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[ Lot-et-Garonne ] Ardev : « Accélérateur de développement »

Basée à Boé en Lot-et-Garonne, l’Alliance Régionale pour le Développement (ARDEV), société d’investissement au positionnement original et aux champs d’intervention vastes, est aujourd’hui au capital de six sociétés en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Rencontre avec Alain Tingaud, président d’ARDEV.

DAME BERTRANDE PORTRAITS ALAIN ET SOPHIE TINGAUD

© D. R.

La Vie Economique : Est-il encore nécessaire de présenter Alain Tingaud, bâtisseur éclectique, booster d’adrénaline économique, hier, l’homme du SUA ?

Alain Tingaud : « C’est à vous d’en juger. Effectivement, si j’ai créé ma première société il y a trente ans, je n’ai pas arrêté depuis de m’impliquer dans tout ce qui bouge, pourrais-je dire, au niveau économique, et, toujours, avec enthousiasme et détermination ! »

La Vie Economique : Le fonds d’investissement agenais Armandie Développement que vous portiez depuis 2009 est devenu Alliance Régionale pour le developpement suite au retrait du capital d’ARDEV du SU Agen. Quel regard porte l’homme d’affaires et l’ancien président du SUA Rugby que vous fûtes, sur ce changement qui en a généré la transformation. Une bonne ou une mauvaise passe ?

Alain Tingaud : « Lorsque fut créé Armandie Développement alors que j’étais président du SUA, l’objectif était d’aider les entreprises qui gravitaient dans l’environnement du SUA. ARDEV a pu apporter une somme de 1 million d’euros au SU Agen depuis sa création en 2009. Lorsqu’il y a trois ans, le SUA a décidé d’organiser différemment la structure de gestion de ses partenaires, nous avons cédé l’actif Ressources Humaines.

L’idée a donc été de voler de nos propres ailes avec, dans le Comité de direction, les anciens hommes forts du SU Agen et piliers de l’économie lot-et-garonnaise : Dominique Cormier, Gilles Bertrandias, Jean-Alain Mariotti, Jean-André Begué, François Duval, André Samier, Éric Arnoux qui nous a rejoints et deux ou trois nouveaux membres à venir, la direction générale d’ARDEV étant assurée par Stéphane Rongière. Le fonds d’investissement se porte bien. Le 26 mars dernier, le Comité de Direction a clôturé la dernière augmentation de capital d’environ 250 000 euros. Les fonds recueillis ont permis de poursuivre le développement des sociétés que nous gérons et d’investir dans de nouvelles. Pour répondre plus précisément à votre question, je dirais que l’aventure se poursuit et s’amplifie… donc bonne passe ! Une nouvelle augmentation de capital significative est en préparation pour la fin de cette année. »

Le fonds d’investissementse porte bien. Le Comité de Direction a clôturé la dernière augmentation de capital d’environ 250 000 euros

La Vie Economique : Votre champ d’intervention est multiple : transformation agroalimentaire, éducation, formation, énergie, habitat, transport, bien-être, bien-vivre, sport, culture. Qu’apportez-vous aux porteurs de projet qui vous sollicitent ? À quelles ambitions répond plus particulièrement ARDEV ?

Alain Tingaud : « Concrètement nous apportons une aide financière puisque chacun peut trouver une aide de 50 000 à 300 000 euros pour démarrer son projet. Nous ne sommes pas pépinière mais accélérateur de développement. Nous fonctionnons comme un fond d’investissement minoritaire et nous nous revendiquons comme interventionnistes car nous ne restons pas passifs. Nous ne pilotons pas les projets mais apportons notre aide et notre expérience pour éviter de commettre certaines erreurs. Nous voulons investir principalement dans des entreprises de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie et, de fait, devenir un partenaire recherché pour les projets innovants. Notre notoriété, notre expertise, notre philosophie nous permettent, je crois, de prétendre à ces ambitions larges. »

Nous apportons une aide financière de 50 000 à 300 000 euros aux porteurs de projets

La Vie Economique : Pourriez-vous revenir sur cette phrase cruciale : « Nous ne pilotons pas les projets mais apportons notre aide et notre expérience pour éviter de commettre certaines erreurs ». Est-ce à dire que l’humain est au cœur de votre action et que le retour sur investissement n’en est pas la priorité ? Pourrions-nous penser qu’il y a une consonance « transmission » dans ce que l’on pourrait nommer « mission » ?

