La Vie Économique : Quel bilan tirez-vous de l’année 2025 ?
Bastien Mancini : Très bon avec un chiffre d’affaires autour de 50 millions d’euros contre 30 millions l’an passé. On améliore la rentabilité, ce qui nous permet de développer de produits nouveaux sur fonds propres. C’est le cas du DT61, un drone de 100 kg qu’on a présenté au Bourget en juin. On a gagné des marchés à l’international mais on travaille aussi avec la direction générale de l’armement (DGA) sur des missions téléopérées sur le modèle de ce qu’on fait en Ukraine.
LVE : Quelle est votre marge de progression ?
B. M. : Le marché des drones est en forte croissance partout dans le monde. Des études le chiffrent entre 20 et 70 milliards de dollars. Les gros acteurs sont américains, chinois et israéliens et font entre 500 millions et 5 milliards de chiffre d’affaires. Au niveau européen, on est trois avec Quantum Systems et Tekever. Il y a une place pour faire émerger un leader en Europe avec un chiffre d’affaires idéal autour de 300 à 500 millions d’euros.
LVE : Comment on passe de 50 millions à 300 ? Grâce à des levées de fonds ?
B. M. : Cela se fait par étapes mais on pense pouvoir le faire d’ici 2030. Lever des fonds est une option mais plutôt pour de la croissance externe qui nécessiterait beaucoup d’argent. Notre but, c’est avant tout une croissance solide et pas uniquement en remportant un seul gros contrat. Je ne veux pas dépendre que des marchés de défense et je ne veux pas non plus qu’on soit mono-produit car demain, si un concurrent arrive avec un produit meilleur ou moins cher, vous disparaissez. Toutefois, il ne faut pas trop se disperser non plus. Les secteurs de la défense et de l’industrie sont nos deux domaines privilégiés. Aujourd’hui, 80 % de notre activité concerne la défen…