Jamais le Lien n’aura mieux porté son nom que ce mardi 21 avril. Dans le cadre de la journée internationale de la créativité et de l‘innovation, le tiers-lieu d’Ibos a accueilli les acteurs économiques du département mais aussi les centres de recherches technologiques et les réseaux d’accompagnement d’entreprises. Tous ont pu découvrir à travers cinq porteurs de projets le dynamisme des Hautes-Pyrénées sur des secteurs méconnus et éclectiques. Avec une école d’ingénieurs et une université technologique de haut niveau, une French Tech Pyrénées Adour sur tous les fronts et des laboratoires de pointe, la terre du 65 est certes fertile mais surtout audacieuse.
Un facteur d’attractivité économique
Émeline Barrière, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Pyrénées et sous-préfète de l’arrondissement de Tarbes n’ont pas manqué de le souligner : « Cette dynamique de la création et de l’innovation est particulièrement active dans les Hautes-Pyrénées, elle constitue un remarquable facteur d’attractivité économique, clairement encore trop méconnu ». La journée a permis de mettre en lumière la collaboration qui existe entre les différents acteurs et donne la force aux futurs dirigeants de voir leurs idées devenir des réalités, qu’elles soient sociales, industrielles ou technologiques.
Le Lien entre les univers
Et côté innovation sociale, il suffisait de tourner les yeux pour en trouver une des plus pertinentes. Parce que le Lien est tout sauf un simple lieu d’accueil, lui aussi a signé une vraie évolution dans les sites de coworking. Marguerite Bech, sa nouvelle coordinatrice, en a présenté la vocation, basée sur les rencontres et les échanges : « Nous voulions faire se rencontrer des univers qui n’ont pas l’habitude de cohabiter. Ici, il y a des résidents, des associations et des commerces… Toutes ces personnes sur ce même lieu, ce n’est pas que du rapprochement géographique. Ça permet de faire naître des synergies, de la croissance et de l’innovation ».
Les forces de l’école ÊTRE
Impossible d’être plus près du thème de la journée et Fanny Maury, directrice de l’association Eco Habilis qui transmet des savoir-faire traditionnels et locaux autour de l’écoconstruction en a témoigné. Depuis 2022, l’association fait partie du réseau de l’école de la transition écologique ÊTRE et accompagne des jeunes de 16 à 25 ans en décrochage sur ce support mais aussi le maraîchage et la réparation de vélos : « Être installé au Lien était très cohérent tout comme cohabiter avec des entreprises et des coworkers que les jeunes n’auraient jamais rencontrés dans leur quotidien » a souligné Fanny Maury, les coudes posés sur le pupitre sorti de ses ateliers tout comme les tables de pique-nique de la cour. Un échange d’offres et de besoins qui marque le site devenu lui-même une adresse vivante. Autre univers mais même énergie créatrice, Thomas Lecompte a pris la suite pour présenter FLER, la fabrique à véhicules de mobilité légère installée à La Barthe-de-Neste.
FLER, la mobilité sans frein
De la conception à la fabrication de tous types de véhicules de deux à quatre roues, FLER regroupe le bureau d’études Antidotes Solutions, MILC, la manufacture de production et WeAreParts, la plateforme d’approvisionnement pour l’industrie de la mobilité légère. Une référence sur le territoire national qui s’est récemment fait remarquer en signant la réalisation des nouvelles petites voitures bleues qui aident aux déplacements des personnes malades au Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes : « Le préfet nous a mis en relation avec le Sanctuaire pour cette modernisation du parc, c’est un exemple clair de la collaboration locale » explique le dirigeant qui a mis en place la première holding éco-sociale où la gouvernance se fait sans vote mais au consentement.
Les résidus agricoles, de l’or pour chaudière
Une réussite dans laquelle les entrepreneurs de Bio Tannah espèrent se retrouver à travers le projet AgroWatt qui concerne l’innovation du « chaud durable » et la conception de chaudière dont les combustibles sont réalisés à partir de déchets agricoles. Travaillant en partenariat avec EquEau, une association dédiée à la qualité de l’eau qui elle-même est en partenariat avec le SMAEP de Tarbes Nord et les agriculteurs, Franck Miraux a présenté son concept qui est déjà en place à Tostat : « La chaudière fonctionne parfaitement, tout s’intègre à une économie locale et le modèle est duplicable partout où il y a des résidus agricoles ». Installé à Vic-en-Bigorre, Bio Tannah ambitionne un développement massif qui permettra l’embauche de 20 personnes et un chiffre d’affaires de 2,6 millions d’euros d’ici 2031.
Escalader sans polluer
Inscrit dans la même dynamique d’un esprit créatif qui s’appuie sur les ressources locales pour réaliser son innovation, le jeune ingénieur de l’ENIT, Cillian Lafori, est à l’origine de FUNGI : « J’ai voulu créer des prises d’escalade biosourcées, recyclables et biodégradables ». Passionné de grimpe, l’étudiant-entrepreneur a vite compris l’aberration environnementale que représentent les 25 000 prises pétrosourcées fabriquées tous les jours en Europe. Entouré et épaulé par le laboratoire de recherche pluridisciplinaire de l’UTTOP, le sous-traitant Vegeplast, BPI France ou encore BIC Crescendo, FUNGI a déjà protégé ses brevets et est en lien avec le principal distributeur français. Enfin, BIC Crescendo ne pouvait manquer ce rendez-vous, via François Laborde le business innovation centre de Tarbes a présenté ECOVANCE + le nouveau programme d’insertion transfrontalier auquel il participe avec l’Espagne et l’association locale Recup’Action. Une journée passionnante et riche qui a permis de mesurer une infime partie de la dynamique des Hautes-Pyrénées.

Les figures de l’innovation et de la créativité. ©HH-LVE