Couverture du journal du 22/09/2021 Consulter le journal

Emplois : Les décalages offre-demande

La Maison de l’emploi vient de faire un point d’étape sur le marché de l’emploi sur le territoire du Grand Périgueux. Une nouvelle occasion de pointer un décalage entre l’offre et la recherche d’emploi.

Emploi

Photo de Vojtech Okenka provenant de Pexels

Fin décembre 2020, selon Pôle emploi, le taux de chômage dans le Grand Périgueux s’élevait à 8,4 %, soit 8 770 demandeurs d’emploi en catégories A, B et C, c’est-à-dire sans aucun travail ou avec une activité réduite. Les intentions de recrutement des entreprises s’élevaient à 3 900 personnes environ l’an passé, les besoins en main d’œuvre émanant surtout de trois secteurs : bâtiment et travaux publics, services d’aide à la personne, industrie.

Pourquoi les demandeurs d’emploi ne se saisissent-ils pas de ces postes ouverts ?

Les métiers proposés ne correspondent pas à ceux qu’ils recherchent, deux visuels en miroir suffisent (voir PJ) à mesurer une mission de rapprochement compliquée pour Pôle emploi… D’autant que les intentions d’embauche ne sont pas identiques aux offres déposées, la structure publique n’enregistrant que 25 à 30 % des offres, le reste passant par les annonces sur les réseaux sociaux, les candidatures spontanées et le bouche à oreille.

L’effort de rapprochement porte sur la mise en valeur de certains métiers peu attractifs

Comme partout en France, c’est un même constat d’éparpillement des supports pour communiquer les offres, une inadéquation entre aspirations et profils des demandeurs d’emploi et attentes des entreprises, qui relèvent du savoir-être autant que du savoir-faire.

Alors que faire, une fois établie cette analyse ? L’effort de rapprochement porte sur la mise en valeur de certains métiers ou certains secteurs d’activités peu attractifs afin de susciter des réorientations professionnelles ; la mise en place de formations pour permettre ces mutations, d’autant que l’État et la Région ont investi massivement et que de nombreuses sessions sont accessibles ; l’accompagnement de certains demandeurs pour résoudre des problèmes de frein de mobilité, garde d’enfants, problèmes de santé, maîtrise de la langue…

Focus sur le secteur des transports

Parmi les secteurs qui recrutent et manquent de candidat, celui du transport et de la logistique affiche de fortes perspectives d’emploi d’ici 2030 avec 2 millions de recrutements prévus au niveau national. Aftral, qui dispose d’un établissement à Sanilhac, s’est imposé dans la formation transport-logistique en Europe et s’efforce d’anticiper ce besoin de main d’œuvre. Créée il y a 60 ans par et pour les professionnels, cette structure nationale de formation, initiale et continue, œuvre auprès de 24 grandes organisations. Centre de formation et CFA, elle assure la recherche de candidats, l’accompagnement, le diagnostic et la réalisation de plans des formations qu’elle dispense avec des équipements variés (salle multimédia, salle matières dangereuses, pistes de conduites, cinq poids lourds, casques de réalité virtuelle…). Cédric Chaudières, directeur du centre périgourdin et de celui de Brive, et Brigitte Teillet, chargée de recrutement, observent que le secteur a globalement bien résisté à la crise. Leur croissance est toujours de l’ordre de 6 % par an.

« La messagerie, avec le développement d’e-commerce, a connu une explosion de son activité. À l’inverse, des entreprises assurant les livraisons pour la restauration et les débits de boissons ont subi la crise de plein fouet. Mais la demande de formation reste importante, le secteur continue à recruter. »

Ils recherchent toujours des candidats pour des métiers du transport et de la logistique qui offrent des opportunités de carrière et des perspectives d’évolution intéressantes. « Avec la crise Covid, les gens ont aussi pris conscience de l’importance de tous ces métiers : sans tous les maillons de la chaîne, pas de marchandises et des pénuries. » À noter que le secteur compte de plus en plus de femmes sur tous types de postes, de la préparation de commandes à la conduite super poids lourds. Les qualités requises pour ces métiers sont un savant dosage de rigueur, d’autonomie, d’organisation. En logistique, s’ajoutent le travail en équipe et le relationnel. Pour la conduite, plutôt la solitude et la gestion des délais.