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Frimake : Le « booster » d’amis

Avec près d’un million de téléchargements, l’application Frimake ambitionne de révolutionner la façon de se faire des amis. Née à Toulouse fin 2019, elle compte désormais s’étendre à l’international après avoir levé 10 millions d’euros l’an passé.

Alae El Hayyate, Frimake

Alae El Hayyate, fondateur de Frimake © Adrien Nowak - La Vie Economique

En 1936, l’Américain Dale Carnegie se posait une question qui allait devenir l’un des plus grands best-sellers mondiaux « Comment se faire des amis ? ». En 2019, Alae El Hayyate y a apporté sa réponse avec l’application Frimake. Tout est parti d’une banale conversation à la machine à café. « Une collègue qui venait d’arriver à Toulouse me disait qu’elle n’arrivait pas à rencontrer de nouvelles personnes. Je lui ai répondu qu’il y avait forcément une appli pour ça », se rappelle celui qui travaille alors pour KPMG. Mais sa recherche est vaine. « Tout ce qui existait, c’était pour du “ dating ” mais pas de l’amitié. Or ma collègue, elle, voulait juste aller danser ! »

Le jeune homme décide alors de se concentrer sur la création d’une application dédiée à la rencontre amicale. Le développement est long et dure cinq années pendant lesquelles il faut « serrer les dents » selon l’entrepreneur. En décembre 2019, Frimake fait son apparition sur les stores d’application mobile. « De suite, ça a bien pris avec 1 500 personnes le premier mois, puis 5 000 le second… »

Le Covid en nouvel ami

Les planètes semblent enfin s’aligner pour Alae El Hayyate. Mais en mars 2020, le confinement vient mettre un coup de frein à Frimake. « Ça fait cinq ans que je travaille sur une appli pour se faire des amis et on me dit “ ne vous rencontrez plus ”. Je me dis que la chance n’est pas avec moi. » Mais elle va finir par tourner. À chaque déconfinement, les chiffres explosent. « Le Covid a libéré la parole. Avant, on n’osait pas dire qu’on se sentait seul. Aujourd’hui, les gens veulent du lien social. » Six ans après son lancement, l’appli frôle le million de téléchargements.

Le succès s’explique notamment grâce à la simplicité. « Tu veux faire un padel, il y aura toujours quelqu’un de dispo. Et en plus tu vas rencontrer de nouvelles têtes ! », sourit le fondateur qui ne compte plus les nouveaux liens créés grâce à Frimake. « Certains ont fait du business ensemble, d’autres ont eu un coup de cœur et ont eu un enfant… Mais ma plus grande fierté, ce sont des gens qui me disent que Frimake leur a sauvé la vie. »

Double modèle économique

Si les personnes qui téléchargent l’appli peuvent l’utiliser gratuitement, des options payantes peuvent être débloquées entre 7 et 19 euros. Mais c’est surtout l’aspect B to B qui va booster les finances de Frimake. « Les bars, restaurants s’inscrivent et quand les gens veulent créer un événement, on les incite à aller dans ces endroits », résume Alae El Hayyate. En échange, Frimake récupère une commission. Un business « win-win » qui a aussi un impact certain sur l’économie locale. « Quand on connecte 1 000 personnes qui sortent et consomment une trentaine d’euros, c’est 300 000 euros d’injectés sur le territoire. Sans Frimake, ils seraient peut-être restés devant Netflix ! »

Alae El Hayyate, Frimake

© Adrien Nowak – La Vie Economique

Levée de fonds et déménagement

Le potentiel de la start-up a intéressé le fonds luxembourgeois Elifinity qui a permis une levée de fonds de 10 millions d’euros l’an passé, pilotée par le Genevois Rhône Finance. Cet argent va servir à renforcer l’infrastructure de l’application pour accueillir plus de membres. « En France, on a un potentiel de 5 à 6 millions de membres, et possiblement 500 millions à l’échelle mondiale », estime le fondateur qui veut désormais ouvrir les portes de Frimake aux 200 plus grandes villes étrangères. « On doit le faire dans de bonnes conditions, avec une appli correctement traduite, des équipes de modération, des référents locaux. »

La levée a aussi permis un déménagement au vert, dans une grande villa de Bérat à 35 minutes au sud de Toulouse. « Je voulais un environnement de travail épanouissant pour mes équipes », indique le créateur de Frimake. Avec 14 salariés aujourd’hui et une vingtaine d’ici la fin de l’année, l’application n’a pas fini de grandir. « D’autant plus qu’on vise une deuxième levée de fonds fin 2027. » Avec un montant qui pourrait frôler la centaine de millions d’euros cette fois-ci.

« Ma grande fierté, ce sont des gens qui me disent que Frimake leur a sauvé la vie »