Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

Architecture – Carton plein pour Coco

Basé à Cénac-et-Saint-Julien mais avec une installation prévue à Sarlat en avril, le cabinet Coco Architecture multiplie les projets d'envergure en France et au-delà. Rencontre avec ses créateurs, Claudia Staubmann et Cédric Ramière.

Coco architecture

Claudia SAUBMANN et Cédric RAMIÈRE, entourés d’une partie des salariés de Coco architecture © Loïc Mazalrey - La Vie Economique

La Vie Economique : En 2005, vous avez fait le choix peu banal de vous installer en pleine campagne, à 2 h 30 de Bordeaux et autant de Toulouse. Pourquoi ?

Cédric Ramière : « Nous arrivions du Tyrol, en Autriche, imprégnés de la culture de ma femme Claudia. Là-bas, nous avions l’habitude de travailler sur des projets de construction conçus pour s’intégrer parfaitement dans leur milieu naturel, entre vallées et sommets. Lorsque nous avons fait le choix de la France, la Dordogne nous a semblé être le laboratoire idéal pour y décliner notre vision de l’architecture, résolument écologique et contemporaine. »

LVE : L’histoire vous a-t-elle donné raison ?

C. R. : « Pas tout de suite. Au début des années 2000, en France, l’architecture contemporaine se pensait encore exclusivement dans les cabinets en ville. »

Coco architecture a su imprimer sa marque dans le monde de l’architecture contemporaine, en France, et à l’étranger

Coco architecture a su imprimer sa marque dans le monde de l’architecture contemporaine, en France, et à l’étranger © Loïc Mazalrey – La Vie Economique

LVE : L’aventure était très risquée…

C. R. : « Très risquée, mais pas insurmontable. Sans surprise, les premiers mois qui ont suivi notre installation à Cénac-et-Saint-Julien ont été poussifs. On a dû accepter de concevoir des projets bien moins excitants qu’on ne l’avait imaginé lorsque nous étions encore à l’école d’architecture. On a dessiné des permis de construire pour des maisons individuelles et toutes sortes de choses pas forcément très spectaculaires. »

LVE : Le nom du cabinet, plutôt atypique, vous a-t-il aidés à faire décoller votre activité ?

C. R. : « Le nom du cabinet détonait au milieu de tous les autres, beaucoup plus classiques. À l’époque, il était de bon ton d’avoir un acronyme avec plusieurs lettres en capitales en guise de patronyme. Ceci étant, nous restions deux parfaits inconnus qui avaient envie de réussir, mais avaient encore tout à prouver. »

LVE : Comment avez-vous réussi à sortir de l’anonymat ?

C. R. : « Tout s’est accéléré en 2006. Le cabinet a été lauréat du concours lancé par le Département en vue de l’extension du collège de Beaumontois-en-Périgord. Par la suite, nous avons pris part à la rénovation et à l’extension du lycée Albert-Claveille à Périgueux, construit un collège à Mayotte, ou encore participé aux aménagements de l’université de la Nouvelle-Calédonie. »

LVE : De quel chantier êtes-vous le plus fiers ?

C. R. : « L’agence a supervisé, en 2021, la rénovation du lycée français de Rabat, au Maroc. Ce projet a été retenu parmi les huit finalistes du Prix des architectes français à l’export (Afex) 2023 Nous avons gagné le droit d’exposer notre travail dans l’enceinte du Palais royal dans ce cadre-là. »

La Dordogne nous a semblé être le laboratoire idéal pour y décliner notre vision de l’architecture, résolument écologique et contemporaine

LVE : Au-delà du scolaire, quels autres secteurs avez-vous investis ?

C. R. : « Tout en gardant un pied dans l’enseignement, Coco architecture a, depuis, élargi le spectre de ses interventions à d’autres domaines, comme la santé, le logement ou encore le travail. En la matière, sont à porter à son crédit la réalisation du Château furtif, le restaurant Fontbelle du chef étoilé Édouard Decan à Angoulême, la pépinière d’entreprises de Saint-Aubin-de-Blaye en Gironde, ou encore la Maison de l’habitat en train de voir le jour dans le nouveau quartier d’affaires de Périgueux. »

Coco Architecture

Vue du hall de la pépinière l’entreprises de Saint-Aubin-de-Blaye, en Gironde. © Coco Architecture

LVE : Que nous réserve Coco architecte en 2024 ?

C. R. : « Nous allons agrandir notre nid en nous installant à Sarlat. Les locaux de Cénac commençaient à être trop petits. Nous avons donc acheté un vieil immeuble dans la principale artère commerçante de la ville et avons lancé sa réhabilitation en fin d’année. Les matériaux sont nobles, le cadre est superbe. Nous avons bon espoir de pouvoir y emménager au mois d’avril. »

Nous avons supervisé la rénovation du lycée français de Rabat, au Maroc

LVE : Vous auriez pu vous rapprocher d’une grande ville à l’occasion de ce déménagement…

C. R. : « Nous sommes très bien en Dordogne. Nous avons fait depuis 18 ans la démonstration qu’il était possible de se faire un nom en travaillant au vert. »

LVE : Votre nom suffit-il à attirer de jeunes recrues ?

C. R. : « L’épidémie de Covid a rebattu les cartes et incité de nombreux actifs à quitter la ville pour la campagne, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ceci dit, nous sommes conscients que l’éloignement de la ville peut être un frein à l’installation. C’est la raison pour laquelle nous avons depuis longtemps autorisé le télétravail et réduit le temps de travail de nos salariés à quatre jours par semaine. »

Coco architecture, une agence en réseau

Coco architecture, ce n’est pas un bureau, mais trois répartis en Dordogne (Cénac-et-Saint-Julien), dans la Drôme et dans l’Aveyron. Les trois agences réunies emploient au total 26 salariés.