Couverture du journal du 06/04/2024 Le nouveau magazine

Boulangerie Ange : les frères challengers

L’un était banquier, l’autre ingénieur informatique : les frères Gueye ont tout quitté pour s’associer et ouvrir leur boulangerie dans l’agglomération de Tarbes. Pari réussi : ils emploient désormais 15 salariés et accueillent 500 clients tous les jours.

dy et Siné Gueye à la tête de la première Boulangerie Ange du département.

Idy et Siné Gueye à la tête de la première Boulangerie Ange du département. ©LilianCazabet

Ils ne sont pas jumeaux mais cet anniversaire, c’est le leur, celui de leur renaissance professionnelle alors Idy et Séni Gueye l’ont fêté ensemble, évidemment. S’ils affichent respectivement 34 et 32 ans, c’est pourtant un 1 qui faisait office de bougie. Un 1 comme un premier pallier qui permet, non pas de se reposer, mais de savourer, le gâteau d’abord… Et question gâteau, les deux frères ont eu l’embarras du choix, leur rayon pâtisserie ressemble à un petit paradis pour les gourmands. Cette aventure-là au sein de la Boulangerie Ange aurait pourtant pu devenir infernale. Quitter des places confortables de banquier et d’ingénieur informatique pour se lancer dans un secteur inconnu, partir de zéro avec pour seules armes une envie d’évoluer, un besoin de challenge et 900 000 € de prêt, vu de l’extérieur c’était tous les ingrédients du chaos : « Beaucoup de nos proches nous ont pris pour des fous » s’amuse d’ailleurs Idy. Un an après l’ouverture, tout dit le contraire et l’entreprise a atteint tous les objectifs de ce premier exercice.

Boulangerie Ange : une franchise où le pain est fabriqué sur place

Installée près de la zone commerciale d’Ibos, où trônent le Méridien Leclerc et les grandes enseignes, la Boulangerie Ange a profité du développement du quartier du Pouey pour y apporter son impulsion. Franchise où le pain est fabriqué sur place, le réseau compte aujourd’hui plus de 200 points de vente en France (voir encadré) et se démarque avec une offre de restauration rapide qui complète les viennoiseries et la pâtisserie. Une formule qui a fait ses preuves dans l’Hexagone.

Deux chemins trop bien tracés

Les frères Gueye sont deux sont nés à Tarbes mais dès 18 ans, ils ont pris des routes qui les ont amenés à quitter le département. Idy a d’abord choisi de suivre sa compagne, Alexia Kusion, joueuse de basket transférée du club TGB à celui de Charleville-Mézières : « J’ai travaillé pour le groupe d’assurance Axa où j’étais conseiller puis nous sommes partis à La Rochelle et j’ai changé de boîte ». En intégrant le Crédit Agricole, Idy devient à la fois conseiller en assurance et conseiller bancaire, poste qu’il exercera pendant dix ans : « Je n’arrivais plus à me projeter dans cet environnement, je savais exactement ce que je ferai dans 10 ou 15 ans, ça me faisait peur. J’ai finalement eu plus peur de rester à la même place que de me lancer et d’entreprendre ». Une croisée des chemins que son jeune frère Séni, ingénieur, a atteint au même moment. Devenu chef de projets, il poursuivait pourtant une brillante carrière dans l’informatique après avoir fait ses premières gammes en tant que développeur chez Sopra Steria : « En termes de métier, j’avais l’impression d’avoir fait le tour. J’avais envie d’autre chose, d’évoluer et de relever un vrai challenge personnel,…»

Une furieuse envie d’entreprendre

« Un couple d’amis de la famille fait partie des premiers franchisés du réseau Ange. On les a vu évoluer et se développer dans tout le bassin Bordelais. En les côtoyant, on connaissait les valeurs et le concept de la franchise. On n’aurait pas forcément choisi le domaine de la boulangerie mais ce qu’on en savait nous parlait », explique Séni Gueye. Idy va plus loin et parle même « d’une évidence ». Aucun des deux n’avait songé revenir dans les Hautes-Pyrénées mais le destin, facétieux, en a décidé autrement.

Un retour aux sources et des projets

En rencontrant les franchiseurs, Idy et Séni Gueye avancent le désir de s’établir, si possible, dans le grand Sud-Ouest : « Il y avait plein de villes susceptibles d’accueillir une nouvelle enseigne, des endroits qu’on ne connaissait pas… et Tarbes ». Après un investissement financier conséquent, dont 450 000 euros de travaux, des heures et des heures d’élaboration, la boulangerie a ouvert en février 2021. Elle emploie aujourd’hui 15 salariés et a vite séduit la clientèle, plus de 5 00 personnes viennent chaque jour acheter leurs petits-déjeuners, prendre le repas de midi ou simplement acheter du pain. Le chiffre d’affaires de 1,11 million d’euros s’inscrit dans les prévisions, malgré des marges revues à la baisse avec l’inflation. Les deux frères s’épanouissent en mettant la main à la pâte, parlent de leurs produits et des farines du Gers avec passion. Les deux franchisés pensent même à ouvrir un deuxième point de vente : « Bien sûr on va sécuriser le premier mais c’est voué à grandir », concluent Idy et Siné avec un large sourire.

Ange multiplie les points

Implantés dans des emplacements stratégiques en périphérie, les franchises Boulangerie Ange forment un réseau de 230 points de vente et affichent un CA de 242,4 M€ en 2021. Avec l’essentiel des produits fait sur place, elle revendique l’appellation de boulangerie artisanale et son offre diversifiée laisse la belle part au snacking à la française. Lancée en 2008 par François Bultel, Patricia Gaffet et Patrice Guillois, elle se développe désormais au Canada et compte deux écoles de formation, une à Lille et l’autre à Aix-en-Provence. Deux sont encore en projet à Paris et Bordeaux, un développement qui s’étoffe puisqu’elle a choisi de s’investir dans l’implantation en France de la chaîne québécoise de brasserie sportive La Cage, dont la première ouverture se fera en juin à Bègles.