Couverture du journal du 01/03/2026 Le nouveau magazine

Patriscope : le patrimoine au microscope

L’éditeur de logiciel toulousain Patriscope a lancé il y a un an sa solution pour gérer les actifs d’une entreprise. Source de gain de temps et d’argent, la plateforme attire ses premiers clients et compte proposer de nouveaux services grâce à l’IA.

Jérémy Joly, Mehdi Selma, Patriscope

Jérémy Joly et Mehdi Selma, cofondateurs de Patriscope © Maxime Fayolle - La Vie Economique

C’est sur un coin de table, autour d’un repas entre deux amis de fac, que Patriscope a vu le jour. D’un côté, Jérémy Joly, qui vient de quitter HSBC et sort d’un MBA dispensé par Toulouse Business School. De l’autre, Mehdi Selma, passé chez Altran et qui travaille chez l’éditeur de logiciels Matrix 42. « Je réfléchissais à monter un business et on s’est dit qu’il fallait allier nos expériences » explique Jérémy Joly. Ils s’orientent vers la gestion des actifs d’une entreprise. Un domaine que Mehdi Selma connaît bien. « L’idée c’est de recenser au même endroit tout ce que possède l’entreprise : les bâtiments, les voitures, les PC, les licences, les contrats… On évite l’éparpillement et on peut vérifier que tout est à jour. »

Matériel introuvable, licences inutiles

La solution représente un gain de temps pour les utilisateurs. Mehdi Selma raconte l’exemple d’une société de film 3D avec laquelle il a négocié. « Lorsqu’ils ont eu quelques difficultés financières, ils ont voulu savoir où économiser. Mais rien que pour l’inventaire de leur matériel, ça leur a pris 3 mois ! » Le gain est aussi financier. « Ils se sont rendus compte qu’ils avaient de nombreuses licences de logiciels inutiles. Au total, c’était 300 000 euros de perdus en trois ans. » Une fuite de trésorerie qui aurait pu être évitée. Patriscope ne veut pas se contenter d’être uniquement un gestionnaire d’actifs. Des services supplémentaires sont proposés par la plateforme. « Il est possible pour les salariés de signaler un incident, avec un PC ou une voiture par exemple. On développe aussi une partie gestion de projets et des contrats » développe Mehdi Selma. Des alertes peuvent être programmées pour prévenir les équipes concernées et toute action est traçable au sein de l’application. À noter que les données de Patriscope – qui peuvent être sensibles pour l’entreprise – sont hébergées en France.

Objectif : retour sur investissement

Lancé officiellement en octobre 2025, Patriscope a déjà réussi à convaincre plusieurs clients. Parmi eux, on trouve notamment la PME LRVision basée à Escalquens, l’ETI marseillaise Tempo One spécialisée dans le transport, un réseau de franchisés Carrefour City ou encore une mairie de Haute-Garonne. « On l’accompagne sur la gestion de son plan communal de sauvegarde, utile en cas de catastrophe naturelle. On le digitalise, le tient à jour et l’enrichit des retours d’expérience », détaille Jérémy Joly. Ces premiers clients permettent à Patriscope d’envisager un chiffre d’affaires à 120 000 euros cette année et de viser 700 000 euros d’ici trois ans. « Nos coûts seront plus stables et nous allons améliorer les services proposés. On table donc sur une croissance exponentielle », calculent les deux amis. Pour les utilisateurs, l’objectif est surtout d’obtenir un retour sur investissement le plus rapide possible. Le coût de la solution dépend du nombre de gestionnaires dont l’entreprise a besoin. « Il faut faire comprendre que la gestion des actifs n’est pas un luxe mais une nécessité », insiste Mehdi Selma.

L’avenir par l’IA

L’avenir de l’application va passer par l’implémentation de différentes IA. « De l’IA conversationnelle et de résolution afin de parler à Patriscope pour me guider vers des solutions connues à mon problème. Mais aussi de l’IA de création pour gérer des évènements d’entreprise par exemple. » Mais le plus gros morceau sera l’IA prédictive. « Prédire pour économiser » résume Mehdi Selma. « Si j’ai 50 PC d’une marque mais qu’elle n’est pas fiable, il faut qu’on me l’annonce pour que je puisse agir. » Faire en sorte que les données centralisées par l’application trouvent leur utilité sur le long terme. Pour développer ces projets, les deux associés ont demandé des subventions au Réseau Entreprendre et à Bpifrance via le fonds Créalia. Une alternante en communication et marketing est déjà entrée dans les effectifs et un développeur web à plein temps est espéré prochainement. Avant deux nouveaux recrutements prévus en 2027.

« La gestion des actifs est un gain de temps et d’argent »