Couverture du journal du 13/10/2021 Consulter le journal

[ Dordogne ] KSB à la relance

KSB, qui conçoit et produit des pompes et robinets industriels, à La Roche-Chalais, bénéficie de France Relance pour maintenir son équipement industriel au meilleur niveau.

KSB

© D. R

L’entreprise allemande, présente en France depuis 1951, est implantée à La Roche-Chalais depuis l’acquisition de la société AMRI, en 1989 : le groupe est alors devenu leader mondial de la robinetterie pour le marché de la cryogénie et leader français de la robinetterie à papillon. La dernière phase de développement du site date de mai 2017 avec l’inauguration d’une unité de production de robinets haute performance à triple excentration pour les marchés mondiaux du gaz, du pétrole, de l’énergie et de la chimie. Le plan France Relance vient donner un nouvel élan à l’unité périgourdine qui emploie 450 salariés sur les 1 500 en France, parmi les 15 500 qui travaillent pour le groupe dans le monde. L’entreprise produit de la robinetterie industrielle, pompes et vannes destinés à une grande diversité de clients : habitation individuelle ou collective, réseau d’eau urbain, monuments historiques, espaces sportifs et de loisirs, applications industrielles, moyens de transport, etc. Situé en Périgord ouest, le site est proche du centre de recherche et développement, implanté à Gradignan, et d’une agence basée à Cenon. La filiale française de KSB, la première du groupe, exporte 80 % de sa production.

Conforter l’ancrage sur le territoire

Invité à la préfecture de Dordogne, Pascal Vinzio, vice-président, a expliqué le contexte dans lequel le projet déposé dans le cadre de France Relance vient orienter la stratégie de KSB en faveur du site périgourdin, en forte concurrence interne. Il précise que l’avantage pour un grand groupe de disposer de sites partout dans le monde se double de l’inconvénient de les voir entrer en compétition entre eux. « L’objectif du projet que nous avons soumis consiste à maintenir l’activité alors même que le niveau de fabrication, vieillissant, nous place régulièrement en compétition avec d’autres acteurs du groupe, notamment en Chine. » Après un temps suspendu quant à la recevabilité du dossier, entre son dépôt en novembre et la réponse favorable, début avril, le dirigeant se réjouit du maintien de la présence de KSB en France, et en Dordogne en particulier, grâce aux investissements rendus possibles. « L’obtention de cette aide a permis d’entrer dans le choix définitif pour faire monter l’usine périgourdine en puissance. »

La relocalisation industrielle voulue par le gouvernement peut se lire également ainsi : l’opération ne se traduit pas forcément en nombre d’emplois créés grâce à ce projet, mais à la dizaine d’emplois pérennisés, qui auraient pu disparaître si l’activité s’était déplacée et qui sont finalement maintenus. Trois à quatre personnes pourraient même être recrutées sur cet îlot d’ici trois ans. L’activité commerciale va aussi bénéficier de cette fabrication directe, ce qui devrait aussi alimenter le travail de partenaires locaux de l’entreprise. France Relance révèle donc un vrai potentiel et bouscule les craintes qui pouvaient peser du fait d’une situation
concurrentielle au sein du groupe.

Le site de Dordogne réalise des pièces maîtresses pour la composition du robinet papillon

pascal vinzio vice-président de KSB

Pascal Vinzio vice-président de KSB © SBT

Au-delà de KSB, Pascal Vinzio s’est mobilisé avec la fédération de fabricants Profluid, qu’il préside (désormais fusionné avec Cisma dans Evolis), pour que ce plan bénéficie à un secteur industriel dont la crise sanitaire a souligné toute l’importance, le désengagement progressif du territoire national pouvant faire craindre des fragilités, par manque d’autonomie.

Baisse de la consommation énergétique

Le site de Dordogne réalise des pièces maîtresses pour la composition du robinet papillon : la gamme se décline de 20 mm de diamètre jusqu’à plus de 4 mètres, les plus gros calibres étant réalisés en Espagne. C’est sur le format de robinets de 300 à 600 mm de diamètre que KSB a fait porter son projet dans le cadre de France Relance, pour retrouver une compétitivité, réduire les délais de fabrication et de livraison. La nouvelle machine commandée pour cette fabrication, associée à une autre déjà implantée, va contribuer à réorganiser la production, pour une gestion d’ensemble plus performante, avec tout un réseau interconnecté. Autant de solutions pour améliorer l’efficacité du suivi et la qualité. En plus d’accroître la flexibilité et la réactivité du site périgourdin face à la concurrence internationale, le nouvel équipement permettra de diminuer fortement la consommation électrique de l’îlot. Tous éléments qui justifient aussi l’entrée dans le dispositif régional « Usine du futur ».

Pour ce projet d’investissement de 1,5 million d’euros, KSB reçoit 450 000 euros de France Relance. La modernisation des équipements de son outil industriel, en particulier dans le domaine de l’usinage, va permettre de conforter sa position sur d’importants marchés internationaux : gaz liquide, eau potable, nucléaire… toute une diversité d’usages, qui implique une déclinaison de produits adaptés.