Couverture du journal du 01/06/2026 Le nouveau magazine

Fibre Excellence : mobilisation générale contre le démantèlement

Le Tribunal de commerce doit se prononcer ce mercredi sur l’avenir du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence. Depuis Saint-Gaudens, la présidente de Région Carole Delga a alerté, entourée notamment des leaders syndicaux, sur une offre de reprise portée par SPB qui pourrait conduire au démantèlement de Fibre Excellence.

Fibre Excellence, le démantèlement

© Shutterstock

Réunis à Saint-Gaudens à l’occasion d’une conférence de presse commune le 12 juin, les syndicats, les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine et le Département de Haute-Garonne s’unissent pour défendre le projet de maintien de l’activité de Fibre Excellence. Alors que l’audience du Tribunal de commerce relative à l’avenir de l’entreprise de pâte à papier, qui détient notamment une usine à Saint-Gaudens, doit se tenir mercredi 17 juin, une lettre d’intention de reprise aurait été déposée par le groupe SPB (Société de participation de la Braye). « Nous n’avons pas accès à ce projet », déplore Sophie Binet. La secrétaire générale de la CGT rappelle toutefois que SPB « est un ferrailleur, associé à Paper Mill Industry : un grand papetier canadien. Paper Mill Industry peut avoir intérêt à tuer l’industrie papetière française qui est une concurrence à l’industrie canadienne ». Sophie Binet rappelle par ailleurs qui SPB a déjà repris « et démantelé » les papeteries de Condat.

Maintenir la production et garantir la souveraineté industrielle

Carole Delga, chef d’orchestre de la conférence de presse, attend du Tribunal de commerce qu’il ne tranche pas en faveur de l’offre de SPB mais qu’il prolonge la période d’observation afin que l’offre portée par les équipes de Fibre Excellence, soutenue par les collectivités, notamment les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine qui mettent 8 millions d’euros sur la table, puisse être améliorée.

Le projet déposé par le management actuel, construit avec les salariés de Fibre Excellence, prévoit un maintien de l’activité industrielle de fabrication de pâte à papier et une potentielle diversification de l’activité, vers la fabrication de papier d’hygiène. Problème : pour que cette offre soit recevable par le Tribunal de commerce, certaines conditions suspensives – liées notamment au rachat de l’électricité produite par Fibre Excellence, ou à la sécurisation de l’approvisionnement en bois – doivent être levées par le Gouvernement, qui fait pour l’heure preuve d’« inaction », dénonce Sébastien Vincini, président du Conseil Départemental de Haute-Garonne.

Pressé par l’annonce de la conférence de presse, Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie a adressé un courrier aux intéressés le 12 juin, ne levant toutefois pas toutes les conditions suspensives.

10 000 emplois menacés

Il appartiendra au tribunal de commerce de trancher mercredi prochain. Quelle que soit la réponse, Carole Delga prévient : « les usines de Fibre Excellence ne fermeront pas ! Ce sont les dernières usines qui fabriquent de la pâte à papier en France et nous ne renoncerons pas à notre souveraineté industrielle ».

Si Fibre Excellence emploie environ 700 personnes à Saint-Gaudens et Tarascon, la liquidation de l’entreprise aurait des effets bien plus importants sur l’emploi. « Toute la filière bois dépend de Fibre Excellence », affirme Carole Delga. Car Fibre Excellence est le plus gros acheteur de bois en France, indique la CGT. Selon la présidente de la Région Occitanie, la fermeture des usines menacerait 5 000 emplois dans l’année à suivre, 10 000 à moyen terme. « Les Région Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Normandie se mobilisent également, car leurs acteurs de la filière bois dépendent de l’activité de Fibre Excellence », précise la présidente.