La Vie Economique : Quels sont les enjeux de 2026 selon vous ?
Anthony Bugeat : Nous entrons dans une « ère glaciaire » : les TPE et les PME sont en grande difficulté, c’est le cas même pour certaines ETI, mais il y a de la création. L’avenir est un rapprochement et une consolidation entre les entreprises, c’est le défi de 2026.
LVE : Quelle est votre ambition pour les adhérents en étant à la présidence du Medef ?
A. B. : Avec mon entreprise Axioma Biologicals, j’ai vécu l’entreprise entrepreneuriale pendant 13 ans, j’ai dû me débrouiller seul dans un domaine qui n’est pas mon secteur de prédilection. Et, j’ai eu une ambition régionale qui est devenue nationale. Je peux amener ma vision d’un homme qui a près de 15 ans d’entrepreneuriat.
LVE : Que souhaitez-vous apporter au Medef Limousin ?
A. B. : Pour ma prédécesseure, Dorothée Ferreira, l’enjeu était vraiment de fédérer les Medef départementaux, en un Medef régional. C’est la taille administrative et juridique minimum qu’il fallait pour mieux peser, tout en ayant des présidents délégués départementaux. De mon côté, dans le projet que j’ai présenté au conseil d’administration, je souhaitais construire mon mandat sur trois piliers : l’international, la transmission et la jeunesse.
L’international d’abord car c’est ce que je connais le mieux. Pour les entreprises, être dépendantes de l’économie régionale, voire nationale peut être un risque. L’international dilue le risque vis-à-vis des clients et des marchés. La transmission, ensuite, car les chefs d’entreprise sur nos territoires prennent de l’âge, et beaucoup seront à la retraite dans les dix prochaines années. Le problème, c’est que beaucoup sortent du bois trop tard, la reprise doit se préparer mieux. Et je pense que ces reprises peuvent être faites par des entreprises qui en reprennent d’autres : leur fournisseur, leur client… Enfin, la jeunesse, car ce public a une capacité d’adaptation et de création importante. Ils ont des ressources et nous devons arriver à leur parler, à leur transmettre.
LVE : Quelle est la carte d’identité économique du Limousin ?
A. B. : C’est un tissu de PME et TPE dans des domaines précis comme l’aéronautique ou la cosmétique mais aussi le bâtiment ou l’agroalimentaire. C’est un point fort économiquement, car ces marchés peuvent avoir une dynamique économique forte. Cependant, à l’heure actuelle, les entreprises sont inquiètes par rapport à leurs marchés et les conditions de paiement. Il y a une vraie colère contre les cotisations et les taxes qui s’alourdissent. Et, il y a un phénomène nouveau : des chefs d’entreprise arrêtent leur activité sans même passer par la vente, et redeviennent salariés, ou partent à l’étranger.
LVE : Quelles sont les particularités de la Corrèze ?
A. B. : La Corrèze est un territoire résilient, avec beaucoup d’entreprises familiales, ce qui est un bon rempart contre le chômage. C’est également beaucoup de TPE et de PME, où il y a donc un phénomène d’entraide, de solidarité et de loyauté.
LVE : Quels sont les enjeux pour un territoire comme la Corrèze ?
A. B. : J’aimerais amener ces entreprises à travailler plus à l’international. Il y a des entreprises qui peuvent être de vraies locomotives. Pour cela il faut communiquer ensemble. Nous devons également parvenir à garder les jeunes sur le territoire.
Les jeunes ont des ressources et nous devons arriver à leur transmettre
Un entrepreneur briviste pour président
Anthony Bugeat a créé Axioma Biologicals, entreprise de biosolutions destinées à l’agriculture, en 2012, à Brive-la-Gaillarde. Il est entré au conseil d’administration du Medef Limousin il y a trois ans et est adhérent au Medef International. Il est également conseiller au commerce extérieur depuis février 2025, mais également président de la commission des finances de la CCI Corrèze.
Le Medef Limousin en chiffres
3 départements
1 500 entreprises (48 % de moins de 10 salariés, 31 % de 10 à 50 salariés ; 16 % de 50 à 200 salariés ; 5 % de plus de 200 salariés)
1/3 de l’emploi salarié sur le territoire
13 branches professionnelles