Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

Airbus encore et toujours plus

Il faudrait plus d’un magazine pour parler d’Airbus à Toulouse. Et on ne serait encore probablement pas exhaustifs ! Deux chiffres donnent le vertige. Le leader mondial des avions commerciaux compte 26 000 salariés sur le premier site industriel français à cheval entre Toulouse, Blagnac, Colomiers et Saint-Martin-du-Touch. Pour se représenter Airbus en surface, il faut imaginer 1 000 terrains de football. Voilà pourquoi Toulouse est l’un des piliers d’Airbus, site sur lequel l’avionneur a misé sur un réaménagement à plusieurs centaines de millions d’euros entamé ces derniers mois. Pour la première fois, le géant mondial de l'aéronautique nous a ouvert les portes de ses sites toulousains en pleine effervescence stratégique. Exclusif.

Christophe Agostini, Airbus Toulouse

Christophe Agostini, directeur des sites Airbus de Toulouse © Louis Piquemil - La Vie Economique

Sur 18 hectares, Airbus est actuellement en train de construire des nouvelles positions pour accueillir des avions en production. « C’est un foncier qui était à notre disposition et en partie viabilisé depuis les constructions pour l’A380 », explique Christophe Agostini, directeur des sites Airbus de Toulouse. Toutefois, cet aménagement a dû recevoir un accord de l’État au regard de la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN). « Nous avons sollicité des communes de la métropole et au-delà pour compenser les espaces naturels sur lesquels on a construit. Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Airbus qu’on obtient des passe-droits sur ces lois environnementales. »

Deuxième ligne pour l’A321neo

Le projet entamé l’an passé était en fait dans les cartons d’Airbus avant la pandémie de Covid. Mais il a fallu attendre la reprise du secteur pour envisager à nouveau ces aménagements. « Tout a commencé par la première ligne d’assemblage final (FAL) inaugurée en 2023 sur le site de Jean-Luc Lagardère », rappelle Christophe Agostini. Une chaîne dédiée à l’A320/321neo qui a pris la place de l’ancien A380 et dans laquelle une deuxième ligne va ouvrir dans les prochains mois. « Il nous reste des vérifications et des tests grandeur nature mais nous tenons nos jalons pour une entrée en service mi-2026. »

L’objectif poursuivi par Airbus est triple. Avec un carnet de commandes plein à ras bord, l’avionneur doit accélérer sur ses livraisons pour tenir son objectif de 1 000 appareils par an fin 2027. Une ambition qu’il faut conjuguer avec le respect de la qualité du produit. « C’est notre ADN. La fiabilité et la sécurité, c’est la marque de fabrique Airbus. On ne peut y déroger », souligne Christophe Agostini. Mais pour livrer plus, Airbus veut avant tout améliorer son efficacité industrielle. « On cherche à réduire certains cycles de fabrication de 20 à 40 % », annonce le directeur des sites.

Airbus Toulouse

© Alexandre Doumenjou – Master Films – Airbus SAS 2024

Accélérer des cycles industriels

Mais où gagner ce précieux temps ? Christophe Agostini illustre son propos en nous amenant dans la ligne d’assemblage final de la famille A330. Un produit exclusivement assemblé à Toulouse comme son grand frère l’A350. « Cette ligne a été inaugurée en 1990, on a énormément appris d’elle », souligne le directeur des sites. Plus de 1 600 appareils en sont sortis en 35 ans. Pourtant, il y a…