Après Soulom, c’est le barrage d’Orédon qui fait partie des grands travaux lancés par la SHEM. La filiale d’Engie a annoncé début mai y engager des travaux majeurs pour renforcer la sécurité de l’ouvrage grâce à un nouvel évacuateur capable de gérer les crues extrêmes et conforme aux exigences de l’État pour les grands barrages hydrauliques. Situé à Aragnouet et construit entre 1869 et 1884, le barrage d’Orédon est équipé d’un dispositif pour évacuer les excédents d’eau en période de fortes précipitations.
Aujourd’hui, l’équipement en place peut évacuer des crues inférieures à une crue centennale avec un débit maximal d’environ 50 m3/s. Le futur ouvrage portera cette capacité à 213 m³/s, soit plus de quatre fois plus, permettant de faire face à des crues très exceptionnelles, dites décamillénales, c’est-à-dire pouvant survenir statistiquement une fois tous les 10 000 ans. Les eaux seront ensuite dirigées vers un tunnel souterrain de 128 mètres de long et de 4,6 mètres de diamètre.
Système innovant
Pour ce système, la SHEM a innové, le barrage d’Orédon ne pouvant pas être agrandi : elle a choisi un évacuateur en forme de labyrinthe avec une ligne de déversement en zigzag qui augmente la capacité d’évacuation sans augmenter l’emprise au sol. Les travaux se dérouleront entre 2026 et 2028 en s’adaptant à l’enneigement. Une première phase en 2026 consiste en l’installation du chantier, la sécurisation des versants, la mise en place des mesures de protection des espaces naturels, la création des accès et le creusement de l’auge d’accueil du labyrinthe. En 2027, auront lieu le creusement du tunnel et la construction de l’évacuateur de crue et en 2028 sera fait le revêtement du tunnel et de l’ouvrage puis la remise en état du site.
Des mesures de protection de la faune et de la flore seront mises en place tout au long du chantier, celui-ci étant au cœur de la réserve du Néouvielle.