scénario il y a environ 3 ans et nous disposions donc déjà d’un plan de continuité de l’activité », a révélé la directrice. Si la première des urgences a été d’exfiltrer 1 300 personnes (collaborateurs et leurs familles) des zones les plus dangereuses, la seconde a été de « réagir pour nos clients en continuant à les approvisionner et en les protégeant au mieux de la hausse de prix ».
De son côté, Pierre Gattaz, ancien président du Medef, a appelé les dirigeants venus l’écouter à être « paranoïaques mais énergisants ». Autrement dit, à anticiper de multiples crises tout en continuant à avancer. Critique à l’égard de la classe politique, l’ancien patron des patrons a créé son think tank – l’Institut des solutions – destiné à faire émerger des « idées utiles, concrètes et réalisables » en faveur de l’économie.