Couverture du journal du 07/12/2022 Consulter le journal

Entretien avec Benoît Bobis, directeur du cabinet d’expertise-comptable Lempereur & Associés

Cabinet d’expertise-comptable emblématique de Dordogne, Lempereur & Associés connaît une forte croissance dans un contexte post-Covid difficile pour les entreprises notamment du tourisme. Son dirigeant, Benoît Bobis, évoque la conjoncture, les problèmes de recrutement, ses pistes de développement et son mode de management.

Benoît Bobis, directeur de Lempereur & Associés

Benoît Bobis, directeur de Lempereur & Associés © Loïc MAZALREY

La Vie Économique : S’il fallait définir votre métier aujourd’hui ?

Benoît Bobis : « Ce ne sont pas les chiffres, mais les entreprises et leurs dirigeant(e)s. Je fais peu de compta, je les aide surtout à être meilleurs, à ma juste place ; légitime, parce que nous sommes d’abord des dirigeants. Mon métier, c’est d’abord l’entreprise, ce qui nous rend crédibles pour parler d’égal à égal avec nos clients. La seule différence, c’est la langue utilisée : la comptabilité permet de mesurer la performance financière d’une entreprise et ce langage dit si l’entreprise est en bonne santé ou pas. Un expert-comptable est bilingue compta-français : je dois traduire les questions du chef d’entreprise pour les investisseurs, les banquiers, les impôts, l’Urssaf… et ça marche dans l’autre sens. Par la voie des chiffres, nous sommes au cœur de l’entreprise, dans l’intimité de son dirigeant et nous recevons les confidences, les demandes d’aide. Il faut aussi savoir doser cette part de psychologie. »

LVE : Quelle est votre vision du paysage économique local post-covid ?

B.B. : « Les entreprises n’ont pas abordé cette crise comme celle, financière, de 2008 : elles avaient un bilan plus musclé, de meilleurs bénéfices et fonds propres. Les aides mises en place ont vraiment permis de préserver les entreprises et les emplois : aucun dirigeant s’est enrichi, mais aucun n’a mis en place de licenciements à cause de la crise. Le niveau d’activité est revenu à celui d’il y a deux ans, voire au-delà.

Lempereur & Associés

Gérard Couderc, Cécile Bobis-Couderc, Audrey Bérite- Moscavit et Benoît Bobis © Loïc MAZALREY

LVE : Quels secteurs tirent selon vous leur épingle du jeu ?

B.B. : « Nous suivons ici 1 500 entreprises avec des secteurs qui reflètent bien l ’économie du département. En premier lieu le tourisme, qui inclut les sites comme les hébergements et la restauration. Puis le bâtiment, en croissance folle mais avec d’importants risques de pénurie de main-d’œuvre et de matériaux. Viennent les transports, les services (aux entreprises, aux particuliers et le médical), et enfin l’agriculture, secteur intéressant pour l’évolution des mentalités qu’on y observe. De nouveaux venus ou nouvelles générations portent des activités qui ont du sens, pour eux comme pour le département. Nous sommes plus particulièrement présents en Périgord vert, j’y observe des mutations, des projets concrétisés lors de la crise. Un client artisan électricien a transmis son entreprise à son fils, qui l’a fait évoluer vers le photovoltaïque. Je crois énormément à ces arrivants pleins d’idées pour dynamiser nos territoires, à la coexistence avec des populations plus traditionnelles. Côté production, l’alimentaire bénéficie de l’image Périgord et la filière bois connaît une forte activité. Mais le commerce non-alimentaire de centre-ville est clairement en train de s’étioler : on essaie d’accompagner au mieux des reconversions ou arrêts d’activité. On n’est jamais insensibles à la situation de gens qui ne se paient plus et perdent de l’argent avec leur activité, la dimension humaine est essentielle. »

Le niveau d’activité est revenu à celui d’il y a 2 ans, voire au-delà

LEMPEREUR & ASSOCIÉS : CABINET D’ESSENCE FAMILIALE

Chez Lempereur (du nom du créateur) et associés, cabinet d’essence familiale, on croise toutes les générations. Gérard Couderc et sa fille Cécile, épouse de Benoît Bobis, ont depuis un an pour 4e associée Audrey Bérite-Moscavit, entrée dans l’entreprise en 2011, à 21 ans. La salariée avec 30 ans de présence côtoie le jeune alternant de 21 ans. Chaque secteur d’activité a son espace, à la fois cloisonné et ouvert aux autres grâce aux bureaux tout en transparence. L’équipe de 50 collaborateurs est répartie entre le siège social de Périgueux et les cinq sites d’Excideuil, Ribérac, Thiviers, Montignac et Brive. Originaire du Périgord vert, Benoît Bobis a traversé la France pour ses études à Lille avant de revenir s’installer, avec son épouse. Le management convivial du directeur général n’exclut pas un haut niveau d’exigence. Au fil d’un long couloir ouvrant une terrasse panoramique sur l’Isle, une galerie d’exposition doit bientôt reprendre des couleurs artistiques post-Covid. Plus loin, après les salles de réunion, les espace de bureaux à la demande d’un discret centre d’affaires affichent complet : le partage occasionnel de locaux s’est déjà transformé, en un an, en location permanente.

