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Dordogne : Duo de tête pour la relance

Le président du Département et le préfet de la Dordogne ont signé l’accord de relance entre l’État et le Conseil départemental qui lie leurs efforts pour soutenir la reprise économique et l’emploi.

Dordogne

Germinal Peiro et Frédéric Perissat © D. R.

Germinal Peiro, président du Conseil départemental de la Dordogne et le préfet Frédéric Périssat ont ainsi signé le 24 février l’accord sur la relance dans le département. Cet accord s’inscrit dans la continuité du plan de relance national de 100 milliards d’euros qui s’articule autour de la transition écologique, la compétitivité, la cohésion sociale et territoriale. La déclinaison départementale porte sur 13 articles en lien avec ces trois thématiques. Les deux parties s’engagent à mener rapidement des projets de nature à démultiplier l’effet de levier des financements publics. L’État s’engage ainsi à cofinancer des projets majeurs portés par le Département.

Cette alliance consacre l’ambition commune d’apporter une réponse efficace aux conséquences d’une crise marquée par une baisse de 8,3 % du PIB l’an passé, certes atténuée par les dispositifs de soutien à l’activité économique. Ils ont été largement sollicités par les entre- prises locales : 476 millions d’euros de prêts de trésorerie garantis par l’État, 91 millions d’euros versés au titre du fonds de solidarité, et 87 millions d’euros versés au titre de l’activité partielle.

5 millions d’euros seront mobilisés pour soutenir la rénovation thermique

France Relance produit des effets concrets en Dordogne puisque près de 70 millions d’euros de financements ont déjà été accordés à des entreprises, des collectivités ou des particuliers au titre des trois volets du plan.

Soutien direct et indirect

Le Conseil départemental va générer 350 millions d’euros de travaux dans les deux prochaines années en maîtrise d’ouvrage propre, au titre des outils départementaux ou d’effet levier par ses subventions. En investissements directs, routes et bâtiments, cela représente 100 millions d’euros avec des chantiers comme le gymnase du collège du Bugue, la déviation de Saint-Aulaye ou encore la reconstruction du Laboratoire départemental d’analyse à Coulounieix-Chamiers. À travers le Syndicat Mixte Périgord Numérique, le déploiement de la fibre mobilise 100 millions d’euros et à travers Périgord Habitat, la réhabilitation du parc de logements existants et les constructions neuves représentent 78 millions d’euros. Enfin, le Département continue de soutenir les projets des communes et des intercommunalités à hauteur de 15,4 millions d’euros supplémentaires pour des opérations prêtes à démarrer, générant près de 75 millions d’euros de travaux en soutien au secteur du BTP et de ses milliers d’emplois associés, très touchés par le premier confinement.

Des circuits courts à la fibre

L’accord signé souligne la mise en œuvre collective de France Relance pour multiplier l’effet levier des financements publics sur le territoire. Ainsi, en matière d’écologie, 5 millions d’euros seront mobilisés pour soutenir l’investissement en rénovation thermique en 2021 et 2022, dont près de 4 millions d’euros dès cette année dans le cadre de la dotation de soutien à l’investisse- ment départemental.

En matière de compétitivité, l’État apportera un soutien financier aux opérations menées par les collectivités pour la réalisation de projets alimentaires territoriaux et le développement des circuits courts, via la dotation de soutien à l’investissement local ou la dotation d’équipement pour les territoires ruraux.

Enfin, sur le volet de la cohésion, l’État apportera un financement de 45 millions d’euros pour la seconde phase du déploiement du très haut débit en Dordogne, dans l’objectif d’un rattachement total à la fibre dès 2025.

Mission prévention du surendettement

Le Premier ministre a confié au député Philippe Chassaing une mission sur l’évolution des dispositifs pour lutter contre le surendettement. Cette mission temporaire sur le micro-crédit et la prévention des accidents financiers des ménages fait suite au rapport sur l’inclusion bancaire que le député a présenté en juin 2019, qui a abouti au décret de novembre dernier pour plafonner les frais bancaires (LVE n° 2426). La crise exceptionnelle du Covid a des répercussions économiques et sociales profondes : cette mission a vocation à fixer une stratégie pour amortir le choc par des mesures adaptées. Deux aspects de lutte contre le risque d’exclusion financière sont privilégiés : les évolutions nécessaires au dispositif du micro-crédit, qui finance et accompagne la construction d’un projet professionnel de personnes en situation de fragilité, échappant au crédit bancaire classique ; les moyens envisageables pour éviter à de nombreux* Français des situations dramatiques de surendettement qui les éloigneraient de la bancarisation. Le député en mission auprès du ministre de l’Économie et des Finances, identifiera les perspectives d’évolution du cadre applicable en matière de micro-crédit (expérimentations adaptées aux besoins des publics cibles, observation des dispositifs existants en matière de prévention du surendettement…) Ses propositions d’amélioration des dispositifs, dans l’objectif d’une identification précoce des personnes en risque de surendettement, sont aussi attendues dans le rapport qu’il remettra au plus tard le 31 juillet, qui tiendra compte des particularités territoriales et des effets de la crise Covid.