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Le débat sur le financement de la LGV Bordeaux – Toulouse fait rage

Les collectivités publiques ont rappelé l’importance d’un financement 100 % public afin d’éviter une facture qui augmenterait nécessairement selon elles dans le cas d’un partenariat public-privé.

LGV Bordeaux-Toulouse

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Alors que les travaux ont débuté au nord de Toulouse pour les aménagements qui serviront de base à la future LGV entre Bordeaux et la Ville rose, c’est le financement de cette ligne qui fait débat désormais. Estimé à 14 milliards d’euros et financé à 40 % par l’État, 40 % par les collectivités et 20 % par l’Union européenne, ce chantier pourrait-il voir son mode de financement changer aujourd’hui ? L’ancien ministre des Transports, Dominique Bussereau, plaide pour la création d’un partenariat public-privé plutôt qu’un financement 100 % public.

Une solution qui irrite les collectivités locales qui participent au projet et voient le risque d’une facture qui dérape. La Société du Grand Projet ferroviaire Sud-Ouest (SGPSO) a fait des propositions au conseil d’orientation des infrastructures en se basant sur des analyses financières indépendantes. Selon le SGPSO, un partenariat public-privé ferait exploser le budget de 7,3 milliards d’euros. « Opposer à ce chantier structurant l’argument des contraintes budgétaires pour justifier un partenariat public-privé (PPP) est un non-sens » résume la présidente de Région Occitanie, Carole Delga, qui ajoute qu’un PPP retarderait la livraison de la LGV de plusieurs années.

Lisser l’investissement sur 40 ans

Ainsi, pour faire passer la pilule aux finances de l’État, la SGPSO suggère de lisser l’investissement sur 40 ans, soit un investissement de 166 millions d’euros par an. « Nous attendons désormais que l’État tienne sa parole et respecte les choix actés collectivement et de longue date. Reculer sur ce projet serait une faute politique et climatique majeure », conclut Carole Delga, soutenue par le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, la présidente de Bordeaux Métropole, Christine Bost ou encore les présidents des départements de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, et des Landes, Xavier Fortinon.