LVE : Comment va évoluer votre entreprise ?

B. B. : « Notre chiffre d’affaires, de 3,4 millions d’euros, est en progression de 8 % mais nous n’avons pas les moyens humains d’aller chez nos clients pour développer le digital. Si la comptabilité est une langue, la façon de la parler a changé et passe par le digital, chez nous comme chez nos clients. Cela va nous permettre de collecter et restituer les flux de façon intelligible pour aider le dirigeant à prendre une décision. Ce ne sera pas à 100 % sur des territoires comme le nôtre, mais on accompagnera au mieux. Des entreprises ultra-traditionnelles sont déjà bien avancées. Pour le social, qui représente 20 % du chiffre du cabinet, notre portail numérique de services mériterait un poste à temps plein pour se déployer. On souhaiterait aussi proposer une aide à la prise de décision, un suivi plus précis, relancer le poste clients, les diagnostics retraite, les rachats d’entreprises et les études de marché… Autant de pistes à professionnaliser. L’attente est réelle. Aujourd’hui, il nous manque au minimum un comptable à Brive, deux personnes en social et une personne en gestion interne. Nous sommes freinés dans notre développement, c’est frustrant. Par ailleurs nous allons renforcer notre présence en Dordogne et en Corrèze, bien mailler nos positions au plus près de nos clients. La présence sur les réseaux est aussi de nature à renforcer la confiance qui nous lie. »

De nouveaux venus ou nouvelles générations portent des activités qui ont du sens, pour eux comme pour le département

« KIFFE TON CAB » EN OR !

Le cabinet a participé pour la première fois au concours « Kiffe ton cab » organisé par l’Ordre au niveau régional : il vient d’apprendre qu’il a reçu le Kiffe d’or pour sa vidéo humoristique projetant le cabinet dans quelques années.

 

LVE : En montrant des contours plus attractifs de ce métier, pensez-vous favoriser des recrutements ?

B.B. : « Nous n’expliquons pas assez ce que nous sommes : ni un cabinet poussiéreux, ni une start-up, nous vivons la même réalité que nos clients, fréquentons les mêmes magasins, leurs difficultés et leurs succès sont les nôtres. On n’est jamais insensibles. Nous avons d’ailleurs recruté une commerçante de Thiviers que nous avions accompagnée jusqu’à la fermeture : sa personnalité, son talent m’ont convaincu, on l’a formée et elle travaille à notre bureau de Thiviers. Autre trajectoire au sein de nos équipes : Samantha, chargée d’un portefeuille à Montignac, s’est engagée dans notre groupe de travail qualité, elle est devenue responsable qualité du cabinet et connaît parfaitement sa stratégie. C’est un exemple parfait d’évolution, elle symbolise la synthèse d’une équipe historique grâce à laquelle on est là et des jeunes arrivés, en attente d’outils digitaux, d’équilibre vies pro et perso, et de reconnaissance. Le métier a beaucoup évolué et les mentalités aussi au sein des cabinets, il y a trois ans j’étais encore en costume-cravate… Les a priori sont tenaces, d’où l’importance d’ouvrir les portes et d’assurer des formations en alternance, un accompagnement de reconversions. Au titre de l’Ordre, Cécile va au contact des scolaires et des jeunes. L’un de nos objectifs est de créer un poste de tutrice, un consultant RH a confirmé l’appétence d’une de nos salariés pour cela. »

Nous allons renforcer notre présence en Dordogne et en Corrèze

CERTIFICATION QUALIOPI

Certifié Qualiopi depuis ce mois de janvier, le cabinet organise des formations auprès de ses clients et au-delà à la Process com, seul en Dordogne à proposer cette technique pour apprendre à mieux échanger avec son entourage.

Des ateliers techniques s’adressent aussi aux clients, par exemple sur la rédaction d’un contrat de travail. « Nous sommes engagés dans une démarche professionnelle,

c’est une branche de l’entreprise en développement, comme le digital, destinée à anticiper les attentes des dirigeants en répondant à celles du moment. » Lempereur est déjà certifié Iso 9 001 depuis 2017, la seule entreprise de Dordogne.

 

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