Il est des secteurs où l’on n’attend pas forcément l’innovation. D’aucuns penseraient ainsi que le funéraire en fait partie. Et pourtant : Muriel Eberard donne une nouvelle dimension à l’accompagnement des familles endeuillées. À 42 ans, la dirigeante des Pompes funèbres Eberard, entreprise familiale fondée il y a plus de 70 ans à Pardies, vient de créer Funébox, qui propose depuis avril une gamme de six coffrets nommés « L’Écrin d’un geste » aux professionnels du secteur. À l’intérieur : des objets simples mais « chargés de sens » (galets à personnaliser, bougies, cœurs en bois à personnaliser, origamis…) destinés aux proches qui désireraient une cérémonie plus incarnée. Et qui peuvent les aider, aussi, à avancer dans leur travail de deuil.
Des fournisseurs français
Une idée née aux Journées nationales de Funéplus 2025, groupement de 420 indépendants du funéraire auquel appartient la société béarnaise, qui a notamment été l’occasion d’aborder la manière dont les pompes funèbres peuvent « faire bouger les lignes en innovant ». « J’ai pris la parole sur la manière dont je personnalisais les cérémonies, avec des galets peints notamment, et ça a beaucoup plu. Je me suis dit que je pouvais aller plus loin », resitue Muriel Eberard.
Chaque coffret a été pensé par l’entrepreneuse selon les circonstances ou les sensibilités de chacun, avec ce point commun : tous les éléments, de la boîte à son contenu, sont fabriqués en France, en majorité dans le grand Sud-Ouest. Les galets sont fournis par Maffre dans le Tarn, les cœurs en bois par Canopée en Dordogne ou encore les pétales par Arche Diffusion en Haute-Garonne… : Muriel Eberard n’a pas cédé aux sirènes de la fabrication hors de nos frontières, privilégiant dit-elle « la force d’un réseau ».
« Les familles veulent être actrices »
Derrière le concept de Funébox, on devine par ailleurs une vision du métier ancrée, que résume l’entrepreneuse : « Si nous rendons hommage au défunt, nous sommes avant tout présents pour accompagner les vivants ». Et, aussi, une trajectoire singulière, celle d’une cheffe d’entreprise qui cherche sans cesse de nouvelles façons de remettre de l’humain au cœur d’une profession souvent réduite à son aspect technique.
Selon la dirigeante, cette aventure entrepreneuriale parallèle ne relève en effet pas d’une stratégie de diversification opportuniste mais davantage de l’envie de créer une proposition inédite. « Les coffrets sont nés de ce que nous faisons déjà au quotidien, souligne-t-elle. Aujourd’hui, les familles veulent être actrices et ont besoin de participer. Ces coffrets, c’est une autre façon de mettre à leur disposition des outils qui les aident à traverser ce qu’elles vivent. » Une approche qui s’impose dès son arrivée au sein de l’entreprise familiale, dont elle a pris les rênes à 32 ans seulement.

© Cyril Garrabos – La Vie Economique
Du marketing au funéraire
Diplômée d’école de commerce et spécialisée en communication et marketing, elle entame sa carrière dans l’animation économique et le développement du commerce sur le bassin d’Orthez. Lorsque la question de la succession se pose chez les Eberard, elle accepte de rejoindre la structure pour une période d’essai qu’elle juge nécessaire avant de prendre sa décision. « Je me demandais surtout si j’allais supporter la charge émotionnelle, se remémore-t-elle. Rapidement, c’est devenu une évidence, un coup de cœur. »
Aujourd’hui, plus de dix ans après ses débuts, Muriel Eberard affirme « continuer à faire bien ce que l’on fait là où on le fait ». Dans cette logique, l’entreprise a évolué sans changer d’échelle. Elle emploie actuellement huit salariés permanents et s’appuie sur 15 porteurs en CDI intermittent. Les Pompes funèbres et marbrerie Eberard tiennent à leur indépendance qui constitue, selon leur dirigeante, un atout essentiel : « Nous avons des enjeux économiques, bien sûr, mais nous n’avons pas la même pression commerciale que certaines enseignes. Et nous avons cette force, qui est notre notoriété, associée à ce nom que je porte toujours, et avec fierté. »
« Notre notoriété, associée à notre nom, est notre force »