Couverture du journal du 01/02/2026 Le nouveau magazine

Artisanat : Des vœux résolus

Le président de la chambre régionale des artisans (CMA-NA), Gérard Gomez, a présenté ses vœux à la presse en revenant sur les difficultés de l’année écoulée tout en étant déterminé pour 2026.

Artisanat, Gérard Gomez

Gérard Gomez, président de la CMA-NA. © Gaëtan Leprevost

Gérard Gomez commencé son propos de manière claire : « Je forme le vœu simple et ferme que nous puissions retrouver cette année de la stabilité et de l’équité fiscale afin de pouvoir créer, embaucher et transmettre nos savoir-faire ». Cette introduction édifiante se base sur les chiffres clés de 2025 qui révèlent une érosion continue du tissu artisanal et une visibilité toujours aussi faible face aux incertitudes économiques.

Des chiffres alarmants

En effet, début 2026, la région compte 185 366 entreprises artisanales, soit une baisse de près de 8 000 par rapport à 2023, indiquant une perte moyenne de 2 650 entreprises par an. En 2025, 23 425 nouvelles entreprises artisanales ont vu le jour, un chiffre qui semble encourageant malgré un recul par rapport à 2022. Sans surprise, les micro-entreprises incarnent la majorité de ces créations (77 % des immatriculations). Le secteur des services domine toujours, représentant 40 % des activités, mais la majorité des entreprises restent de très petite taille, avec 68 % d’entrepreneurs individuels. Cela démontre l’essor des micro-entreprises, qui, bien que dynamiques, restent vulnérables. Selon les données, seuls 28 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont encore en activité cinq ans plus tard. Concernant l’apprentissage, le tableau est tout aussi inquiétant. Avec une baisse de 5,5 % des effectifs dans les CFA, un défi majeur se pose quant au renouvellement des générations d’artisans. « Les entreprises artisanales n’ont plus de marges de manœuvre. Elles ne délocalisent pas, n’optimisent pas fiscalement : elles subissent. Lorsqu’une entreprise artisanale s’affaiblit, ce sont des emplois locaux, des centres-bourgs et des services de proximité qui disparaissent », rappelle Gérard Gomez.

Moral en berne

Par ailleurs, le président néo-aquitain a présenté les résultats de l’étude « L’artisanat néo-aquitain face aux mutations économiques ». Et ceux-ci sont alarmants quant à l’état d’esprit des professionnels de l’artisanat. 57 % des artisans manquent de confiance dans l’avenir de leur activité, tandis que 72 % se déclarent en situation de fragilité financière. Cette détresse s’explique en partie par la baisse du pouvoir d’achat des clients, source principale de leurs difficultés, doublée de préoccupations concernant leur trésorerie. Dans ce contexte trouble, 55 % des artisans restent pourtant attachés à leur métier et le recommanderaient, illustrant une résilience qui pourrait se transformer en atout si des conditions favorables étaient établies.