Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

Distillerie La Salamandre : reprise au féminin

La troisième génération vient de prendre la tête de la distillerie de Sarlat, La Salamandre. À sa direction, deux cousines : Aude Gatinel et Julie Fourcade. Et elles démarrent fort, avec sept médailles au dernier concours général du Salon de l’agriculture 2026.

Distillerie La Salamandre, Julie Fourcade, Aude Gatinel

© Loïc Mazalrey - La Vie Économique

L’odeur caractéristique des fruits, alcoolisés et vieillis en fûts de chêne emplit les narines avant même de pénétrer dans les chais. Pour Aude Gatinel et Julie Fourcade, cette senteur, c’est celle de leur enfance, passée dans la distillerie familiale, à Temniac, sur les hauteurs de Sarlat. Des petites filles qui aidaient leur grand-mère à veiller au grain, qui observaient leurs parents à la confection des recettes, lors des visites… Elles sont, depuis mars 2026, les copropriétaires de l’entreprise. Un rachat, avorté en 2024 avait fait prendre conscience à Aude Gatinel et Julie Fourcade de leur envie de travailler ensemble, certes, mais surtout de faire perdurer le patrimoine familial. Celui-ci est né dans les années 1970, lorsque Raymond Gatinel a sédentarisé son activité de bouilleur de cru, et fait sa célébrité avec son eau-de-vie de prune.

Une centaine de références

Aujourd’hui, elles sont à la tête d’une distillerie produisant plus de 100 000 bouteilles par an, dont du travail à façon. Avec quatre gammes : eaux-de-vie, liqueurs, apéritifs à base de vin, et fruits à la liqueur, déclinées en différents conditionnements et goûts, portant la production à plus d’une centaine de références. La renommée de La Salamandre s’est avant tout construite sur son eau-de-vie à la prune d’ente. Les touristes, eux, raffolent du Gatinoix, un vin de noix, et les plus connaisseurs, de leur whisky.

Car pour répondre à la demande de sa clientèle, La Salamandre commercialise du whisky depuis l’après-Covid. « Nous proposons ce produit, que nous affinons dans des barriques de vieille prune », indique Aude Gatinel. Galvanisées par l’inspiration, les deux cousines testent un affinage dans des barriques de liqueur de noix. « Nous sommes dans une région productrice, et personne ne le fait, ça fait sens. » Le lancement est prévu pour ce printemps.

Un gin à créer

Dans la foulée, Aude Gatinel et Julie Fourcade désirent produire du gin. Mais, la tête sur les épaules, les deux cogérantes n’ont pas que la création à la bouche. « L’entreprise fonctionne bien sans se développer, avec un chiffre d’affaires stable d’environ un million d’euros. Ce que nous cherchons, c’est à rester dans l’air du temps, et proposer des produits demandés par la clientèle, tout en conservant nos historiques », souligne Aude Gatinel. La majorité des ventes sont réalisées en France : à la distillerie ou dans la boutique qu’elle partage avec un conserveur de Beynac, dans le centre-ville de Sarlat. Mais, l’entreprise propose également de la vente en ligne, et travaille avec des caves, des restaurants, et la grande distribution. 5 % de la production part à l’étranger : en Australie, leur principal client, puis en Belgique, en Allemagne, et en Corée du Sud, pour le whisky.

Distillerie La Salamandre, Julie Fourcade, Aude Gatinel

Julie Fourcade et Aude Gatinel, copropriétaires de La Salamandre. © Loïc Mazalrey – La Vie Économique

7 médailles

Avec sa spécialisation en marketing des vins et spiritueux, Aude Gatinel a la charge de la partie commerciale, tandis que Julie Fourcade s’occupe de la production, qu’elle apprend encore avec Jacques Gatinel, son oncle, le père d’Aude et fils de Raymond. « C’est un véritable savoir-faire, et une connaissance de ce qui se mélange. Et prendre la suite de sept médailles, ce n’est pas anodin », sourit Julie Fourcade. Et pour cause : dès leur arrivée à la tête de la distillerie, les cousines ont décidé d’inscrire dix produits à concours général du Salon international de l’agriculture. Un succès puisque sept ont été médaillés. Quatre médailles d’or ont été décernées au whisky à la prune, à l’eau-de-vie de prune du Périgord, l’eau-de-vie de poire Williams et le Gatinoix ; et l’argent à l’eau-de-vie de prune d’ente, à la crème de rose et à la liqueur de verveine. Il ne manque plus que les étiquettes pour les afficher fièrement sur les bouteilles.

La distillerie produit plus de 100 000 bouteilles par an