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[ Lot-et-Garonne ] Danival : de nouvelles ambitions

Au Moulin d’Andiran dans le Lot-et-Garonne, berceau de l’entreprise, Danival développe depuis plus de 30 ans des produits bio. Depuis 2020 dans le giron du groupe Ecotone, elle perpétue un certain art de se nourrir et entend rester leader sur ce créneau. Objectif 2023 en vue ! Rencontre avec Freddy Vandenberghe, directeur du site d’Andiran, Renaud Chamonal, directeur général réseau HFS France Bonneterre & Cie, Danival et Destination et Amandine Rachenne, responsable communication et RSE.

Danival

© D. R.

LA VIE ECONOMIQUE : Vous êtes directeur de Danival depuis décembre 2020.Quel regard portez-vous sur cette entreprise, vous, le manager expérimenté dans le domaine de l’agroalimentaire tant en France qu’à l’étranger ? Comment vous a-t-elle séduit ?

Freddy VANDENBERGHE, directeur du site d’Andiran © D. R.

Freddy VANDENBERGHE : « L’usine Danival possède plusieurs atouts, tout d’abord sa position géographique. Les produits Bio se doivent d’avoir un « passeport » de ce que j’appelle bonne conduite et c’est le cas pour cette usine. Elle incarne les valeurs fondatrices de la bio puisque pionnière dans le développement de l’agriculture biologique en France. La transformation des fruits et légumes biologiques récoltés dans le Lot-et-Garonne est également un gage de qualité.

L’histoire de cette usine est inspirante, depuis la création en 1990 des premiers produits Danival et de la mise sur le marché dans les magasins bio, suivi du lancement des premières filières bio locales dédiée aux légumes du soleil et au soja. Danival s’engage par la suite entre 2002 et 2016 dans la création de nouvelles filières agricoles françaises comme la filière bœuf bio d’Aquitaine réunissant 11 éleveurs du Sud-Ouest, les légumineuses, le quinoa, la pomme Golden du Limousin. L’exemplarité de sa démarche solidaire avec les agriculteurs locaux permet à Danival d’obtenir la labellisation BIOPARTENAIRE® pour sa filière « Légumes du Soleil » en 2011, et de renforcer ainsi ses engagements auprès de ses producteurs partenaires. Depuis 2020, Danival renforce également sa stratégie de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise. Difficile de donner alors plus d’arguments de séduction et de mon envie de faire partie de cette belle aventure. »

« La transformation des fruits et légumes biologiques récoltés dans le Lot-et-Garonne est un gage de qualité »

LVE : Pourriez-vous évoquer les raisons pour lesquelles Danival est passée sous pavillon Ecotone en juillet 2020 ? Qu’apporte, au sein de l’entreprise, cet acteur majeur de l’alimentation biologique en Europe, première entreprise alimentaire européenne labellisée B Corp (Benefit Corporation) ?

Renaud CHAMONAL : « Ecotone s’est intéressé à Danival pour deux atouts principaux de l’entreprise : la marque Danival, parmi les pionnières des marques d’alimentaire bio dédiées au réseau spécialisé, et le site de production construit au cœur des filières fruits et légumes françaises. Nous connaissons bien la marque Danival chez Ecotone pour observer depuis longtemps ses produits et ses activités dans les magasins bio.

Renaud CHAMONAL, directeur général © D. R.

Danival bénéficie d’une très bonne image auprès des clients et des consommateurs du réseau spécialisé puisqu’elle fait partie de leur quotidien depuis 30 ans maintenant. La société a bâti des filières vertueuses d’approvisionnement dont certaines labellisées BIOPARTENAIRE® et la marque a régulièrement lancé des innovations de rupture qui ont su allier un goût apprécié des consommateurs grâce aux recettes naturelles et sans chichi ajouté développées par notre Chef cuisinier Danival et une praticité de nos offres. La société, enfin, est reconnue pour ses engagements RSE qui vont bien au-delà du simple respect du cahier des charges bio et qui nous permettent d’être labellisé Bioentreprisedurable® depuis plusieurs années maintenant. Ecotone gère déjà un certain nombre de marques reconnues du réseau spécialisé, comme Bonneterre, Destination ou Evernat par exemple, ainsi que des marques leaders bio d’autres réseaux de distribution et dans d’autres pays d’Europe. Ce groupe leader en Europe du bio va nous apporter sa connaissance des attentes consommateurs, sa puissance logistique et commerciale, sa maîtrise de la fabrication de produits alimentaires bio et son modèle d’entreprise à mission qui souhaite nourrir la biodiversité et accompagner les consommateurs vers une transition alimentaire vertueuse pour la santé et la planète, de façon à capitaliser sur les atouts indéniables de Danival. »

LVE : Plus concrètement : Danival a été, dès sa création par les Gevaert, tournée vers le bio avec un réel souci de l’environnement. Que propose-t-elle aujourd’hui dans l’esprit historique du créateur ?

