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Arly : comprendre le Web3

Avocats, experts-comptables, entrepreneurs… Nombreux sont les professionnels à se heurter aux problématiques de la blockchain. Clémence Cremona a créé Arly qui propose des formations pour se faire la main sur ces concepts parfois un peu obtus.

Clémence CRÉMONA, fondatrice d’Arly © Lilian Cazabet - La Vie Economique

En écoutant Clémence Cremona, on a plissé les yeux à quelques reprises. Web3, blockchain, NFT, tokenisation… Tant de noms barbares aussi difficiles à retenir qu’à expliquer. Pourtant, la jeune femme de 27 ans, sortie d’un master droit des affaires et gestion des entreprises à Toulouse, cherche à démocratiser ces termes, notamment auprès des professionnels du droit. « Dernièrement, un expert-comptable toulousain m’a contactée car un de ses clients avait un projet de tokenisation et il voulait des renseignements pour mieux le conseiller. » Sa première formation porte justement sur la fiscalité et la comptabilité des actifs numériques. « On y explique chaque terme et surtout on regarde les cas d’usage très concrets », explique Clémence Cremona.

Veille juridique et podcast

Au départ, Arly se voulait simplement un site de veille juridique sur ces thématiques liées au web3. « C’est tout ce qui concerne la décentralisation des données. À l’origine, sur le web on ne peut que lire des articles, c’est le web1. Puis les réseaux sociaux ont créé les interactions, c’est le web2. Désormais, on peut conserver la propriété de données échangées sur un réseau décentralisé. C’est le web3 ! »

Des avocats spécialisés sont ensuite venus au micro de Clémence Cremona pour entrer dans les aspects techniques via un podcast en 9 épisodes. Le succès a poussé la jeune femme à quitter son poste à Airbus pour se consacrer à Arly. Dans les prochains mois, elle envisage de rajouter 3 nouvelles formations en ligne (initiation, RGPD, smart contracts). Elles prennent la forme de vidéos où notamment un fiscaliste toulousain du cabinet Halt Avocats intervient. La première formation coûte 500 euros et contient des vidéos, fascicules et QCM dans chaque module. « Nous ne sommes pas encore ouverts au CPF. Pour devenir organisme de formation, il faut une plateforme d’interaction pour poser des questions, échanger… C’est prévu dans les prochains mois », détaille la juriste.

Pas qu’un sujet parisien

Le marché est amené à se démocratiser dans les prochaines années. « La réglementation a beaucoup évolué l’an passé », note Clémence Cremona. « Les entreprises vont devoir se tenir informées. » Aujourd’hui, la majeure partie des connaisseurs du sujet se trouve à Paris. « C’est pourquoi j’aimerais qu’Arly touche des professionnels du droit et du chiffre d’Occitanie. » L’écosystème l’a d’ailleurs bien compris. Une commission Web3 Blockchain a récemment été créée à La Mêlée Numérique, qui regroupe plus de 500 adhérents sur toute la région.