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B2G : au chevet des réducteurs

Créée en 2020 et basée à Saint-Geniès, l’entreprise B2G s’est spécialisée dans la conception de réducteurs pour les opérations de rétrofit des véhicules, mais aussi la maintenance et l’entretien de ces pièces industrielles.

Julien Roulland et Sergio Da Silva © Loïc Mazalrey - La Vie Économique

Julien Roulland et Sergio Da Silva, ont lancé en 2020 leur entreprise B2G (Black and Green Gearboxes), spécialisée dans les réducteurs. Des pièces vouées à réduire la vitesse de rotation d’un moteur pour en augmenter la force. Avec ces engins, ils se sont placés sur un marché de niche, mais d’avenir : le rétrofit, soit la transformation de véhicules de thermiques à électriques. Avec leurs réducteurs, ils font partie de l’ensemble d’une chaîne et interviennent sur une partie précise des voitures : la boîte de vitesses. Dans une démarche écologique, le binôme a cherché, avec plus de 9 000 heures de R&D, à non pas remplacer ces boîtes, mais à les optimiser, réutiliser une partie de leurs pièces. « On vient s’adapter », relève Sergio Da Silva, davantage en charge de la partie technique dans le binôme.

18 prototypes

Depuis 2020, B2G a déjà créé plus de 18 prototypes, chacun correspondant à un type de véhicule. Ses réducteurs, l’entreprise les fournit à ses clients, majoritairement des start-ups, qui ensuite assemblent chaque pièce pour le rétrofit des voitures, utilitaires, poids lourds, bateaux… « Tout ce qui roule », résume Julien Roulland. Fermement engagés dans l’écologique, le circuit court et le réemploi, les deux associés se sont également lancés dans la réparation et l’entretien des réducteurs à vocation industrielle. « Il y en a dans toutes les chaînes de fabrication et beaucoup sont jetés plutôt que réparés, on est donc allés vers les entreprises pour leur proposer la réutilisation de leurs réducteurs », expose Julien Roulland. Ainsi, B2G travaille avec des entreprises périgourdines comme Ahlstrom Munksjö (à Lalinde) ou les papeteries de Condat, mais est également en partenariat avec Renault sur le rétrofit de robots. Sur cette activité de maintenance, en trois ans, B2G a ainsi évité que 5 tonnes de ferraille partent à la poubelle.

Une philosophie qui prend le contrepied de la précédente expérience du binôme. Julien Roulland et Sergio Da Silva se sont connus dans une entreprise de conception de réducteurs, le premier dans la partie commerciale, le second dans les ateliers. « On produisait de plus en plus, on exportait de plus en plus loin avec des pièces de moins en moins chères qui venaient de loin, les pièces avaient fait deux fois le tour du monde avant même d’entrer en service », déplore Julien Roulland.

B2G travaille avec Ahlstrom Munksjö (Lalinde), les papeteries de Condat, mais aussi avec Renault sur le rétrofit de robots

750 000 de CA en 2024

Face à cette perte de sens, les deux Périgourdins ont tenu à s’entourer de partenaires locaux, dans un périmètre de 500 km au maximum. Toute la partie usinage est donc réalisée par des sous-traitants, et dans ses locaux de Saint-Geniès, B2G réalise la R&D, l’assemblage, les réglages, les essais et les contrôles. « Sous-traiter nous a paru évident : pourquoi faire en interne ce que d’autres entreprises savent très bien faire, qui ont les machines pour et besoin de travail », résume Sergio Da Silva. En 2023, B2G a réalisé 170 réducteurs, pour un chiffre d’affaires de vente de 230 000 euros. Pour 2024, le carnet de commandes est complet « comptablement parlant » avec déjà 500 pièces de plus qu’en 2023 de commandées, « et on va prendre plus de commandes », ambitionne le binôme. Pour réaliser ce travail, Julien Roulland et Sergio Da Silva espèrent embaucher deux personnes en 2024, une personne à l’atelier et une autre plus polyvalente, et ainsi dépasser les 750 000 euros de chiffre d’affaires.

© Loïc Mazalrey - La Vie Économique

© Loïc Mazalrey – La Vie Économique

Incubés par Sarlatech en 2024

Pour l’année 2024, B2G fait partie des start-ups soutenues par la Sarlatech. L’objectif pour l’entreprise est de développer sa gamme de produits, sa communication, et de structurer l’entreprise au niveau RH. À terme, B2G espère créer une dizaine d’emplois sur le territoire, et produire plus de 6 000 réducteurs par an : « cela représenterait la transformation de 0,0015 % du parc français : le potentiel de croissance est énorme », note Julien Roulland.

Repérés et incubés par Renault

L’usine historique de Renault, à Flins, désormais appelé « Refactory », œuvre au développement de l’économie circulaire. Pendant un an, en 2023, B2G a été incubée par le site, et a bénéficié des bureaux, été en relation avec les responsables des business units, eu accès aux ateliers… Cette expérience leur a permis de travailler sur leur projet de rétrofit de robot pour Renault. Le duo a été repéré par Renault et travaille donc sur le rétrofit des machines installées sur les nouvelles lignes de fabrication.