Couverture du journal du 01/07/2026 Le nouveau magazine

Watt & Boat : naviguer écolo

Depuis Saint-Chamant, Guillaume Soumaille, fondateur de Watt & Boat conçoit, produit, loue et vend des bateaux électriques et écoconçus. 2026 marque un tournant pour l’entreprise : 75 % des ventes ont été réalisées à l’international.

Guillaume Soumaille, Watt & Boat

Guillaume Soumaille, fondateur de Watt & Boat. © Ugo Broussot

Des bateaux en Corrèze ? Inattendu peut être, un succès sûrement. En effet, Guillaume Soumaille a créé Watt & Boat en 2022 à Saint-Chamant, au nord de la très touristique Argentat-sur-Dordogne connue pour ses emblématiques gabarres. Le concept ? Des bateaux pour adultes et enfants écoconçus et électriques. Moins polluants, moins bruyants, sans permis, ils séduisent les bases de loisirs, collectivités et centre nautiques (comme Center Parcs) qui constituent la principale clientèle de la SARL (les ventes en B2C représentent seulement 3 % du chiffre d’affaires).

En quelques années, grâce à la R&D et la reprise d’activité d’entreprises produisant des moules de coque, Watt & Boat a réussi à déployer un catalogue de neuf modèles, de toutes tailles et pour tout public : monocoque, bateau rond, catamaran, jet ski… Des embarcations coûtant, à l’achat de 7 000 à 30 000 euros. Si la majorité des produits sont vendus, l’entreprise exerce aussi une activité de location, notamment au camping Sunêlia à proximité du château du Gibanel.

Miser sur l’export

Fait inédit : en 2026, l’entreprise aura réalisé 75 % de ses ventes à l’étranger : Royaume-Uni, Italie, Venezuela, Albanie… D’autres sont partis direction le Moyen-Orient, après l’achat de jet skis par l’ambassadeur du Koweït en France. « Le marché ici, pour les professionnels comme les particuliers est morose. Il faut miser sur l’export pour tirer notre épingle du jeu », affirme Guillaume Soumaille, dirigeant de Watt & Boat. Pour cela, l’entreprise a remporté le Golden Ticket de la French Tech Limousin, aidant à l’internationalisation et est accompagnée par la CCI France International.

Autonomiser les embarcations

Outre l’export, le grand projet cette année est la recherche et développement du projet « Co boat », une pieuvre électrique en quelque sorte qui permettrait de rendre autonomes les bateaux. Cela, dans le but, notamment, de permettre aux clients de les suivre en temps réel. « Les loueurs ont besoin de ce type d’outil numérique pour interagir. » « Co boat » serait aussi l’occasion de conquérir de nouveaux marchés : « Ces outils pourront servir à la recherche scientifique, ou encore la télésurveillance ». Pour ce nouveau produit, Guillaume Soumaille travaille avec des motoristes et des spécialistes de l’IA. Un premier prototype doit bientôt être testé. L’intensification de l’activité a nécessité l’embauche d’un premier salarié cette année. Et, s’il aide à la fabrication, en saison, il est à Vichy, sur le lac d’Allier, où Watt & Boat a remporté un marché public. Elle y dispose d’un bateau servant pour des promenades audio guidées ou des événements privatifs.

Guillaume Soumaille, Watt & Boat

© Watt & Boat

Électrifier les gabarres

Cette année, l’entreprise a aussi obtenu une délégation de service public à Argentat-sur-Dordogne, en partenariat avec la communauté de communes Xaintrie Val’Dordogne pour réaliser des visites guidées avec un comédien et un pilote à bord des mythiques gabarres. Charge à Watt & Boat d’électrifier cette embarcation. Les bateaux de Guillaume Soumaille vont également partir direction Lyon, au parc de la Tête d’Or, « l’un des plus gros loueurs de France », qui a commandé auprès de l’entreprise toute une flotte de bateaux.

2026 est une réussite pour, Watt & Boat, alors que ce projet est né d’une passion et d’une ambition. « Lorsqu’on naviguait ensemble mon fils qui avait alors cinq ans me demandait pourquoi les bateaux faisaient du bruit, fumaient, polluaient, effrayaient les poissons. J’ai alors tenté de chercher une solution. » Désormais, cette activité ne cesse de croître, et cette année devrait être la meilleure depuis la création de l’entreprise, avec un chiffre d’affaires de 300 000 euros.

Le projet « Co boat », est une « pieuvre électrique » qui permettrait de rendre autonomes les bateaux