Tel un palais qui s’affaire pour honorer le retour de son monarque, Tarbes s’apprête à accueillir une nouvelle fois son somptueux symbole. Devenir la terre de la création équestre n’était, pour la ville du cheval, qu’une histoire de galop suspendu et de lumières : Equestria lui a offert les deux… Et bien plus. Festival à la renommée internationale où les plus grands artistes et les débutants, les poètes et les techniciens ont habillé les nuits d’applaudissements, son audace et sa qualité en ont fait une référence. Sa longévité est elle aussi exceptionnelle et l’édition 2026 est celle des 30 ans. Autant d’années qui assurent l’excellence de l’expérience mais ne cèdent rien de la passion des débuts, l’anniversaire le prouve avec, en cadeau, un festival d’émotions.
Six jours de fête au Haras et en ville
Pour marquer l’événement, les compagnies phares reviennent fouler la piste du Haras. Sous ses arbres désormais centenaires et ses bâtiments napoléoniens, c’est tout un univers qui va prendre vie. Dressage, voltige, monte sans bride, travail en liberté, acrobatie, poste hongroise, cosaque… Des termes qui ne disent qu’une chose : le spectacle sera partout. Pendant une semaine, les troupes venues de toute la France vont se succéder à travers des créations et des démonstrations, spectaculaires ou délicates, chacune misera sur sa recette. Composée comme une vitrine des talents équestres qui mêle connaisseurs et amateurs, Equestria est d’abord une fête. Si elle déborde sur le centre-ville de Tarbes avec des parades et sorties de chevaux, elle sera, cette année, celle des surprises.

Une grande fête dans un haras napoléonien qui vit jour et nuit. © Communication Mairie de Tarbes
Un temps fort du tourisme et de l’économie
Cette parenthèse enchantée n’en est pas moins une redoutable machine de guerre : près de 47 000 personnes sont attendues à Tarbes pendant la semaine, dont 10 000 pour les représentations. Une attractivité fabuleuse qui booste le chiffre d’affaires estival des professionnels de l’hébergement, de la restauration et l’ensemble du commerce local. Temps fort du tourisme, il est, avec « Tarbes en Tango », une signature de la ville qui a su miser sur l’audace pour contrer l’inertie économique de juillet et août. Les entreprises du territoire ne s’y trompent pas et elles sont très nombreuses à apporter leur soutien à l’événement. Une dynamique collective à laquelle s’ajoute celle des bénévoles qui sont une soixantaine à œuvrer. Des petites mains efficaces et des sourires lumineux, souvent précédés d’un hennissement, car avec 150 chevaux à chouchouter, la logistique est elle aussi hors normes. Mais cette année encore, les rouages n’auront aucune importance dans la magie qui va, encore une fois, faire battre le cœur de la ville au galop.
Trois grands spectacles
Cœur d’Equestria, pour les grands spectacles, c’est la Compagnie Jehol qui ouvre le bal avec une danse où homme et cheval ne font qu’un. Un moment époustouflant teinté de voltige et de réflexions sur fond d’ombres et de lumières… Le couple star et précurseur de l’art équestre, Magali Delgado et Frédéric Pignon, fera son grand retour et offrira un voyage émotionnel porté par la grâce. Sueño devrait distiller une magie inoubliable avec 15 chevaux en piste. Enfin, Don Quichotte, folie équestre, de la compagnie Diego’N Co signera le troisième rendez-vous sous le chapiteau, un voyage extravagant et rocambolesque dans l’Espagne du XVIIe siècle. Prouesses équestres et rires seront là, on le sait, ce sont les marques de la compagnie auvergnate. Programmés à 17 h 30, 20 heures et 21 h 40, ces artistes illustrent ce qui se fait de mieux dans leur domaine.