On parle de marasme, de morosité pour décrire le contexte économique en Dordogne, et partout en France. Et les chiffres présentés par le tribunal de commerce de Périgueux lors de son audience de rentrée ne font que le confirmer : les nouvelles affaires sont passées de 126 en 2024 à 228 en 2025 (soit une augmentation de 80 %). Le nombre d’affaires traitées lui a doublé passant de 100 à 200.
Les procédures collectives quant à elles ont subi une augmentation de 30 % (passant de 185 à 239) et les liquidations judiciaires elles bondissent à 39 % (passant de 114 à 158). Des taux « en phase avec l’évolution nationale », tempère le procureur de la République Jacques-Édouard Andrault.
Sanctions commerciales
Ce dernier, à son arrivée en Dordogne en 2023 a par ailleurs, rappelle-t-il, souhaité « une politique de sanction commerciale agressive ». Ainsi, les jugements de sanctions à la suite d’analyse par des mandataires judiciaires sont passés de 2 en 2023 à 29 en 2025.
Le président du tribunal de commerce Hubert Baraër a quant à lui souligné que les jugements d’ouverture (redressement, sauvegarde, liquidation, rétablissement ou traitement de sortie de crise) sont en augmentation de 29 %. Plus précisément, les redressements judiciaires étaient en hausse de 17 % (passant de 54 à 63). Concernant les jugements d’ouverture, la restauration est le secteur le plus concerné, avec 28 ouvertures de déclaration de cessation de paiements (il y en avait eu 21 en 2024) ; le bâtiment ensuite avec un chiffre stable et 32 cessations de paiements. Le secteur du détail et de l’habillement est également en difficulté avec 10 fermetures de commerce contre 2 en 2024.

©Marie Lemaitre – La Vie Economique
Message aux experts-comptables
L’année 2025 a également été marquée par 1 011 immatriculations. Le tribunal de commerce a par ailleurs tenté de faire de la prévention auprès de 75 entreprises qui ont été convoquées pour non-dépôt de comptes. Seules 47 se sont présentées et parmi elles, seulement 50 % avaient un expert-comptable. Le président en a profité pour rappeler le rôle majeur des experts-comptables auprès des entreprises, sous le regard du vice-président de l’ordre en Nouvelle-Aquitaine, Benoît Bobis (dirigeant de Lempereur & Associés), présent à cette audience de rentrée.
Cette audience solennelle a aussi été l’occasion pour le président Hubert Baraër, de souligner que l’Intelligence Artificielle allait devenir un enjeu comme « aide à la décision, aide à l’accès à l’information, sans pour autant remplacer la conscience, l’indépendance, et la responsabilité du juge ». Lors de cette matinée, 5 juges ont été réélus pour 4 ans, et deux ont été élus pour 2 ans, et exercent leur premier mandat : Catherine Kerleroux et Pierre-Yves Bailly.