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Architecture : Scapa s’affirme

Installé à Bergerac et à Coulounieix-Chamiers, le cabinet d'architecture Scapa a été choisi pour construire, entre autres, le futur commissariat de police de Périgueux. Un projet estimé à 9 millions d’euros

Jacques LAPARRA et Thierry CAUTY fondateurs du cabinet Scapa

Jacques LAPARRA et Thierry CAUTY fondateurs du cabinet Scapa © Loïc Mazalrey - La Vie Economique

Cinq ans que le déménagement du commissariat de Périgueux dans les anciens locaux de l’Agglomération est annoncé. Cinq ans que le chantier n’a toujours pas commencé tant pour des raisons techniques (fouilles archéologiques) que juridiques (servitude, appel d’offres partiellement infructueux). « Cette fois, c’est la bonne. Les travaux doivent débuter en mars », assurent Jacques Laparra et Thierry Cauty, les deux associés du cabinet d’architecture Scapa auquel a été confiée la maîtrise d’œuvre du chantier du futur hôtel de police.

30 ans d’existence

Leur projet a été retenu parmi une dizaine d’autres, soutenus pour la plupart par de gros cabinets d’architecture bordelais et parisiens. Une fierté pour l’agence Scapa qui résiste comme elle peut face à une concurrence d’autant plus exacerbée que le nombre de marchés publics s’est considérablement rétréci. « Des cabinets composés d’une quinzaine de collaborateurs comme le nôtre, il n’y en a plus pour ainsi dire. Aujourd’hui, soit les gens travaillent seuls ou à deux, soit ils rejoignent des cabinets de grande taille composés a minima de 50 salariés », observent Jacques Laparra et Thierry Cauty, les deux fondateurs de l’agence Scapa qui a fêté en 2023 ses trente ans d’existence. Les deux professionnels n’avaient justement pas trente ans quand ils ont décidé de créer leur propre bureau d’architectes à Sainte-Foy-la-Grande, à la frontière de la Gironde et de la Dordogne. « C’était un tout petit bureau. On puisait dans nos économies pour payer le loyer », se souviennent les deux associés dont l’affaire a mis du temps à démarrer. « Les débuts ont été plus que poussifs », résument Thierry Cauty et Jacques Laparra, qui ont pu compter l’un sur l’autre dans les moments les plus critiques.

Scapa

© Loïc Mazalrey – La Vie Economiqu

Un bâtiment à Bergerac

À force de détermination, les deux amis ont inversé la vapeur. Ils se sont offerts en 2010 un bâtiment le long de la nouvelle rocade de Bergerac, à deux pas des grands axes de déplacement. Idéal pour aller chercher les projets de chantiers là où ils sont. « Nous étions très attachés à la région de Bergerac, mais l’histoire a voulu que nous travaillions davantage dans le nord de la Dordogne et les départements limitrophes comme la Haute-Vienne ou la Corrèze », indique Jacques Laparra. À Périgueux, Limoges ou Libourne, Scapa se forge la réputation d’un cabinet solide capable de proposer des niveaux de performance « énergie/carbone » record. « Nous mettons l’accent sur les moyens mis en œuvre pour limiter la consommation d’énergie, de la construction au recyclage du bâtiment ainsi que sur le soin apporté au choix des matériaux décarbonés, comme l’est notamment le bois », souligne Thierry Cauty.

Nous mettons l’accent sur les moyens mis en œuvre pour limiter la consommation d’énergie

Des projets à profusion

Le parti pris du cabinet pour l’architecture écologique fait écho aux changements de mentalité qui traversent la société française. Résultat, les projets affluent : construction de la Verrière du lycée Bertran-de-Born à Périgueux, aménagement de l’hôpital de Limoges, campus des métiers de la CCI à Boulazac, Ehpad de Tours, clinique à Libourne… Pour tenir la cadence, le cabinet va devoir recruter et pour cela, se montrer attractif. « C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de transférer notre siège dans la zone d’activités de Cré@Vallée, à Coulounieix-Chamiers, en y bâtissant une structure en adéquation avec nos convictions », glisse Jacques Laparra. « Outre les conditions de travail confortables qui leur sont offertes, nos collaborateurs sont à deux pas de l’autoroute A89 qui dessert Bordeaux, Limoges ou même Paris via l’A20. »

Scapa a conservé son agence bergeracoise. Pour la vitrine, mais aussi et surtout pour préserver le confort de ses salariés. « Les collaborateurs qui le souhaitent peuvent travailler la moitié du temps à Bergerac et l’autre moitié à Périgueux. Cela leur évite d’avoir à faire la route en voiture entre Bergerac et Périgueux tous les jours », poursuit l’architecte de 59 ans. Le cabinet a besoin de toutes les forces vives à l’heure où se présentent à elles de nombreux défis. Que ce soit l’arrivée de l’Intelligence artificielle (IA), dont Jacques Laparra et Thierry Cauty, veulent croire aux promesses d’efficacité ou la montée en puissance des projets de réhabilitation au détriment des projets de construction. « C’est le sens de l’histoire », pronostiquent les deux architectes. Le chantier du nouveau commissariat dans les anciens locaux du Grand Périgueux en montre déjà le chemin.

Scapa, moteur du mécénat en Dordogne

Membre du Cobaty Dordogne-Périgord qui rassemble des professionnels mus par la même volonté de bâtir au sens propre comme au sens figuré, le cabinet Scapa participe gratuitement à la construction d’un foyer pour les médecins internes du centre hospitalier de Périgueux. Le futur ensemble se composera d’une grande salle ouvrant sur une terrasse bordée d’un terrain de boules, d’une salle de sport, d’un salon et d’une bibliothèque. Il sera livré en avril. Coût de l’opération (avec achat du mobilier inclus) : 200 000 euros.