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MetalBall : billes en tête

Chaque année, ce sont plus de 12 millions de billes spécialisées qui sortent de l’usine de MetalBall à Grisolles. Une activité en forte croissance portée par l’aéronautique, le spatial et le médical où leur utilisation est cruciale.

MetalBall

© Adrien Nowak - La Vie Economique

« L’univers est un jeu de billes » chantait Claude Nougaro en 1985. Un refrain que reprendrait bien Nicolas Centomo, le fondateur de la société MetalBall située à Grisolles, à la frontière entre la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Il suffit en effet de compter le nombre de billes produites chaque année par l’entreprise. 12 millions. À cela, il faut aussi rajouter les 700 millions de billes importées par MetalBall qu’elle contrôle et revend à ses clients. Cette activité de distribution – si elle est largement majoritaire en nombre – ne représente toutefois que 25 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. « On les retrouve surtout dans les cosmétiques. Cela coûterait trop cher de les fabriquer nous-mêmes », explique Nicolas Centomo.

Acier, céramique et plastique

Le cœur de métier de MetalBall, c’est la bille de précision pour l’aéronautique, le spatial ou le médical. « On les utilise dans les roulements à billes des avions ou bien dans les appareils à rayons X », précise le dirigeant qui arbore sur son bureau un échantillon de ses billes en acier, céramique et plastique. Si aujourd’hui, MetalBall affiche une forte croissance avec un exercice 2025 clôturé à 4,2 millions de chiffre d’affaires (+ 10 % par rapport à 2024), il s’en est pourtant fallu de peu que la production disparaisse totalement. À l’origine, l’activité appartenait à Saint-Gobain qui a délocalisé une partie de l’activité aux États-Unis. « C’est un de leur client qui a contacté mon ancien associé pour reprendre le flambeau en 2004 », explique Nicolas Centomo.

Agrandissement terminé

Ce client, c’est Ratier Figeac, fabricant d’hélices, aujourd’hui filiale de Collins Aerospace. « On est partis d’une feuille blanche avec 5 personnes, sur 300 m2² », se souvient le fondateur de l’entreprise qui vient d’achever un agrandissement de son bâtiment à 1 500 m². Un investissement de 1,1 million d’euros dont un quart a été financé par une subvention obtenue grâce au programme France 2030 dont MetalBall est lauréate. Mais le P.-D.G. pense déjà à la suite. « On se prépare à de nouveaux investissements en machines et pour agrandir le bâtiment sous 2 ans. » Une vision à long terme permise par les montées en cadence rapide de l’aéronautique.

Membre important de la supply chain aéronautique, MetalBall a une obligation de résultat qui se traduit par un suivi très minutieux des billes lors de leur fabrication. « On vérifie la taille au micromètre près, la rugosité, la sphéricité des billes. On doit également s’assurer de l’absence de faille en surface et même à l’intérieur afin d’éviter qu’elle ne se casse », détaille Nicolas Centomo. Des procédés qui sont certifiés Nadcap pour pouvoir pénétrer le marché aéronautique. Une nouvelle certification va d’ailleurs être demandée au 3e trimestre de l’année pour une ligne de traitement de surface des billes. « Si on l’obtient, on pourra fournir des billes triplement certifiées, ce qui est un gage de qualité pour nos clients. »

MetalBall, Nicolas Centomo

Nicolas Centomo, PDG de MetalBall © Adrien Nowak – La Vie Economique

Développer une nouvelle ligne céramique

Si dans l’aéronautique, c’est la bille en acier qui est majoritaire, l’entreprise envisage de développer une nouvelle ligne de bille céramique, de plus en plus présente dans le secteur. « Il n’y a pas de corrosion et elle est deux fois plus légère » liste le fondateur de l’entreprise qui aimerait développer cette nouvelle ligne dans les prochains mois.

La montée en cadence de l’aéronautique et du spatial n’est pas le seul relais de croissance de MetalBall. « Nous avons encore beaucoup de clients à gagner. Beaucoup se fournissent encore aux États-Unis mais vu le contexte actuel, une solution européenne comme la nôtre peut se révéler utile. » Sur ce marché de la bille spéciale, les seuls concurrents du Tarn-et-Garonnais sont outre-Atlantique. « C’est un peu chacun son marché » synthétise Nicolas Centomo. La France et l’Europe représentent en effet 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Un chiffre que le fondateur de l’entreprise aimerait voir bondir à 6 millions en 2030. « Mais on a encore des difficultés d’approvisionnement en matière première avec des prix très élevés et des délais qui vont jusqu’à plus d’un an. »

« On réfléchit à un nouvel agrandissement sous 2 ans »