Alain Tingaud : « Nous conjuguons en effet bon sens, terroir, comportement responsable, RSE. Ma propre motivation est celle d’apporter mon expérience, notre expérience à tous, de travailler avec des gens que j’aime bien et qui partagent des valeurs : l’humain, l’éthique et l’amitié. Cette aventure humaine est surtout une façon de renvoyer aux autres ce que la vie nous a permis collectivement d’avoir et de construire. J ’ai créé beaucoup d’entreprise, j’en ai développé beaucoup et j’ai la conviction qu’il est important d’avoir alors un « tuteur ou un expert » pour éviter certaines bêtises et permettre ainsi de gagner du temps. Oui, il y a surement un sentiment presque paternaliste au sens saga familiale, de transmission comme dans ces entreprises centenaires où les générations se succèdent ! »

La Vie Economique : Vous ne partez pas d’une feuille blanche. D’ici 2025, ARDEV souhaite doubler son portefeuille mais pas n’importe comment. Quels sont vos engagements et projets ?

Alain Tingaud : « À l’image du numérique il y a vingt ans, nous entrons dans une nouvelle transformation de l’économique que nous pourrions appeler la « révolution positive ». Nous voulons accompagner des entreprises alignées avec ces nouveaux enjeux sociétaux et environnementaux. Conscients de ces défis, nous souhaitons favoriser les projets locaux, durables, éthiques tout en gardant le bon sens du terroir. Nous travaillons dans cet esprit sur beaucoup de beaux projets et trois nouveaux investissements pourraient être dévoilés à l’automne. »

Nous souhaitons favoriser les projets locaux, durables, éthiques tout en gardant le bon sens du terroir

La Vie Economique : En conclusion : le Covid, vous l’avouez, a pu changer votre façon d’appréhender le quotidien ce dont vous vous félicitez mais n’a entaché en rien votre enthousiasme et votre sérénité. Vous semblez comme émerveillé par « l’intelligence créatrice » des sociétés que vous accompagnez. Vous en affichez même une réelle fierté. Vous balayez via ARDEV tous les champs du possible. Comment le petit Alain est-il devenu le grand Tingaud ?

Alain Tingaud : « La Covid-19 nous oblige à relativiser, d’abord sur notre monde et son évolution, nos comportements individuels et collectifs, nos actions, notre communication, la transmission de notre héritage et de nos connaissances. Il faut combattre les pessimistes et tous ceux qui voient tout en noir. Nos terroirs sont formidables avec des entrepreneurs courageux trop souvent seuls. Notre action avec ARDEV et son réseau est de les aider, en les encadrant avec bienveillance mais sans complaisance pour leur permettre de grandir, d’être pour eux et avec eux cet accélérateur de création de valeurs au travers de leur projet. Je viens d’un milieu modeste où j’ai appris par la force du travail et de l’engagement que derrière une vision, des hommes, un projet… Tout est possible si l’on croit en ce que l’on fait et si l’on fait ce que l’on croit. Je ne suis ni petit Alain ni grand Tingaud mais avec 45 ans d’expérience, ma volonté est de transmettre à tous ceux qui le souhaitent, mes connaissances et un certain savoir-faire. Cet objectif avec ARDEV et mes amis remplit parfaitement ma vie aujourd’hui ! »

Il faut combattre les pessimistes qui voient tout en noir

ARDEV en bref :

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© Shutterstock

ARDEV est désormais au capital de 6 sociétés. Elle gère On Board » (Destination Formation), Les Inspirés (anciennement Armandie Traiteur) et Le Byresta (Restaurant événementiel). Elle est entrée au capital de We Go Greenr (plateforme de réservation dédiée au tourisme durable), de Dermoioniq (cosmétique médical) et d’ABC Résidences. Cette dernière propose aux aînés un lieu de vie confortable, « au cœur des territoires, avec un fort engagement responsable, basé sur des critères de développement durable et des loyers maîtrisés ». Le premier site ABC Résidences sera construit à Montignac-Lascaux dans

le Périgord.