« Il valait mieux venir ici plutôt que de faire une réunion en visio pour redire que ce projet est irréversible. Cette irréversibilité se traduit part une première somme d’argent, d’environ 500 000 € qui seront débloqués, pour permettre de lancer les premières procédures d’appel d’offres », a déclaré le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 7 mai depuis Toulouse, à propos du projet de ligne à grande vitesse qui doit relier Toulouse à Bordeaux en 1 h 05.
Venu, avec le ministre des Transports Philippe Tabarot, à la rencontre des collectivités membres de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, Sébastien Lecornu a signé un protocole d’accord prévoyant l’engagement financier de l’État qui débloquera 410 M€ pour les années 2026 et 2027. Les collectivités s’engagent de leur côté à mobiliser cette même somme sur la même période. De quoi lancer dès 2026 la procédure d’attribution des marchés globaux. « Il faut désormais que les travaux démarrent, et je vous propose de nous donner rendez-vous autour du mois d’octobre-novembre pour faire un point très précis », a proposé Sébastien Lecornu aux élus.
Encore une inconnue : le montage financier
« J’approuve cette démarche, mais je serai sécurisée lorsque les appels d’offres seront lancés », a commenté de son côté Carole Delga, rappelant que ces derniers « auraient dû être lancés en février 2026, mais Matignon s’y était opposé ». Pour la présidente de la Région Occitanie, ce projet, déclaré d’utilité publique en 2016, est nécessaire pour désenclaver la région qui connaît la plus grande progression démographique de France.
Reste toutefois des questions concernant le montage financier. Interrogé sur le sujet, le Premier ministre a laissé la parole à Philippe Tabarot qui avoue que pour l’heure « rien n’a été définitivement décidé ». Et d’ajouter : « Je connais les positions des uns et des autres […]. Nous nous sommes donnés encore un mois pour échanger ensemble et pour pouvoir trancher ». Concrètement, si les collectivités plaident pour un portage entièrement public, la mise en place d’un partenariat public privée serait privilégiée par le Premier ministre pour limiter la dette de l’État.
Initialement évalué à 14 milliards d’euros, le projet de LGV qui doit relier en 2032 Toulouse et Bordeaux, et Bordeaux et Dax doit être financé à 40 % par les collectivités, 40 % par l’État et 20 % par des crédits européens.