La Vie Économique : Comment voyez-vous la situation économique en Dordogne ?
Benoît Bobis : En Dordogne, la géographie joue un rôle clé. Département de passage, bordé par sept autres, elle subit les évolutions économiques avec un certain décalage, ce qui contribue à une économie globalement stable. Certaines entreprises traversent des difficultés, mais tout n’est pas sombre pour autant. Le secteur des transports par exemple a de belles perspectives. À l’inverse, le bâtiment souffre davantage avec une baisse des marchés publics et de la demande globale. Cela dit, les artisans positionnés sur le marché d’art, de la rénovation, ou du patrimoine sont assez sollicités. On observe aussi que les entreprises familiales sont assez solides. C’est une caractéristique forte et structurante de l’économie locale en Dordogne.
LVE : Quelles mesures fortes attendriez-vous du gouvernement ?
B. B. : Je défends une mesure simple et de bon sens : lorsque les entreprises réalisent des bénéfices et choisissent de les conserver pour les réinvestir, autrement dit de les capitaliser, ces sommes devraient être en franchise d’impôt et comptabilisées dans une réserve spéciale. De l’autre côté, l’imposition interviendrait au moment de la distribution de ces bénéfices sous forme de dividendes. Depuis 2024, et notamment depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, une forte instabilité législative et réglementaire s’est installée. Cela rend l’accompagnement et le conseil aux entreprises plus complexes, tout comme la prise de décisions stratégiques pour les dirigeants.
Cécile Bobis-Couderc : Ce qui pèse aujourd’hui fortement, c’est aussi la hausse de la fiscalité locale, dont une accélération très nette de la CFE. Dans certaines communautés de communes en Dordogne, les montants peuvent être multipliés par 10 pour certaines entreprises. À mon sens, cela prendra une importance déterminante dans les années à venir, alors même que le sujet reste largement absent du débat public.
L’instabilité législative rend l’accompagnement des entreprises plus complexes
LVE : Comment abordez-vous le passage à la facturation électronique qui interviendra au 1er septembre 2026 ?
B. B. : Le défi va être de préserver l’indépendance des cabinets d’expertise-comptable, et donc celle des confrères. Avec la facturation électronique, l’expert…