Amandine RACHENNE : « Situés sur un site exceptionnel identifié Natura 2000, au cœur du Lot-et-Garonne, nous avons chaque jour conscience de l’enjeu que représente la préservation de notre environnement, le bien-être des salariés, le développement de l’agriculture biologique et de notre territoire. C’est pourquoi, nous nous sommes engagés volontairement dans une démarche RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) dès 2016. Pour cela, nous avons choisi le label Bioentreprisedurable® (BioED®) car il permet d’affirmer la singularité de Danival dans le réseau bio, et de contribuer au développement d’une bio cohérente, durable et transparente. Basé sur la norme internationale ISO 26000, ce label est spécifiquement adapté pour répondre aux besoins de structuration des PME de la bio. En 2020, Danival a obtenu une note de maturité RSE de 81 % et renouvelle pour la 4e année consécutive sa labellisation Bioentreprisedurable®.

En 2020, Danival a renouvelé pour la 4e année sa labellisation Bioenreprisedurable

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Les actions RSE que nous avons mises en place pour limiter notre impact environnemental sont multiples. En 2012 par exemple, nous avons installé 1 100 m2 de panneaux photovoltaïques sur la toiture de notre site de production, et en 2015 nous avons érigé notre propre station d’épuration écologique qui utilise un procédé original et performant pour traiter l’eau : la filtration par rhizophère. La même année, nous avons décidé de créer et de financer notre propre filière de recyclage en partenariat avec TerraCycle® pour collecter et recycler nos emballages plastiques « dits non recyclables » dans le réseau des magasins biologiques.

Aujourd’hui, cette solution de recyclage s’est adaptée pour nos consommateurs sous la forme d’une enveloppe de recyclage à commander gratuitement sur notre site Internet.

De même, les équipes de production sont tenues de suivre une procédure de tri systématique visant à isoler le verre, le carton, le bois, le métal, les matières organiques, les emballages plastiques jusqu’aux équipements individuels de protection (programme de recyclage TerraCycle interne). Au total, une trentaine de déchets différents sont répertoriés dans un registre des déchets dans le but de les recycler ou de les valoriser au maximum.

Notre mission est aussi de valoriser les bonnes pratiques agricoles pratiquées par nos agriculteurs partenaires bio : la pratique du non-labour, les engrais verts, les bandes fleuries pour favoriser la pollinisation, la plantation de haies pour préserver la biodiversité, le pâturage tournant dynamique pour l’élevage bovin, le bien-être animal ou encore la biodynamie.

Enfin, nous sensibilisons nos salariés à la mobilité verte et participons chaque année depuis 2019 au Challenge de la mobilité. Danival a d’ailleurs été lauréat en 2019 grâce à la participation active de ses salariés (40 % de taux de participation / 6 878 km parcourus en mode alternatif : covoiturage, vélo, marche, télétravail).

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LVE : Quid de l’usine de fabrication de produits japonais détachée à Estillac : rapatriement annoncé ?

Freddy VANDENBERGHE : « Depuis sa création, Danival s’adonne à la fabrication de l’une de ses pépites culinaires que sont les spécialités japonaises : le Miso et le Shoyu. Ces produits sont issus du savoir-faire traditionnel japonais transmis à notre Maître Brasseur, Michèle Checchi, qui les affine avec passion actuellement dans un site basé à Estillac dans des locaux de l’Agropole, La technopole de l’agroalimentaire.

Garantis sans additif, les produits de la gamme « Miso » offrent toute la richesse aromatique de la cuisine japonaise autour de 2 gammes miso et sauce soja, soit 15 produits.

Devant un tel succès, nous nous devions d’augmenter la capacité de production mais aussi d’avoir notre atelier au plus près de notre usine de production.

C’est chose faite. Partis d’un bâtiment existant sur le site du Moulin d’Andiran, les travaux ont débuté en février 2021 pour une livraison planifiée à la fin du mois de juin 2021. Naturellement, comme le miso est un produit brassé, il lui faut du temps pour développer toute ses valeurs gustatives et microbiologiques, le transfert se fera donc en « douceur ». Il faut voir avant tout le bâtiment et l’outil industriel non pas comme un simple ensemble industriel, mais des pièces avec une « âme », une atmosphère à recréer avec l’aide de notre Maître Brasseur et l’erreur n’est pas autorisée. Il faut de long mois d’affinage (minimum 6 mois) et nous ne pouvons pas prendre de risque. »