Il arrive avec cette discrétion que des années d’expérience dans l’accueil ont forgée. Ses yeux balaient le hall en un réflexe professionnel, s’attardant sur des détails dont ils sont les seuls à mesurer l’importance. Ces mêmes yeux qui s’éclairent soudain en voyant un fournisseur arriver avec des clémentines. Les deux hommes se tutoient et Patrick Vinuales pioche dans le cageot. Il salue en anglais des clients, en cette période hivernale, l’effervescence de Lourdes est en pause mais ils sont là, encore. Malgré le froid, quelque chose d’indéniablement chaleureux marque les salles du Grand Hôtel Gallia & Londres. Les meubles anciens, le bois exotique ou les œuvres rares composent un ensemble à l’élégance indéniable mais où on a envie de s’asseoir et de rester. Faire voyager quelqu’un est facile mais le faire sentir chez lui, à l’autre bout du pays ou même du monde est un exploit : les Vinuales en ont façonné une manière de travailler.
Des hôtels, des restaurants, des brasseries et des boutiques
Patrick et son frère Nicolas Vinuales poursuivent l’œuvre commencée dans les années soixante par leurs parents. Pendant une quinzaine d’années, Monique et Jean ont d’abord tenu un café avant de le vendre pour acheter l’hôtel de la Solitude, une activité qu’ils pensaient plus paisible, en 1981. Devenue une figure incontournable du commerce lourdais, la famille Vinuales dirige aujourd’hui un agrégat de sept établissements hôteliers, dont un à Toulouse, autant de restaurants, deux brasseries et des magasins. Une entreprise 100 % familiale, dont le chiffre d’affaires dépasse les 20 millions d’euros et où continue d’être associée la fondatrice qui gère les trois boutiques d’objets de souvenirs, de textile et de chaussures.
Lourdes, destination à part
À quelques mètres du sanctuaire Notre-Dame, périmètre exclusif des établissements, la première question qui vient à l’esprit coule de source : est-ce qu’être hôtelier à Lourdes c’est l’être comme n’importe où ailleurs ? L’idée fait sourire les cogérants : « Les pèlerins ont pris l’habitude de séjourner dans les hôtels en pension complète ; comme tous les hébergeurs, nous avons pris l’habitude de pouvoir à la fois les accueillir, les loger et les restaurer. C’est déjà une particularité », explique Nicolas Vinuales. Un système qui perdure à l’intérieur même des 4 et des 3 é…