Couverture du journal du 21/06/2024 Le nouveau magazine

Soum Cycles : des vélos pyrénéens sur-mesure

Installé dans les locaux du fabricant Milc à La Barthe-de-Neste, Rémi Couderc a créé sa propre marque de vélo en 2020. Depuis, il a développé trois gammes de VTT sur-mesure qui s’adaptent aux besoins de ses clients.

Rémi Couderc, le fondateur de Soum Cycles © Lilian Cazabet - La Vie Economique

Soum Cycles trace sa propre voie. Installée depuis un peu plus de 3 ans dans les locaux du fabricant Milc, un spécialiste des châssis tubulaires pour professionnels, l’entreprise créée par Rémi Couderc, 27 ans, se tourne, elle, vers la fabrication de cadres de vélos en acier pour les particuliers. Passé par l’ENIT à Tarbes, l’ingénieur de formation ne se voyait pas derrière un bureau toute la journée. « Si j’ai fait une école d’ingénieur, je ne voulais pas être figé. Ce sont des postes où il y a beaucoup de gestion alors que je souhaitais travailler en partie dans un atelier, avoir du manuel », explique le jeune chef d’entreprise. Après 3 ans d’alternance chez Milc à La Barthe-de-Neste, il saute le pas et crée sa propre marque de vélo, baptisée Soum comme les sommets arrondis du massif pyrénéen. Milc lui donne un coup de pouce en lui proposant de sous-louer ses locaux. « Cela me permettait de ne pas avoir d’investissement à réaliser. En général, en début de semaine, nous faisons une réunion de travail pour nous organiser sur les différents postes », ajoute Rémi Couderc. Soum Cycles propose à la vente des cadres de vélo et des vélos complets. « Je vends plutôt des cadres nus car en majorité mes clients préfèrent construire leurs propres vélos par pièces », continue-t-il.

Trois gammes

Amateur de vélo de descente, et donc de VTT, Rémi Couderc a voulu concevoir une marque à son image et dans l’air du temps. « J’ai créé Soum pour me détacher de l’industrie du vélo, quand j’en faisais, j’en changeais chaque année. L’idée est de faire le maximum de sur-mesure pour garder le vélo le plus longtemps possible », explique-t-il. Il fabrique d’abord le Soula, un cadre de vélo de montagne polyvalent, adapté aux longues randonnées comme aux chemins sinueux. « Le développement du Soula a été rapide et m’a pris environ 6 mois, en le faisant tester par mes proches », souligne Rémi Couderc. Il prend ensuite 1 an et demi pour créer le cadre Cami, entre gravel bike et vélo de voyage. « La plus récente gamme est l’Espade, un cadre d’enduro pour lequel je suis passé par trois prototypes. Après des tests terrains et des retours de clients, il est commercialisé depuis mars 2024 et j’ai effectué ma première livraison la semaine dernière », complète le jeune homme. « J’aiguille mes clients en fonction de leur pratique. Pour l’enduro ce sera un Espade, le Cami et le Soula sont plus proches du VTT de voyage. »

« J’ai créé Soum pour me détacher de l’industrie du vélo, l’idée est de garder le vélo le plus longtemps possible »

Un vélo sur-mesure

Dans les ateliers de Milc, Rémi Couderc reçoit des tubes en acier qu’il soude, assemble et adapte à la pratique de ses clients. Il mise sur l’acier, un matériau moins polluant que le carbone. « Nous pouvons parler de sur-mesure parce que j’adapte la géométrie du vélo à la morphologie et à la pratique du client. Le sur-mesure se fait aussi dans le choix des tubes, la matière, l’épaisseur et la forme », explique en détail le fondateur de Soum Cycles. Il ajoute ensuite, portes gourdes, porte-bagages, seule la peinture est réalisée en externe. Certains clients n’achètent que le cadre et d’autres le vélo complet. « Les clients qui ont entre 30 et 40 ans ont tendance à se les monter eux-mêmes tandis que les quinquagénaires et plus me demandent de leur monter », indique-t-il. Le montage est réalisé à la carte, Rémi Couderc propose des choix de pièces qui lui semblent cohérents mais le client peut sélectionner les marques qu’il préfère.

« Je vends plutôt des cadres nus car en majorité mes clients préfèrent construire leurs propres vélos par pièces »

Réseau de distribution

Depuis la création de Soum Cycles, Rémi Couderc a sorti une cinquantaine de cadres et espère en produire entre 30 et 40 chaque année. Il entend aussi réaliser des petites séries à mettre en avant dans des magasins spécialisés. « Je souhaite développer un réseau de magasins qui sont intéressés par la vente de vélos Made in France et qui pourraient devenir le point relais de Soum », explique-t-il. Si entre la gestion de sa clientèle, de la communication, de son site et de ses réseaux sociaux, le jeune créateur est bien occupé, il ne souhaite pas encore embaucher : « Je suis encore en phase de développement, mes gammes sont tout juste finies. Je privilégie l’activité quitte à avoir un peu de délais de fabrication ». En se positionnant sur le marché artisanal du VTT, le fondateur de Soum Cycles a misé sur un secteur encore en développement. « L’artisanat a fait son retour avec le voyage à vélo côté bagagerie notamment, et, maintenant nous allons vers le sportif. C’est un produit un peu exceptionnel », conclut-il.