Latecoere déploie ses ailes

C’est le sous-traitant aéronautique le plus connu au monde. Son nom rappelle les pionniers de l’aviation et de l’Aéropostale. Fondée en 1917 par Pierre-Georges Latécoère, l’entreprise toulousaine Latecoere est assurément l’héritière d’un passé glorieux mais doit aujourd'hui surtout faire face à de nombreux défis. Après avoir frôlé la catastrophe lors de la pandémie de Covid, le groupe, détenu depuis 2019 par le fonds d'investissement américain Searchlight Capital Partners, envisage désormais l’avenir plus sereinement grâce à une croissance enfin rentable et un plan clair appelé "Horizon 2028". Ce plan devrait permettre à Latecoere de renforcer sa compétitivité comme le détaille Yves Yemsi, directeur des opérations du groupe.

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Yves YEMSI, directeur des opérations du groupe Latecoere ©Louis PIQUEMIL - LA VIE ECONOMIQUE

La Vie Economique : Comment se déroule l’année 2026 pour Latecoere ?

Yves Yemsi : Il s’agit de la première année complète où on exécute notre plan Horizon 2028 qui doit nous permettre de renforcer notre compétitivité. On travaille à restaurer les fondamentaux : satisfaire nos clients en livrant en qualité et à l’heure. Les attentes des donneurs d’ordres n’étaient plus satisfaites. Aujourd’hui, il y a une montée en cadence forte dans l’aéronautique. On doit pouvoir suivre et être au rendez-vous de la qualité. Pour cela, il faut investir du temps et de l’argent. Les premiers signes sont encourageants. La production augmente, les retours clients sont positifs. On progresse mais on est loin d’être arrivés.

LVE : La perte de qualité est-elle une conséquence directe du Covid ?

Y. Y. : On a perdu beaucoup de savoir-faire lors de cette pandémie, que ce soit dans l’encadrement ou sur le terrain. La population dans nos usines a changé, la maturité aussi. La qualité, c’est de la prévention. Il faut que les processus soient sous contrôle. On se concentre depuis deux ans à éliminer les risques de non qualité. Chez nous mais aussi chez nos fournisseurs. C’est d’autant plus dur lorsqu’on monte en cadence et qu’on a besoin de main d’œuvre supplémentaire.

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© Latecoere – Arnaud Spani

LVE : Concrètement, comment se traduit l’amélioration de la qualité ?

Y. Y. : Le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, ndlr) a mis en place un label Aero Excellence pour toute la filière. C’est un référentiel commun de qualité. On a décidé de revoir tous nos processus pour les aligner sur Aero Excellence. Ce sont des investissements fondamentaux. On ambitionne d’avoir des sites référencés bronze dans les 12 prochains mois. Cela nous donne aussi une crédibilité face à nos fournisseurs. Si on fait ces efforts, en pleine montée en cadence et avec peu de latitude financière, alors on peut attendre la même chose d’eux.

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©Louis PIQUEMIL – LA VIE ECONOMIQUE

LVE : Quelles modifications menez-vous vis-à-vis de votre chaîne d’approvisionnement ?

Y. Y. : Nous mettons la qualité du travail au centre de tout. Nous les avons…

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