Couverture du journal du 28/02/2024 Le magazine de la semaine

Chagar Productions, créateurs d’émotions

L’agence de marketing audiovisuel parisienne s’est installée à Tarbes d’où ses fondateurs sont natifs. Entre cinéma et communication locale, ils projettent la création d’un centre de formation aux métiers de l’image.

Marlène Chavant et Stéphane Garnier, fondateurs de Chagar Productions.

Marlène Chavant et Stéphane Garnier, fondateurs de Chagar Productions © Lilian Cazabet-Vie Economique

En 2010, la rue Brauhauban s’était transformée en une scène ouverte où un cortège assez fou avait suivi les premiers pas du groupe Boulevard des Airs. Au milieu des danseurs et des musiciens, Marlène Chavant et Stéphane Garnier étaient presque passés inaperçus et pourtant… C’étaient déjà eux les grands instigateurs de ce moment hors du temps. Concentrés, la caméra rivée sur chaque visage, ils en avaient immortalisé les plus lumineux sourires. Six millions de vues plus tard, le clip reste une ode à la ville dont tous les Tarbais connaissent le moindre plan. Si le duo de faiseurs d’images s’était envolé à Paris dès le tournage terminé, c’est désormais dans les Hautes-Pyrénées qu’ils ont choisi de s’installer et avec eux, Chagar Productions, une agence créative de vidéos et de marketing audiovisuel qui drape de 7e art la communication du département. 

On a un certain réseau à Paris avec lequel on travaille beaucoup dans le making-of et on s’est rendu compte qu’on n’avait pas besoin d’y habiter pour continuer ce qu’on faisait 

Retour aux sources et au calme

Le mois dernier, le siège de l’entreprise a été transféré à Tarbes d’où ses fondateurs sont natifs. Jusqu’ici, la ville n’était que la filiale de la société parisienne créée en 2017 et ce retour aux sources est celui d’une envie de vie plus calme : « On a un certain réseau à Paris avec lequel on travaille beaucoup dans le making-of et on s’est rendu compte qu’on n’avait pas besoin d’y habiter pour continuer ce qu’on faisait » explique Stéphane Garnier. Loin des contraintes de la vie parisienne mais toujours dans l’action, Marion Chavant gère ses activités de production tandis que lui s’occupe de la post-prod. Les deux réalisateurs mènent de front les contrats nationaux et locaux, un cocktail savoureux qui les fait passer d’un univers à l’autre avec un fil rouge : créer de l’émotion et raconter une histoire. 

De Valérian à Saint Laurent 

Une approche qui touche au cœur, un goût pour l’image qui bouleverse, un style moderne où l’humour s’invite, aucune palette ne les effraie : « Ce qu’on aime, c’est le récit, partager du dialogue, une histoire avant de parler esthétisme pur » confie Marlène Chavant. Une signature qui s’est affinée pour se démarquer au fil du temps car si la société est jeune, ses fondateurs affichent eux une solide expérience de free-lance de presque 20 ans.  

Ils ont travaillé plus de 10 ans avec Europacorp, la société de production de Luc Besson 

Une carrière incroyable qui les a amenés à collaborer avec des poids lourds de l’industrie du cinéma, notamment Europacorp, la société de production de Luc Besson, avec laquelle ils ont travaillé plus de dix ans et sur des films comme Valérian ou Taken 3. Remi sans famille, la Belle époque, Saint Laurent ou plus récemment Tempête, entre œuvres intimistes ou à gros budget, leur regard s’est posé partout : « On a toujours été passionnés par le cinéma, c’est la source de notre inspiration ».  

La com’ par l’image 

De la prochaine grosse production de Pathé pour laquelle Marlène va s’envoler aux aventures de Shoupi, la mascotte de Tellement Tarbes, l’Office de commerce et de l’artisanat qui cartonne sur les réseaux, la patte Chagar est la même et la passion aussi : « Ici, on savait que professionnellement, il y avait quelque chose à créer. C’était un défi et ce n’était pas gagné. Pour certains il a fallu démontrer que communiquer par l’image apportait une vraie valeur ajoutée » confie la réalisatrice. La liste des clients qui ont choisi l’agence signe autant de vidéos qui bouleversent la com’ locale : clips pour les Chanteurs Pyrénéens, spots touristiques pour HPTE, pub pour les Comptoirs de la bio ou Jules & John, industrie avec Daher… Des institutions aux sublimes évènementiels comme les Nuit Impériales du château Montus, le duo plonge d’un univers à l’autre. 

Chagar Productions

En 2010, sur le tournage du clip de Boulevard des Airs à Tarbes © D. R.

Un centre de formation

Le revers, si revers il y a, réside dans les budgets qui ne sont évidemment pas les mêmes qu’à Paris. Avec un chiffre d’affaires de 150 000 euros, Chagar Productions a pourtant trouvé son rythme : « On est une petite structure familiale et ça nous va bien », s’amuse Stéphane Garnier. Les projets de développement sont pourtant bien là et s’ils ne concernent pas la société en elle-même, c’est son esprit qui les porte : « Depuis trois ans, on travaille sur la création d’un centre de formation dédié aux métiers et techniques de l’image, de la vidéo à la photo ». Une structure de 1200 m2 avec studio de tournage, une formation pour les jeunes de 2 à 3 ans, des cessions spécifiques, plus courtes, pour les professionnels, une branche pour les comédiens et même un espace partagé avec l’école Anatem, spécialisée dans la 3D… Le dossier va être examiné ce mois-ci en commission : « On saura s’il est validé entièrement ou s’il nécessite des modifications. On a pensé l’école comme celle où on aurait aimé aller et on espère l’ouvrir en 2025 », confie Stéphane Garnier grâce à qui la ville du cheval pourrait bien devenir celle du cinéma.