Cigarettes, contrefaçons de marques de luxe… Ce sont les clichés que l’on a tous autour des douanes et de leurs saisies. Et pourtant, les douanes ont en quelque sorte une « exception » dans leurs prérogatives : la viticulture. La Dordogne figure parmi les départements qui bénéficient de ce service. En effet, si 28 douaniers font partie de la douane volante, en uniforme, sur les routes, 8 autres sont spécialisés dans la vérification de la traçabilité, de l’origine, du terroir et la lutte contre les tromperies au consommateur : appellation, bio… Tout est contrôlé.
Vérifier les appellations
Un vin bio l’est-il vraiment ? Ce vin étiqueté Monbazillac est-il bien fait sur le territoire du même nom ? Les vins peuvent partir à Bordeaux, pour être analysés. Pour les appellations, outre un terroir, un rendement est imposé (30 hl/ha), et ne doit pas être dépassé. Via leur présence sur le territoire, et celles de leurs collègues, les douaniers peuvent détecter ce type d’anomalies.
« Avec la crise du vin que connaissent les viticulteurs, certaines appellations sortent du lot. Avec un rapport d’un quart certains peuvent avoir envie de faire passer du côte de bergerac moelleux en monbazillac, ou encore du bergerac en pécharmant avec un prix deux fois plus élevé pour le second », détaille François Biaussat, chef de service. La proximité avec la Gironde tente certains également de transformer du montravel en saint-émilion.
30 contrôles par an
Les douaniers effectuent en moyenne une trentaine de contrôles par an, pour deux à trois infractions relevées. Ces dernières peuvent être transactionnelles, comme une comptabilité mal tracée ou un excédent de vin non déclaré par exemple, ou une tromperie au consommateur, qui sera alors directement transférée au parquet. « Avec les difficultés de la profession, l’exercice est plus pesant, nous pouvons avoir quelques pressions lors des contrôles, mais heureusement, la majorité se passent bien. »
Outre ce rôle de contrôle, voire de répression, les douanes ont également une fonction de conseil auprès des viticulteurs. « Les contrôles peuvent avoir une vertu pédagogique, et nous sommes présents pour répondre aux questions des domaines. » Chaque pays ayant sa propre législation, les questions peuvent en effet être fréquentes pour l’exportation, mais pas seulement.