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[ Dordogne ] Dermoioniq, une course contre le temps

Créée en 2018 au sein de l’incubateur H24, à Périgueux, Dermoioniq investit le champ de la cosmétique médicale avec le dépôt de trois brevets bénéficiant à quatre lignes de soins.

emanuele monderna Dermoioniq

Emanuele Monderna, Dermoioniq © D. R.

La crise sanitaire a éclaté alors que la société Dermoioniq fondée par Emanuele Monderna prenait son élan avec une innovation. Le professionnel de santé, qui a investi huit années de recherche et développement pour mettre au point une technologie d’extraction du Collagène d’Eau Douce®, a su s’adapter avec agilité. Masseur-kinésithérapeute et physiothérapeute de formation, il s’est intéressé aux tissus corporels et à leur régénération durant 15 ans dans le monde des technologies bio-médicales. En quête d’une formule efficace pour cicatriser et soigner la peau, il a ajouté une spécialité à son cursus avec un DU d’aromathérapie à la faculté de pharmacie de Strasbourg, dans l’objectif de créer sa propre marque de cosmétologie médicale et de développer des soins. Ainsi est né Dermoioniq. La société mère MHW (Monderna Health & Wellness) Care (SAS qui a récemment augmenté son capital) s’illustre déjà dans les sphères médicale et vétérinaire avec un savoir-faire laser. Emanuele Monderna a souhaité agir en complément des technologies médicales pour activer le processus de reconstruction de la peau. Initialement destinés aux professionnels de santé, en plus de radiofréquence, lasers ou ultrasons pour accélérer la cicatrisation et lutter contre les problèmes dermatologiques, ces dispositifs médicaux (classe 1) sont désormais déclinés en lignes de soins pour le grand public.

La crise de la vache folle ayant balayé les prélèvements de cette protéine sur les bovins, c’est sur les poissons qu’est prélevé cet actif que Dermoioniq annonce pur et traçable dans ses éprouvettes. Il est élaboré à partir d’esturgeons élevés en Nouvelle-Aquitaine, région qui s’est imposée dans la production de caviar, parmi lesquels celui de Neuvic, dans la vallée de l’Isle.

100 % Made In France et à 99 % d’origine naturelle

En revalorisant des peaux, carcasses et têtes d’esturgeons selon un processus d’extraction mis en œuvre avec les producteurs locaux et régionaux, le laboratoire dit posséder une molécule unique sur le marché. Avec le Collagène d’Eau Douce®, il assure une traçabilité du processus de fabrication, de l’élaboration de la matière première à la supply chain en passant par l’extraction et la transformation. En garantissant 0 mercure, 0 métaux lourds, 0 pesticide, 0 antibiotique, la marque 100 % made in France assure que 99 % des ingrédients proviennent d’actifs naturels : une sélection qui privilégie les huiles et extraits végétaux testés aux vertus hydratantes et raffermissantes. La marque a conçu des soins adaptés à toutes les typologies de peau, y compris à problèmes (acné, taches brunes, rougeurs, etc.). Grâce à la concentration en acides aminés, une application quotidienne suffit.

Dermoioniq poursuit son développement et a anticipé l’approche grand public quand les professionnels de santé ont affronté le contexte Covid. La boutique numérique, prévue en 2022, fonctionne déjà et la marque consolide l’approche B2B tout en intensifiant l’activité B2C. La commercialisation investit d’autres canaux de distribution, vente en pharmacies et cliniques de médecine esthétique pour les dispositifs médicaux ; concept-store haut-de-gamme (celui de Chamberlan à Paris avec des marques françaises engagées dans le slow-fashion), centres esthétiques, spas, hôtels et palaces pour les lignes cosmétiques, toutes perspectives attendues avec l’arrivée de nouveaux investisseurs d’ici la fin de l’année.

L’excellence française, et du Périgord en particulier, dans le secteur du luxe ajoute à la qualité du projet qui prime pour les levées de fonds. Le vice-président de la French Tech Périgord Valley bénéficie aussi d’un repérage dès 2019 avec le premier prix de La Start Up est dans le pré. L’ensemble place cette marque d’engagements à un pivot stratégique. Est-ce le pari quasi-faustien de faire mentir la réalité qui veut que dès ses 25 ans la peau humaine perd 1 % de son volume total de collagène… en particulier les femmes, avec – 30 % de ce précieux élément d’élasticité et de régénération du derme dans les cinq ans qui suivent la ménopause ? Le fait est que le combat engagé présage une importante mobilisation : 1,2 million d’euros annoncé autour de la marque cette année.

Trois brevets déposés

Le premier concerne le procédé d’extraction du Collagène d’Eau Douce® et son protocole strict permettant d’obtenir des compositions comprenant jusqu’à 30 % solution en actifs de collagène, « un taux unique au monde ». La double utilisation des produits Dermoioniq (complément des technologies médicales pour les professionnels, rituel de soin quotidien pour les particuliers) a fait l’objet d’un deuxième brevet. Enfin, ses sept points moléculaires (contre trois pour le collagène classique) permettent de « protéger la surface de l’épiderme et de régénérer la peau en profondeur, en stimulant la cohésion des tissus cicatriciels ».